mardi, 08 novembre 2016 15:21

Il faut le dire...

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Résultat de recherche d'images pour "mahamadou issoufou"La Renaissance de Mahamadou Issoufou, nous l’avons dit et répété, est un échec total, autant dire une catastrophe pour le Niger. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, à l’issue d’une élection présidentielle organisée par un gouvernement à 90% composé par des gens qu’il a récompensés, probablement pour éminents services rendus, il a tout trouvé pour réussir : de fortes réserves financières à la Bceao, une dette intérieure et extérieure quasi-nulle, des accords arrachés à Areva qui garantissent les intérêts du Niger, le pétrole qui rapporte près de la moitié du budget national, Imouraren que Areva s’est engagée à exploiter, au plus tard en 2016 ou à perdre le permis, l’intégralité des financements requis pour la construction du barrage de Kandadji, un pays en sécurité, etc. Rien que des indicateurs positifs. De quoi rêver pour tout celui qui est animé de la volonté de construire son pays. Cinq ans plus tard, Mahamadou Issoufou a réussi à tout noircir.

Le barrage de Kandadji compromis, les accords avec Areva remis en cause au profit exclusif d’Areva, la dette intérieure et extérieure a atteint des sommets inquiétants, les réserves financières à la Bceao complètement rognées, Imouraren renvoyée aux calendes grecques et laissée au bon vouloir d’Areva, le pétrole hypothéqué, l’Etat empêtré dans des contentieux judiciaires coûteux qui donnent du Niger l’image d’un Etat-voyou. Quant à la sécurité, longtemps utilisée comme simple slogan pour des discours de séduction de l’Occident, elle est devenue le plus grand cauchemar des Nigériens. La vie dans la région de Diffa est, depuis de longs mois interminables, un drame quotidien. Agadez, où la paix est revenue au prix de sacrifices énormes, est en train de devenir selon des témoignages, un véritable far west où ceux qui dégainent sans hésiter règnent en maîtres absolus sur la ville, totalement absout par les autorités. Ils peuvent ainsi faire régner la terreur, violer des femmes, tuer qui ils veulent sans que cela émeuve. Une catastrophe dans une ville qui doit bientôt accueillir du beau monde.

En vérité, Mahamadou et ses camarades savent qu’ils ont échoué à tous points de vue. Leur unique succès, c’est d’avoir enrichi des individus sur le dos de l’Etat et au détriment des grands projets à fortes valeurs ajoutées. Retenez qu’il aurait suffi de conduire à terme la construction du barrage de Kandadji, investir de façon efficiente les ressources considérables (plus de 400 milliards par an) du pétrole et réussir la mise en valeur des vallées de l’Irhazer et de l’Aïr pour faire du Niger un Eldorado pour ses habitants. Mahamadou Issoufou a eu tant de facilités que l’on se demande comment s’est-il arrangé pour échouer si lamentablement ? Le fait est incontestable : l’homme a échoué sur tous les plans et depuis le hold-up électoral des 21 février et 20 mars 2016, personne ne se fait plus la moindre illusion. Le Niger continuera à aller de mal en pis tant qu’il restera sous Mahamadou Issoufou. Car, la réalité est là : l’homme ne peut pas et n’a aucune volonté de bien faire. Sa seule préoccupation, c’est de garder le pouvoir et d’en user comme il veut. Tous les problèmes du Niger viennent de là. Et c’est si grave qu’il y a lieu de s’interroger sur Mahamadou Issoufou. Il y a de quoi. Le Niger est en grosses difficultés financières, empêtré dans des différends judiciaires, fait face à une insécurité grandissante et le gouvernement, après avoir annulé tous les investissements en 2017, a dû se résoudre de geler les investissements et subventions du 4e trimestre 2016. Et Mahamadou Issoufou ne trouve rien de mieux à faire qu’à constituer un gouvernement de 43 membres auxquels il faut ajouter tous ceux qui, nombreux, sont nommés conseillers avec rang de ministres. Une réaction qui frise le mépris total pour son peuple. Il a réussi un hold-up électoral, pourquoi s’arrêter en si bon chemin alors qu’au regard de la forte complicité dont il a bénéficié à tous les niveaux, il peut bien oser d’autres folies ?

Les desseins que l’opinion nationale lui prête pour une modification de la Constitution, voire pour l’organisation d’un référendum constitutionnel pour instaurer un régime présidentiel, reposent sur des constats incontestables. Dagra Mamadou et Cie, appuyés par des juristes africains et européens que Mahamadou Issoufou a reçus, sans doute pour les remercier, ont fourni la plus grande raison de croire à l’existence d’un complot visant à perpétrer, après le hold-up électoral, un coup d’Etat constitutionnel. Il faut le croire. Car, lorsqu’un homme politique, qui se prétend démocrate, perpètre un hold-up électoral pour se maintenir au pouvoir, il est capable du pire. Deuxième argument, tous les hommes qui ont permis la réalisation du hold-up électoral sont toujours aux mêmes postes de responsabilité. Troisième argument, les demandes de modification de la loi fondamentale vont probablement se poursuivre avec d’autres institutions de l’Etat pour, finalement, aboutir au peuple de Mamadou Tandja qui va demander à Mahamadou Issoufou, non pas la poursuite des grands projets puisqu’il n’en a pas, mais plutôt l’adoption d’un régime constitutionnel qui, dit-on, serait plus conforme avec notre perception du pouvoir et garantirait mieux la stabilité institutionnelle. C’est cela, la thématique de campagne des rats d’égout qui attendent qu’on les mette en mission.

L’argent qu’ils cherchent, de façon désespérée, en cette fin d’année, notamment auprès de la Douane à qui Massoudou Hassoumi a réclamé 28 milliards d’ici fin décembre, n’aurait d’autre motivation, selon des indiscrétions, que cette volonté d’adopter un régime présidentiel au Niger. Pour Mahamadou Issoufou et les siens qui n’attendent même pas de faire la moitié du chemin à parcourir pour arriver à la fin de ce mandat usurpé, il va de soi que l’adoption d’un régime présidentiel est une porte ouverte à la poursuite de leur aventure à la tête de l’Etat. Lorsque quelqu’un a volé une fois et a pu savourer tranquillement les délices des produits subtilisés, il y a de fortes chances qu’il essaie de voler encore plus gros. Jusqu’au jour où … il se fait prendre par ses victimes ou des «gendarmes» décidés à mettre un terme à ses effractions.

08 novembre 2016
Source : Le Monde d'Aujourdhui

 

Dernière modification le mardi, 08 novembre 2016 15:35

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