lundi, 22 août 2016 02:30

Risques et conséquences du ralliement du MNSD au pouvoir

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Moussa Abdoulkarim 1La marche politique du Niger est sans aucun doute entrée dans un nouveau tournant de son histoire et le paysage politique est aujourd'hui dans une phase de mutation profonde qui présage dans les jours, mois et années à venir des bouleversements dont les conséquences seront soit un bond démocratique en avant ou soit un recul synonyme d'une autre occasion ratée.

Le MNSD Nassara parti historique du Niger et dont le président Seyni Oumarou était le chef de file de l'opposition au premier mandat de la renaissance et deuxième force de l'opposition politique regroupée sous le pseudonyme de la COPA 2016, a décidé souverainement de rejoindre aujourd'hui le camp de majorité présidentielle dirigée par le PNDS Tarayya. Un coup dure pour l'opposition politique mais aussi certainement aux conséquences sur la vie politique de la Nation.

Aujourd'hui des grandes manœuvres politiques sont en cours dans notre pays conséquemment à cette nouvelle donne et qui annonceront des grands changements du côté du pouvoir tout comme de l'opposition.

Ce ralliement du MNSD qui parait un véritable coup de maître du président Issoufou, peut pourtant se transformer en un réel risque aux conséquences imprévisibles pour sa majorité.
Ce qui est aujourd'hui certain, ce ralliement traduit des tristes réalités pour le pouvoir, l'opposition et la démocratie nigérienne.

Pour le pouvoir, l'acte 2 de la renaissance jouit d'une alliance politique ayant une majorité confortable et manifestement dévouée au régime. La première question qui agite notre conscience est de savoir l'intérêt réel pour lequel il faut payer cher pour faire rallier une autre formation politique de plus qui vient gonfler le rang des nominations et promotions à satisfaire.
Est ce que c'est pour réduire au maximum la capacité de nuisance de l'opposition et garantir une très bonne stabilité politique pour le régime? Est ce que c'est pour mettre au profit les compétences des cadres de cette formation politique dans la gestion de l'État? Est ce que c'est pour disposer d'une grande majorité capable d'adopter des grandes réformes? Beaucoup d'autres questionnements peuvent être posés mais si ces trois questions citées qui retiennent l'attention de beaucoup de nigériens sont fondées, il faut souligner qu'elles cachent pourtant des tristes réalités et risques politiques. La principale réalité pour le régime est qu'elle traduit d'une certaine manière un échec patent et une incapacité réelle de gestion du pouvoir par la majorité telle que configurée au paravent et dont l'avait toujours accusé l'opposition. Car le MNSD est présenté le plus souvent comme ayant une certaine expérience de gestion du pouvoir et donc le régime fait appel au secours des nouvelles compétences.
Mais l'arrivée du MNSD rend la majorité présidentielle beaucoup plus hétéroclite, mélange de bric et de broc, des forces répulsives qui peuvent se constituer en une véritable menace pour sa cohésion et sa pérennité. Donc le président doit faire preuve désormais de beaucoup plus de subtilités pour maintenir sa majorité. Ce qui n'est pas chose facile car quoi qu'il en soit, il y aura certainement des mécontentements internes et des frustrations dans les rangs du PNDS et de ses alliés qui se traduiront par des remous qui à la longue peuvent profiter à l'opposition. La première épreuve pour cette nouvelle majorité présidentielle sera les prochaines répartitions des postes au gouvernement et aux différentes autres responsabilités publiques.

Pour l'opposition, le départ du MNSD traduit la simple réalité que cette opposition n'avait jamais dès au début était fondée sur une base de cheminement commun réel.

Pour la démocratie nigérienne, ce départ du MNSD de l'opposition traduit simplement la triste réalité que pour les acteurs politiques nigériens s'il faut revenir et maintenir un climat politique détendu dans le pays, il faut que tout le monde mange. Mais revenir bonnement et sans contrepartie à un climat politique apaisé avec une majorité responsable qui gouverne et une opposition constructive qui observe, ça ils sont incapables.

Une des conséquences majeures du départ du MNSD de l'opposition est la rupture totale entre l'opposition et le pouvoir. Car il n'est un secret pour personne que tarayya qui dirige le pouvoir et loumana qui dirige l'opposition sont aujourd'hui deux formations politiques antipathiques que tout oppose. Je suis certain qu'aucun nigérien ne pariera sur une possible dialogue politique directe entre tarayya et loumana. Le MNSD était le seul canal de dialogue possible qui hélas est parti. A supposer que les formations politiques de Mahamane Ousmane et de Cissé resteront à l'opposition, ces deux personnalités ne peuvent aucunement pas servir de canaux de dialogue puisqu'il existe aussi une antipathie réelle entre elles et les ténors du régime.

Dans tous les cas et de toute façon, le président de la république qui symbolise le père de la Nation et qui détient la responsabilité suprême de l'État, est aujourd'hui l'alpha et l'oméga de la destinée politique de la Nation. On ne le dit jamais assez, des grands pouvoirs impliquent des grandes responsabilités. Il est dit que tout pouvoir vient de Dieu alors Mahamadou Issoufou vous êtes l'élu et donc il vous incombe la mission divine de diriger le peuple nigérien sans aucune considération partisane.
Pour le reste, nous formulons quand même le vœu ardent de voir notre pays retrouvé une situation politique détendue et que Dieu apaise les cœurs de nos politiques, qu'il renforce l'amour et l'intérêt national dans leurs cœurs.

Contribution disponible sur la page facebook Moussa Abdoulkarim Djibo

Dernière modification le lundi, 22 août 2016 03:07

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