samedi, 22 octobre 2016 02:21

Lettre à Personne : Par Dr Farmo Moumouni

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Farmo MoumouniJe répugnais depuis quelques temps à reprendre ma plume. Vos actes et vos paroles me remplissait de dégoût. Devant tant de cannibalisme, de prédation et de dépravation préjudiciables au pays, je m’y suis résolu.

Je n’ai pas besoin de vous désigner car vous vous connaissez.

Je ne peux vous nommer car je ne trouve pas de nom à votre mesure.

Je n’ai pas besoin de vous calomnier car vous faites et dites au vu et au su de tous.

Je n’ai pas besoin de dénoncer car vous agissez à découvert.

A ceux qui croient que je m’adresse aux politiques, dites-moi où ils sont, ceux qui se soucient du bien de la cité. Dites-moi où se trouvent la gauche, la droite et le centre. Dites-moi où se trouvent la majorité et l’opposition. Je ne vois qu’un magma informe de d’intérêts et de volontés délétères.

A ceux qui croient que m’adresse aux hommes, dites-moi où ils sont. Je ne vois que des êtres qui nient leur humanité, abandonnent leur dignité; subissent humiliations et brimades, l’arbitraire et l’injure, et s’en contentent.

A ceux qui croient que je m’adresse aux citoyens. Dites-moi qui se préoccupe de la citoyenneté. Dites-moi qui se soucie de ses droits, et se préoccupe de ses devoirs. Je ne vois que des résidents déambulant dans l’antichambre d’un pays qui est pourtant le leur.

Ah! Mais le Niger est éternel. Nous sommes de bons musulmans. Et Dieu nous aime, peut-être plus que les autres musulmans qui s’entredéchirent. Et chez nous les ethnies se sont mêlées par le mariage, ils ont institué les relations à plaisanterie et de cousinage. Nous sommes pacifiques. Ce qui arrive aux autres ne peut pas nous arriver.

Et puis Dieu a choisi parmi nous les meilleurs. Il a fait d’eux nos bergers. Nous n’avons pas à nous inquiéter suivons nos guides. Allons pâturer sous leur conduite. Et si nous ne le pouvons point, restons sous l’arbre à palabres, dans les fadas ou dans les enclos. La baraka est toujours avec nous.

Personne, toi qui es doué de raison, toi qui t’es donné des droits et des devoirs, toi qui sait distinguer le bien du mal, c’est à toi que ma lettre est destinée.

Farmo M.

 

Dernière modification le samedi, 22 octobre 2016 10:42

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