samedi, 22 octobre 2016 14:16

Ce que je pense : PNDS-MNSD, un mariage de raison ?

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Abdoulaye HASSANE DIALLO Dr 1Enfin, la décision tant attendue est finalement tombée. Depuis que l’on évoque la mise en place d’un gouvernement d’Union Nationale a été proposé par le Président ISSOUFOU et que le MNSD par la voix de son patron l’a saisie, les supitations allaient bon train. C’est finalement, au soir du 19 Octobre  que le   Chef de l’Etat a signé un décret nommant le nouveau   gouvernement d’Union Nationale   de   43 membres, comme le précédent. Mais, loin de mettre fin à ces suppositions,, les langues se délient plutôt. Chacun y va de ses commentaires et de ses impressions .

QUI GAGNE ET QUI PERD   ?                                                                  

   Un deuxième décret fut pris par le Président de la République pour achever cet acte de solidarité en nommant le Président du MNSD , nouvel allier comme le Haut Représentant du Président de la République, pour lui attribuer non seulement une fonction honorifique mais , surtout pour garder une relation en rétablissant le « téléphone   Rouge » Celui qui lui légitime son titre de second, au dessus de la mêlée : le Premier Ministre et les autres pontes du pouvoir . C’est astucieux et cette décision donne ainsi à cette Union sacrée, l’allure d’un partage de «  gagnant gagnant » du   « fifty-fifty» où aucune des partie   ne doit perdre la face. C’est assez politique . Ce qui permet   surtout au Chef de l’Opposition dont le parti est accrédité de 2O députés , d’assumer une haute fonction tout en surveillant ces troupes qui l’accompagnent dans cette «  nouvelle  aventure  » Afin que le goût et l’odeur du pouvoir ne les enivrent au point où ils oublieraient qu’ils sont dans une alliance et qu’ils sont là   au titre du MNSD .   Sa présence   aux côtés du Chef de l’Etat, pourrait   les dissuader et les ramener à la raison au cas où....ils souhaiteraient sauter le pas pour.... Car on ne sait jamais   avec tout ce que nous avons connu dans ce domaine. En effet, en politique, rien n’est moins sûr et rien n’est acquis d’avance   C’est un terrain assez glissant où comme l’avait si bien dit notre ainé   Moumouni Adamou DJERMAKOYE «  en politique rien n’est impossible »                                                                                                                                                                                                                           

Maintenant, en faisant les compte on   constate que le  MNSD s’en tire avec 6 porte -feuilles, dont l’environnement et surtout la santé , deux domaines assez   importants     au niveau de la gestion des affaires de l’Etat. Le portefeuille de l’environnement a été attribué à un jeune qui maitrise bien ce domaine, étant issu de sérail. Ce qui pourrait faciliter les négociations avec les partenaires et faire avancer le dossier de Kandadji qui pose des problèmes depuis plus de 40 ans et autres . On peut aussi constater que dans les négociations entre le PNDS et   le MNSD, le Président Seyni OUMAROU tire une satisfaction morale avec le départ du gouvernement de ceux qui l’avaient abandonné pour intégrer le premier gouvernement du PNDS  , sans l’accord du parti baobab. Ils sont au moins 3 anciens pontes   du MNSD dont nous n’avons pas besoin de citer les noms ici. IIs sont bien connus .Voilà pour ce que nous pensons comme satisfaction dont tire le   patron du MNSD.

        

Regardons du côté du PNDS qui tout en s’alliant au MNSD, n’a ni renié   sa ligne politique, ni perdu des plumes . Le Ministre ALBADE est resté indéboulonnable, mais reste aussi proche du pouvoir, même  s’ il faut faire de la place « aux autres » au nom de l’Union sacrée.  Sa formation politique est dans le peloton de tête . Le PNDS   garde sa cohérence et sa force au regard des postes Ministériels qu’occupent « les hommes de la garde rapprochée du Président ISSOUFOU » Tous les caciques du parti rose sont là et gardent leurs places au niveau des Ministères «  régaliens  » Mieux, on sent une consolidation de ce parti lorsqu’un des membres influents prend en mains le portefeuille du Ministère des nerfs de la guerre  «  celui des finances, du budget    » confié à   un des très proche du Chef de l’Etat Hassoumi  MASSAOUDOU . Un homme qui a occupé dans les pouvoirs gérés par son parti, des postes stratégiques.

QUELLE  LECON TIRER DE LA FORMATION  DE CE GOUVERNEMENT D’UNION   NATIONALE ?

