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mardi, 11 octobre 2016 15:43

Situation politique : Il faut le dire...

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Résultat de recherche d'images pour "issoufou seini omar"Le report des élections locales à une date indéterminée qui ne saurait toutefois dépasser la durée d’un mandat, selon la précision donnée par ses auteurs, est un autre coup d’État électoral de Mahamadou Issoufou pour qui Seïni Oumarou et ses copains ont agi par procuration en endossant la responsabilité de la lettre qui est à la base du CNDP liberticide. Trois enseignements majeurs sont à tirer dans ce complot des nouveaux alliés. Premièrement, les élections locales pourraient éventuellement se faire au bout de cinq ans – la durée d’un mandat - à partir de la date de l’adoption de la loi. Ce qui veut dire que les assemblées locales pourraient ne pas être renouvelées avant septembre 2021, soit après 11 ans fermes. D’ici à là, le Pnds et le Mnsd, version Seïni Oumarou, pensent avoir le temps et les moyens d’anéantir, à défaut de trouver les solutions de la crise financière dans laquelle Mahamadou Issoufou a plongé le Niger, toute opposition politique et éviter ainsi une débâcle électorale totale. Souvenez-vous, ce sont les résultats d’élections locales mal endossés qui ont mis un terme à la 4e République. Les élections locales étant délibérées au niveau régional par les Tribunaux de grande instance, elles laissent très peu de possibilités aux fraudes massives et à la falsification de procès-verbaux comme on en a décelés tant lors du coup d’État électoral de février et mars 2016.

Deuxième enseignement, c’est que, grâce à la bienveillante complicité de Seïni Oumarou, le nouvel «allié» de la 25e heure, pour parler comme Mohamed Bazoum, Mahamadou Issoufou a réussi à couvrir son forfait du label du Cndp. Un coup de poignard dans le dos du peuple nigérien qui n’a pas encore fini de méditer sur le coup de Jarnac de Seïni Oumarou. Le Mnsd, il faut le dire, n’est plus, dans ce nouveau rôle de griot patenté, le parti respectable qui a su mettre du bémol au coeur des Nigériens ; il est un instrument sans valeurs, sans éthique, sans principe, la seule chose qui compte étant de retrouver les ors du pouvoir. Il est donc clair pour tous ceux qui croient au Niger et au potentiel de son peuple, que les souffrances et les misères endurées par les populations nigériennes sont dues à une grande complicité dont jouit Mahamadou Issoufou. Que valent, aujourd’hui, aux yeux des Nigériens, des leaders politiques comme Seïni Oumarou, Moussa Moumouni Djermakoye, Hamid Algabit, Cheffou Amadou ? La classe politique nigérienne a offert au monde l’image décadente d’une société pourrie par la tête. Le Niger est malade de ses leaders et le fait est avéré, démontré par les revirements extraordinaires dont se sont rendus coupables des «personnalités» comme Talkay baba lors des élections de mars 2016. Que dire de Moussa Moumouni Djermakoye, de Hamid Algabit et de Cheffou Amadou ? Sinon qu’ils ne cherchent rien d’autre en faisant de la politique qu’à obtenir le « kayanmiya ». Avec l’arrivée de Seïni Oumarou et de ses amis dans l’écurie d’Augias, c’est le comble pour un Niger abandonné par ceux qui, en premier, doivent porter et représenter l’espoir. C’est droiture en somme ; pas dans cette pourriture dont la motivation essentielle, il faut le dire, est l’argent. Et pour se dédouaner dans un environnement empoisonné par les corrupteurs, ils cultivent l’idée, décadente, que la politique est ainsi faite, qu’il n’y a ni dignité, ni honneur qui vaillent. Un désastre culturel qui a mis le Niger à genoux. Ah, la renaissance culturelle !

Le troisième enseignement est que, en faisant porter le projet à Seïni Oumarou, Mahamadou Issoufou et son Pnds ont réussi, sans coup férir, à obtenir le même résultat qu’ils escomptaient en dissolvant les conseils locaux pour y mettre des administrateurs délégués. Seulement, les choses vont prendre du temps et se passer en deux étapes. On proroge le mandat des élus locaux, en modifiant la loi, - ce qui est passé comme lettre à la poste – mais en promettant d’engager des inspections financières afin de décharger et de poursuivre en justice les maires indélicats. Une voie qui permet à Mahamadou Issoufou de tirer sur des cibles préarrêtées, histoire de régler des vieux comptes sous le couvert d’une justice sélective qui n’a aucune crédibilité. Beaucoup de mairies vont, ainsi, tombées dans l’escarcelle du Pnds et dans une certaine mesure, aux mains du nouvel convive qu’il faut malgré tout caresser dans le sens du poil comme on dit. Et comme, les élections locales vont attendre cinq ans s’il le faut, il s’agit de maintenir ou de faire émerger à la tête des mairies des hommes qui sont prêts à tout pour gagner leurs subsides.

Alors ? Il faut simplement convenir qu’avec l’allégeance de Seïni Oumarou à Mahamadou Issoufou, c’est la volonté satanique que dénonçait le même Seïni Oumarou qui s’est affermie davantage. Mais la trahison d’un leader n’a jamais été forcément synonyme de perte pour tout un peuple. Elle ne peut donner lieu qu’à une perte de repères momentanée, le temps que ledit leader jouisse des fruits empoisonnés du deal politique qu’il a concocté sur le dos de ceux qu’il prétendait servir. Le peuple, lui, peut, certes, se révéler d’une impassibilité déconcertante au point de faire naître, dans certains coeurs, soit la peur, soit le désespoir. Mais l’histoire de notre Niger a démontré qu’il finit toujours par gagner son combat. Alors, il gagnera, comme toujours, cette lutte déloyale, injuste et d’une lâcheté certaine qu’on lui impose pour avoir simplement relevé la tête et dire NON à une gouvernance satanique qui a détruit l’économie nigérienne et qui a sapé les fondements de la démocratie et de l’État de droit. Lorsque des gouvernants s’en prennent à leurs populations, c’est un aveu d’impuissance et d’incapacité face aux problèmes de gouvernance auxquels ils sont confrontés. Mahamadou Issoufou est comme un coureur en fin de course, incapable de franchir l’arrivée et prêt à tout pour y arriver. Malheureusement pour lui, il lui faudra auparavant sauter par-dessus le mur infranchissable qui se dresse devant lui. Il n’y arrivera jamais au regard de sa ‘’petite taille’’ et va sans aucun doute droit dans le mur.

GAMBO

11 octobre 2016

Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Dernière modification le mardi, 11 octobre 2016 16:26

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