mercredi, 28 septembre 2016 23:24

Lettre à mes compatriotes - Les démolitions sont une tragédie nationale : La question est de savoir si Seïni Oumarou est-il vraiment resté insensible à cette tragédie nationale ?

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Seini Oumarou OppositionCela fait aujourd’hui 46 jours que le Mnsd Nassara a décidé de tourner le dos aux problèmes du peuple nigérien pour s’adonner aussi, aux côtés de Mahamadou Issoufou, à l’œuvre satanique que ses dirigeants ont régulièrement dénoncé avec véhémence. Autant dire presque deux mois que le Mnsd Nassara a dû, par la volonté étriquée de quelques ténors du parti, plus tenaillés par le désir d’avoir aussi quelque chose à s’approprier dans ce wassosso jamais égalé dans l’histoire politique nigérienne que de travailler à un changement véritable dans la gouvernance du pays, ont pesé de tout leur poids pour faire courber l’échine à leur parti et faire allégeance publique à celui qui incarne le régime satanique que Seïni Oumarou, notamment lors du dernier congrès du parti, en 2014, a dressé le portrait ignoble.

 

 Un temps fou qui s’écoule et qui suffit à étaler sur la place publique le linge sale dont s’est laissé couvrir Seïni Oumarou. Mais à quelque chose, malheur est bon. Car, si Seïni Oumarou est embarrassé et que la situation actuelle l’expose à des misères morales et politiques, voire sociales, dans une société nigérienne où l’impopularité du régime actuel ne peut que vous valoir la haine tenace de vos compatriotes, il est clair que l’œuvre satanique de démolition actuelle de l’économie ne correspond pas à ce que Seïni Oumarou a nourri dans ce mariage entre la carpe et le lapin. Le président Seïni Oumarou est-il un homme pris au piège ou un acteur quia délibérément choisi d’opter pour l’union dans la malfaisance, la corruption, les détournements de deniers publics, les fraudes aux concours et examens, les passe-droits et à présent la démolition systématique de l’économie ? N’est-ce pas satanique ? Or, Seïni Oumarou, tel qu’on me l’a raconté, est un musulman pratiquant dont personne n’a jamais contesté la foi et la volonté de s’investir dans la voie de Dieu. Ces destructions massives sont-elles  ce que Seïni Oumarou veut aider à faire ? a-t-il sillonné Niamey pour voir l’ampleur du désastre qui s’est étendu à d’autres villes du Niger ? Seïni Oumaroua-t-il pris la peine d’aller à la rencontre des Nigériens pour voir les larmes couler à flots dans des milliers de familles désormais anéanties ?

Peut-il continuer dans cette voie suicidaire pour le Niger ? J’ai personnellement du mal à croire que cet homme affable, plein de prévenance, qui fait attention à tout ce qui pourrait blesser l’autre, soit réduit à jouer les spectateurs engagés, dans une attitude de silence complice qui fortifie la puissance destructrice de Mahamadou Issoufou. Pourtant, la réalité des actes est là, tenace et implacable. Je n’ai, donc, que mes yeux pour pleurer, dans la douleur partagée de toutes ces familles qui sont victimes d’une sauvagerie politique jamais égalée. Néanmoins, blessé au plus profond de moi après avoir parcouru les rues de Niamey dévastée, j’ai décidé, les yeux larmoyants et complètement anéanti de constater tant de silences complices, de l’interpeller pour lui demander de faire son examen de conscience.  Je l’invite auparavant à consacrer une nuit à parcourir les rues de Niamey et de s’asseoir face à un miroir pour se demander, à la lumière de ce qu’il aura constaté, si tel est son rêve pour le Niger.

