lundi, 22 août 2016 12:31

Le prix de l’âme du NASSARA

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Abdoulaye Abdourahamane Amadou Ne soyons ni choqués ni surpris par l'avènement d'une opposition capable de vendre son âme dans l'histoire d'une Démocratie en construction. Une telle opposition politique mérite d’ailleurs de notre part de tonnerre d’applaudissements pour avoir excellé, par ses manœuvres souterraines, dans le jeu avec les nerfs du Peuple dont elle est censée défendre les intérêts, en toutes circonstances, face notamment aux éventuelles extrapolations des tenants du Pouvoir d’Etat. En clair, il y’a des raisons de s’en réjouir au regard des enseignements qu’on peut tirer de ce que les ‘’démarcheurs ‘’ du baobab politique ont, par euphémisme politique, qualifié de ‘’ralliement’’ ou de ‘’rapprochement’’.

Cela par respect à notre petite intelligence. Soit !

Premier enseignement : Cette inédite ‘’alliance politique’’ pour la cogestion du pouvoir d’Etat a montré les limites de la classe politique nigérienne dans sa généralité. Si non comment comprendre qu’une majorité au pouvoir avec une place confortable au Parlement (115 députés sur 174) après avoir remporté les élections présidentielles à plate couture (92%), tende la main à une opposition dans le désarroi pour former un gouvernement d’Union Nationale ? Cela alors même que l’infatigable bâtisseur de la Renaissance, le Président Issoufou Mahamadou venait d’imposer le bilan de son premier mandat puisque défendu par tous les moyens aussi bien par ses scribes que ses barbouzes toutes générations et obédiences idéologiques confondues.

Aussi sincère soit-elle, la main tendue du Président Issoufou laisse planer des graves inquiétudes sur ses réelles intentions, lui qui, en dépit des plus impressionnants acquis politiques et institutionnels (le Parlement, l’Exécutif et le Judicaire) qu’il a su ‘’arracher’’ semble pourtant douter à la fois de l’expertise politique de ses nombreux alliés ainsi que de la pérennité de la stabilité institutionnelle dans notre pays.

Deuxième enseignement : Il tient des arguments superflus avancés par le MNSD-Hassara….Nassara plutôt, pour justifier ses prochaines retrouvailles avec des anciens membres traités de dissidents aujourd’hui militants du MPR-Jamahurya. En effet, selon les démarcheurs du baobab politique, l’intérêt général de la Nation justifierait ce ralliement satanique. A comprendre les héritiers de l’ancien parti Etat qui a démocratiquement géré le pays près de dix (10) ans, la défense de l’intérêt de la Nation pour un parti à l’opposition ne peut se faire qu’en participant à la gestion des affaires d’Etat. Autrement expliqué, les convictions, les idéaux, les Valeurs et Vertus du parti n’ont de sens et de l’importance que quand ses leaders se trouveraient au perchoir des institutions de la République. C’est quelle Politique ça dira Tiken Jah ?

Troisième enseignement : à supposer que nous n’avions aucune connaissance des textes fondamentaux, des Valeurs ou des Principes ainsi que de l’idéal portés par le MNSD-Nassara, nous aurions là aussi de la peine à comprendre comment dans une Démocratie véritable, le principal parti de l’opposition politique, peut estimer opportun de soumettre à l’appréciation d’un de ses organes, fut-il l’instance suprême, sa participation à la gestion du pouvoir d’Etat sans violer les règles élémentaires du jeu Démocratique qui implique l’existence d’une majorité qui gouverne et d’une opposition censée exercer un contrôle citoyen et responsable de l’action publique ? Dans ce contexte, M. Seini Oumarou, pense t-il, aux yeux du monde, continuer à se gargariser du titre de Chef de file de l’opposition politique au Niger ou en fera t-il du ‘’kama-mini’’ au ‘’cheval ailé’’ en pique-nique à l’étranger sans heurter le bon sens de M. Mahamane Ousmane du MNRD Hankuri et de M. Amadou Boubacar Cissé de l’UDR-TABBAT?

De ces trois (3) enseignements, il ressort que ce ralliement politique est une négation pure et simple de la Démocratie. Il est aux antipodes de l’intérêt national en ce sens qu’il traduit la volonté manifeste de la classe politique nigérienne à entretenir le peuple dans une situation de non-sens inhabituel. Dans cette affaire, le MNSD a vendu son âme à qui on sait. Il reste à savoir si cela a été fait après la CONSULTATION, la CONCERTATION ou avec la PARTICIPATION de l’ensemble de ses respectueux et respectables militants, dont beaucoup portent avec fierté, les séquelles de leurs convictions ainsi que de leur loyauté à leur Nassara National.

Pour le moment nous serions curieux de savoir le prix de l’âme du MNSD car s’il se limiterait à des postes de nomination dans le dispositif institutionnel actuel, le parti qui déjà se syndicalise, finira par se vider de sa coquille en enfantant d’autres partis de frustrés après Lumana, Jamahurya et consorts. La crise interne qui fragilise le MNSD en son sein depuis le 13 Août 2016 est donc une suite logique de celle du 13 Août 2013 et que M. Haidara, Toudjani, Mourtala, Kaziendé etc tentent cahin-caha de contenir à travers leurs élucubrations autour des textes du parti. Il est à craindre qu’elle finisse tôt ou tard par les obnubiler car en embringadant dans leur aventure les présidents des Sections régionales du Parti, ils semblent oublier que les militants de base ne sont pas dupes. Encore que dans ce jeu d’artifices, la jeunesse et les femmes qui sont le porte flambeau légendaire du Nassara n’ont pas encore dit leur mot face au déluge du MNSD depuis le tristement célèbre tandem Tandja Mamadou-Hama Amadou.

Dans le même temps, le PNDS-Tarraya du Président Issoufou Mahamadou résistera difficilement à ce déluge politique qui se dessine parce que ‘’le socialisme rose’’ peine à ‘’gérer les humeurs’’ de ses gladiateurs historiques en leur sein ainsi que des autres petits courtisans temporaires de la Renaissance Acte II.

Enfin, si ‘’Gouvernement de large ouverture’’ ou d’Union Nationale s’entend la participation de l’opposition politique à la gestion du pouvoir d’Etat dans un contexte Démocratique, alors M. Gandou Zakara, SGG, détenteur du ‘’lexique des termes politiques’’ du régime en place, doit pouvoir nous donner une nouvelle définition de la Démocratie et de ce type de Gouvernement. Auparavant, qu’il sache que les nigériennes et les nigériens avertis savent qu’un gouvernement composé de la majorité et de l’opposition politique pour cogérer le pouvoir d’Etat est un gouvernement d’Union politique, à moins que certains officiers supérieurs de l’Armée et le peu d’acteurs crédibles de la société civile, des centrales syndicales des travailleurs du Niger, des organisations féminines et de Jeunesse ne fassent les yeux doux au Président Issoufou au cas où le gouvernement en gestation à Dan-Daji serait ‘’sincèrement’’ d’Union Nationale. Mais nous ne sommes pas pressés, l’avenir nous édifiera davantage.

Abdoulaye Abdourahamane Ahamadou

Ecrivain du Sahel

Dernière modification le lundi, 22 août 2016 21:08

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