vendredi, 11 novembre 2016 05:54

Lettre ouverte à la Représentation nationale du Niger

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Constitution 7eme Republique NigerRévision de la Loi fondamentale, la Constitution de la République, et des lois électorales : est-ce une préoccupation de l’heure pour les filles et fils du Niger ?

Chers Députés de la Représentation nationale, nous affirmons non, sans détour. En effet, le peuple nigérien, dans son ensemble, attend des gouvernants de la Renaissance, Acte II :

  • une quiétude sociale, menacée chaque jour ;
  • une économie prospère, mais en branle aujourd’hui ; et
  • des conditions de vie, les meilleures, pour les populations qui relèvent aussi de l’utopie à l’heure actuelle.

L’insécurité alimentaire se dessine dans nos campagnes et zones périurbaines ; la famine et la malnutrition s’installent petit à petit. C’est vérifiable sur le terrain !

Une insécurité galopante s’installe également dans les esprits de nos concitoyens du fait de l’occupation des djihadistes dans plusieurs localités et qui attaquent, même, les zones qui sont, soi-disant les plus sécurisées et gardées.

Au même moment nos frères d’armes, les FDS, tombent, en dizaines, au champ d’honneur pour manque ou insuffisance d’armements face aux sectes Djihadistes notamment Boko Haram ou l’Etat Islamique.

La rentrée scolaire et estudiantine, au Niger, n’est toujours pas effective, après deux mois. Ce qui démontre, une fois de plus la léthargie du régime en place. La faute des autres, c’est-à-dire les acteurs de l’école nigérienne (syndicats, enseignants et enseignants chercheurs, étudiants et élèves) c’est de réclamer leur droit, rien d’autre.

Un système de santé, fiable et opérationnel, mis en place par les régimes précédents mais mis en branle totalement par les régimes de la 7ème République.

L’eau potable pour tous ; ce service représente, aux yeux des populations rurales, l’un des services de base le plus précieux. Bref, des services sociaux de base sont à garantir pour le citoyen nigérien lambda. Six (6) mois après l’investiture du Président de la République, élu à plus de 92% des suffrages exprimés valables selon les institutions en charge des élections notamment la CENI et la Cours Constitutionnelle ; pourquoi alors une révision des textes, qui ont servi de base à la réélection d’Issoufou Mahamadou ?

Pourtant, cette révision des lois n’a été évoquée à aucun moment de la campagne électorale du Président candidat du parti PNDS. Pourquoi, ce revirement des engagements pris auprès des électeurs nigériens pendant cette campagne électorale ?

En lieu en place des promesses électorales, voilà que les nigériens sont orientés sur d’autres voies, certainement sans issus.

En effet, modifier des lois pour changer de régime, ou passer d’un mandat de 5 ans à 7 ans (quinquennat-septennat) ou encore sauter quelques verrous, c’est-à-dire des dispositions de la Constitution (voir les articles concernés) pour autoriser les députés nationaux et autres personnalités du régime à postuler à la commande publique, c’est-à-dire les marchés publics, etc., sont des pratiques qui ne sont en aucun cas profitables pour le citoyen lambda.

Mais bien au contraire, ce citoyen lambda s’éloigne davantage de ses gouvernants : c’est aussi, la Renaissance Acte II.

Au sortir des élections de février et mars 2016, tout le monde est unanime, au Niger, il n’y a pas eu des élections libres, transparentes, crédibles, apaisées et acceptées par tous. C’est de bonne guerre, disent certains. Car le bilan de la première mandature du président actuel ne lui permet pas une réélection digne de ce nom. Donc une alternance politique s’impose au Niger en 2016.

Alors, il faut passer par d’autres voies c’est-à-dire des élections tropicalisées vaille que vaille. Et comme on le dit couramment, seul un fou peut organiser des élections et les perdre en Afrique. En tout cas, le régime Guri l’a démontré en 2016.

Alors, à quand, cette mentalité doit être bannie à jamais en Afrique, en général et au Niger, en particulier ?

Ce plan a été savamment mis en marche en 2013, lors de la tentative de la formation d’un gouvernement dit d’union nationale, et exécuté en 2016. Mais, la réalité des faits ne peut jamais être masquée. Il faut du temps ; c’est l’oeuvre de DIEU.

Mais de quelle réalité parle-t-on ? Il s’agit de ces élections truquées par les institutions en charge. Voilà à peine six (6) mois, le Président de la République, ‘’élu à 92%’’, tend la main à l’opposition politique pour un autre gouvernement dit d’union nationale, sous des fallacieux problèmes dits menaces d’insécurité, qui seraient aussi à l’origine d’une trésorerie chaotique au Trésor national : le manque d’argent.

Quels dirigeants aux commandes du Niger ? Alors, le pourcentage des voix prôné, par le régime, n’est pas vrai.

Et c’est sous cet angle qu’il faut agir.

En effet, à chaque fois qu’un régime échoue son mandat de cinq ans, le premier ou le dernier comme le prévoit notre Constitution, les élections générales doivent le sanctionner.

Mais que dalle. On assiste à d’autres mascarades pour gagner les élections et ensuite on calcule d’autres pour rester au pouvoir de manière pérenne. Alors, nos concitoyens doivent comprendre ces gouvernants de Guri II. Ils nous divertissent des vrais problèmes de l’heure. En tout cas une révision des soi-disant textes électoraux voire de la Loi fondamentale n’est pas d’actualité.