A première vue, chacun y va de son commentaire   suivant sa vision   Et cela dépend de ses convictions politiques ou non . Certains condamneront sans faire aucun cadeau   à aucune des deux paries alors que d’autres vont ruer dans les brancards un des alliés sans ménagement. Ceux sont « les déçus » de la position prise par leurs formations politiques en s’alliant. Ils sont les membres des partis qui n’acceptent    ni ne cautionnent  cette alliance. Ils iront d’ailleurs grossir les rangs des mécontents   et des frustrés   puis rejoindre une opposition silencieuse   ou dynamique. Et bien c’est leur droit . D’autres par contre qui trouveront ce rapprochement comme un acte non « contre nature  »  vont applaudir en disant qu’il «  s’agit là de l’intérêt supérieur de la Nation à un moment où notre pays fait face à des menaces de toutes sortes » Ce qui peut paraître comme un argument très convainquant lorsqu’un pays comme le nôtre est au cœur de beaucoup de tourmentes, il aura besoin de tous ses fils et de toutes ses filles . Nous avons connu des tels moments II est vrai que la déstabilisation  créée et entretenue par nos partenaires occidentaux de   nos pays , dont le notre est au cœur, doit nous concerner tous . La mondialisation qui nous propulse aussi dans une spirale dont nous ne maitrisons pas les mécanismes, nous déstabilise davantage. Et nous éloigne de nos préoccupations en nous insérant dans une gestion mondiale dont nous sommes les perdants L’unité et la cohésion sociale doivent paraitre un socle de résistance contre cet ouragan qui risque de nous  emporter si nous ramons à contre courant.  Nous sommes dépassés par les évènements que créent nos partenaires pour nous distraire en perturbant notre trajectoire. Guerre en Libye voisine, attaque des Boko Haram au Nigéria , au Tchad et enfin au Mali . mettant nos frontières en péril et nos populations en danger permanent.

                                  

LES PILIERS D’UNE VERITABLE DEMOCRATIE ET D’UN ETAT DE DROIT

Un Etat de droit repose sur un socle :Une Constitution émanation de la volonté populaire qui elle même pose et définit   les règles des conditions de gestion de la chose commune. D’où la séparation des pouvoirs et qui   partage les responsabilités . Un gouvernement dont la formation est du ressort et de   la discrétion du Président de la République sur proposition du Premier Ministre . Mais en face, il doit   exister l’autre partie du peuple qui se nomme « Opposition » et qui a pour rôle de jouer la contestation républicaine et reconnue d’ailleurs au niveau de notre loi fondamentale , cette Constitution qui nous garantit nos droits et nos libertés en toute transparence . II faut que cette frange qui conteste mais ne doit ni arrêter ni entraver la marche   de la République, cette Opposition républicaine sorte du bois et qu’elle joue pleinement son rôle dans la légalité . En lui permettant de s’exprimer et de défendre ses droits à l’intérieur de ce socle républicain car un gouvernement d’Union sans interlocuteur en face, est biaisé  si nous voulons être des démocrates , disons en régime démocratique. Le Président ISSOUFOU doit prendre langue avec   ses opposants en invitant celui qui incarne l’Opposition Mr HAMA Amadou à venir occuper toute sa place d’adversaire républicain avec ses alliés aussi. D’ailleurs Mr HAMA   Amadou doit également prendre toutes ses responsabilités en regagnant son pays pour assument son rôle d’Opposant, advienne que pourra. Au nom des ses braves militants comme Soumana SANDA, ISSAKA et tant d’autres qui ont croupi et croupissent toujours en prison Ces sont des cerveaux, des compétences et des énergies que nous éparpillons.  Sans raison . II faut en finir avec cette situation   qui n’honore ni les militants ni le brave peuple nigérien. Je pense que la vie est faite de douleur également   et que la politique est « une mare aux caïmans  » Mais aussi que nul ne peut échapper à son destin  La vie tout court, est un combat continu. Le peuple nigérien est fatigué de toutes ces intrigues politiques   de tous bords. Nous devons avancer   pour rattraper ce retour   qui nous ramène tout le temps en arrière. Pensons à cette jeunesse qui paye nos erreurs et attend son tour. Pensons à cette armée, à nos braves parents sur tous les fronts qui se sacrifient pour nos vies. A ces paysans et paysannes qui riment à longueur de journée parfois sans pour prendre d’eux repas par jour sur les trois. Pensons à ces populations qu’on tue, ces femmes , ces enfants et ces vieillards que des mains criminelles assassinent sans honte. Pensons à la construction de notre pays qui souffre sans comprendre Pensons à ce peuple qui subit des atroces douleurs, tous les jours que Dieu fait. Ayons une pensée pour nos compatriotes   cette Diaspora, éparpillée dans tous les Continents et qui se battent pour faire connaitre notre pays à travers des rencontres, des Conférences, des Foras où ils font découvrir nos valeurs culturelles. Personne ne viendra construire notre pays à notre place. Nous sommes un peuple pacifique, tolérant, humain qui ne mérite pas tant de souffrances et qui ne demande qu’à vivre , en paix . Notre pays doit tirer profit , alors grand profit de ce «  Gouvernement d’Union Nationale  » qui vient d’être mis en place. Si nous voulons que l’Histoire retienne bien cette date du 19 Octobre 2016, comme étant un moment symbolique de notre existence politique. Bonne chance et courage   au peuple nigérien .

Dr Abdoulaye HASSANE DIALLO

Dernière modification le dimanche, 23 octobre 2016 22:42

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