Mes chers compatriotes, j’ai tenu, dans cette lettre qui vous est destinée et au nom de toutes ces misères que vous endurez, à interpeller Seïni Oumarou sur les sentiments qui l’animent face à cette œuvre de destructions massives qui frisent la démence totale.  Le silence ne vaut-il pas caution ? S’il n’y a plus à rien à dire sur la surprenante décision du Mnsd Nassara, il reste que ce mariage entre la carpe et le lapin a du mal à se concrétiser. En vérité, Seïni Oumarou et Mahamadou Issoufou se sont entendus sur de grands principes, en dehors de toute implication de leurs structures politiques et dans la négation totale du fossé qui sépare les deux partis politiques. Le lapin peut-il être si amoureux de la carpe au point d’oublier que celle-ci vit dans l’eau et que, tout comme sa dulcinée ne pourra survivre dans un terrier, il n’a non plus aucune chance de vivre dans l’eau ? Tel est le mariage contre-nature entre le MnsdNassara et le PndsTareyya.Si, comme l’ont rapporté des confrères de la place, il est vrai que Seïni Oumarou a fait de la libération de tous les prisonniers politiques une condition à remplir par Mahamadou Issoufou, il doit alors tirer la conclusion que son partenaire l’a mené en bateau. Car, Mahamadou Issoufou n’a pas besoin de tant de temps pour faire libérer ses prisonniers politiques si tant est qu’il en a l’intention et la volonté. En attendant, le malaise s’installe au sein du Mnsd et Mahamadou Issoufou ne cherche plus que ça. Il sait que son ancien pourfendeur est désormais à sa merci, englué dans une mer d’orgueil qui le fonde plus à persister dans l’erreur qu’à faire marche-arrière et à corriger ses erreurs. Mais, si Seïni Oumarou est un homme qui se laisse guider par la sagesse et qui accepte les conseils d’un cadet, il doit nécessairement comprendre qu’il a plutôt tout à gagner en renonçant à alimenter ce vent satanique qui souffle actuellement sur le Niger. Il doit comprendre que ses exigences d’une libération des détenus politiques constituent une porte de sortie qu’il s’est emménagée. Il ne doit ni la fermer ni tergiverser pour l’emprunter. L’humilité est la première valeur d’un homme qui se dit être au service de ses concitoyens. Reconnaître ses torts et ses erreurs, c’est bien. Les corriger, c’est encore mieux.

Mes chers compatriotes, si j’insiste tant sur l’appel du peuple à l’endroit du MnsdNassara et de son président, c’est parce que je pense que des dérives graves sont en cours et je n’arrive toujours pas à admettre que SeïniOumarou ait décidé d’être comptable de ce qui se passe. Cette lettre est la vôtre, mais elle est celle de SeïniOumarou qui reste un citoyen  à part entière. A-t-il vraiment suivi ce vieil homme de plus de 70 ans qui pleurait à chaudes larmes, à Zinder ? Les démolitions sont une tragédie nationale. La question est de savoir si SeïniOumarou est-il vraiment resté insensible à cette tragédie nationale ? Des larmes comme celle-là qui ont fait pleurer le Niger entier, il y en a tellement qu’elles pourraient regonfler les berges du fleuve Niger en période d’étiage. A-t-il pensé un instant à tous ces jeunes qui partent du pays parce que ne se voyant plus de perspectives de réussites ? Et à moins de faire comprendre, en persistant dans cette alliance, que le sort du peuple nigérien est le cadet de leurs soucis, SeïniOumarou et ses collègues doivent nécessairement remettre en cause leur décision du 13 août 2016.

Mes chers compatriotes, la destruction de vos biens à laquelle se livre le gouvernement sous prétexte de déguerpissement de lieux publics est un vent satanique qui connaîtra une fin certaine. Car, tel un homme qui scie la branche sur laquelle il est assis, Mahamadou Issoufou n’a pas conscience qu’il est en train d’accentuer son échec déjà patent. Il se trouve dans une logique que personne ne comprend, y compris ses proches dont un d’entre eux au moins, en l’occurrence Mohamed Bazoum, a eu la folle franchise qui le caractérise, de dire qu’il n’est pas au courant. Il s’est peut-être mal exprimé, mais il a tenu à marquer sa désapprobation totale vis-à-vis de cette folie. C’est l’essentiel car il permet de cerner les contours de cette action sauvage sur l’économie nationale. Si Mohamed Bazoum, ministre de l’Intérieur, affirme qu’il n’est pas au courant et que Brigi Rafini, Premier ministre, n’était pas à Niamey au début de l’opération, c’est que Mahamadou Issoufou en personne en est l’inspirateur. Il ne peut d’ailleurs en être autrement au regard de la fougue guerrière et de l’impertinence avec lesquelles le bulldozer Hamidou Garbaqui s’est mis en marche, aussitôt actionné. Il a agi tel un automate au service d’un maître qui décide de ses actes, incapable de refuser de commettre cette folie qui le poursuivra jusqu’à la fin de ses jours. C’est cela la lâcheté humaine. Il arrive, particulièrement lorsque l’homme est tenu par le ventre, qu’il prenne des raccourcis pareils pour réussir. Au prix, parfois d’une tragédie comme celle que nous vivons actuellement avec la démolition de l’économie nationale. Un fou à lier ne ferait pas pire que ça.

 Mallami Boucar 

29 septembre 2016
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Dernière modification le vendredi, 30 septembre 2016 04:24

Idées et opinions