Faites le tour dans nos structures de santé, qu’il s’agisse de celles de référence ou non, dans la Capitale comme à l’intérieur du pays, où règne la vraie réalité dont on parle tantôt : des malades gisants au sol pour faute de lits disponibles, de médicaments de soins et autres voire des moyens financiers pour le patient.

A cela s’ajoute la surpopulation dans les établissements sanitaires. Ce qui constitue en plus un danger et des risques pour attraper d’autres maladies. C’est à vérifier dans les maternités, les hôpitaux nationaux et hôpitaux de district, etc.

Visitez nos établissements scolaires ou encore les services de l’administration publique. Dans ces lieux, les portes des classes ou des bureaux sont constamment fermées, tantôt dès la matinée, un peu plus tard dans la journée voire l’après-midi. Tout est désert. Aucun signe de vie. Car, il faut trouver de quoi manger pour la famille, avant de rentrer, à un moment où 2, 3 à 4 mois les salaires ne tombent ; qui dit mieux ?

Parcourez les villages de notre pays si vaste. Où des pistes rurales sont impraticables pour échanger entre les villages, pour écouler la surproduction agricole et maraichère vers les marchés hebdomadaires voire les zones urbaines ou encore des zones qui ne sont pas productives et ne sont desservies pour fautes de pistes rurales praticables.

Pourtant, pendant la campagne électorale les candidats aux élections, présidentielles et législatives connaissent l’état des pistes. Toujours, dans ces villages où la santé de la mère et son bébé est menacée, de jour comme de nuit, pour faute de ces pistes ou encore de moyens de transport pour les acheminer dans les structures sanitaires proches s’il cela existe voire à des dizaines de kilomètres.

C’est en campagne, que ces enfants de moins de 5 ans meurent de malnutrition, de paludisme pour faute de nourriture sans vitamines ou de médicaments pour lutter contre ces fléaux.

C’est aussi dans ces villages que la chefferie est corrompue, par les pouvoirs publics, à coût de voitures 4x4, V8 ou autres gadgets. Pourtant, cette chefferie traditionnelle est censée garder les valeurs ancestrales et culturelles. Elle est, en général, responsable, dans son terroir, des élections tropicalisées mais aussi des conflits fonciers qui occasionnent des pertes en vies humaines après les accrochages des familles en conflit.

Nous voilà à la fin d’une saison pluvieuse, au cours de laquelle des pluies ont causé des dégâts, dans les campagnes comme dans les villes, compte tenu de leur abondance. Sous d’autres cieux, les gouvernants mènent, vaille que vaille, des actions pour maitriser cette eau pour une fin agricole pendant le restant de l’année.

Ainsi, l’argent du contribuable, injecté, servira à un bien commun et non à une révision des lois pour s’éterniser.

Dans les villes, les populations sont entourées par des tas d’immondices, des voies bitumées dégradées à plus de 90% avec une insécurité galopante pour incapacité d’éclairer ces voies.

Toujours dans ces villes, les gouvernants optent pour une ville, soi-disant propre et coquette, que les activités commerciales autour des centres bien indiqués qui sont les marchés à cause des programmes utopiques. Pauvreté et misère en ville équivalent à quoi ? La propreté dans la misère ; cela ressemble à quoi ? En plus, le gouvernant doit donner le bon exemple. C’est celui-là qui va attirer les gouvernés et qui appliqueront à leur tour sans trompettes ni tambours. Et non des déguerpissements sauvages dans ces villes qui sont sources de morosité et provoquant l’exode de nos concitoyens victimes de ces opérations barbares.

Ainsi, que dire de nos ressortissants vivant des pays voisins pour recevoir ces mécontents et/ou victimes dans leur propre pays ?

Alors, que dire de toutes ces préoccupations pour le citoyen nigérien lambda face à ceux qui pensent que notre pays a besoin d’une révision de la Constitution ou des lois pour des élections ? Est-ce cette révision va changer, par bâton magique, toutes ces préoccupations de l’heure ?

D’après tout ce qui précède, vous la Représentation nationale, chers députés nationaux de la République, sentez-vous prêts à voter cette option de révision des lois ?

A votre place, il s’agit d’initier toutes les lois allant dans le sens d’arrêter tous ces gouvernants, en fin de mandat, qui refuseraient de voir la réalité en face.

C’est-à-dire, si en fin de mandat le bilan est chaotique, alors des élections générales doivent sanctionner ces régimes sinon nous ne sommes pas en démocratie. C’est injuste de s’éterniser

Or rappelez-vous, c’est cette démocratie qui est à la base de votre élection, parmi les millions de nigériens, et qui vous a aussi permis de siéger à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale du Niger.

Au Niger, pendant les élections on s’est dit démocrate et après les élections on est dictateur. Rappelez-vous sans cette Loi fondamentale chaque fille ou fils du Niger peut s’autoproclamer Président, Député, Ministre, Directeur Général ou autre.

A votre place, il faut initier les démarches pour constitutionnaliser un organe permanent et indépendant qui aura la lourde charge d’organiser, avant la fin du mandat de chaque régime en place, des élections, libres, transparentes, crédibles, apaisées, inclusives et acceptées par tous.

Par ailleurs, cet organe doit être animé par des nigériennes et nigériens intègres et experts en la matière, qui ont ‘fini‘ leur vie et leur seul viseur est la tombe.

Ainsi, ces animateurs du CCEN seront des incorruptibles encore moins des soumis à quelque pouvoir en place ou trafic d’influence voire à aucune tentation. Pour eux, seul le Niger compte. C’est cette révision que les nigériens attendent de vous.

Signé BI. 

11 novembre 2016
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

Dernière modification le vendredi, 11 novembre 2016 07:03

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