mardi, 22 novembre 2016 14:56

A mon avis : l’Afrique, la CPI, et le franc cfa - Par Dr Abdoulaye HASSANE DIALLO

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Abdoulaye HASSANE DIALLO Dr 1Cette contribution devrait être intitulée   «  Pour une   Afrique Libre, Prospère   et Indépendante » Mais, nous retrouverons tout cela   dans le texte puisqu’il s’agit   de notre   pays, de nos Etats   et enfin de notre Continent, qui sont victimes dans ces domaines et naturellement dans bien d’autres Nous subissons ce que nous ne méritons pas Mais, parce que nous avons aussi laissé faire . Pourquoi alors  cet attentisme qui a fini par nous anesthésier et à nous jeter dans la gueule du « loup » ?   Les plus sceptiques résument cette situation comme étant une simple fatalité et ne cherchent pas à comprendre. Soit parce qu’ils ne se « cassent pas la tête » en fouinant , donc à se poser la question .   A quoi bon se disent ils , puisqu’on   n’y peut rien Autant laisser faire . D’autres croient que seul le « blanc » a cette capacité de nous prendre en charge et qu’il est là pour réfléchir et décider pour   nous et à notre place . Même si on reconnait que  «  Dieu est Grand et que   le blanc n’est pas petit »  Résultat, nous avons dormi sur nos deux oreilles en ayant en tête   inconsciemment  ou consciemment , que nous laisserons faire .

DES SOUVERAINETES OCTROYEES OU ACQUISES EN CASCADES

Même si nos pays ont acquis ce qu’on appelle leur souveraineté, il n’en demeure pas moins que les trajectoires n’ont pas été identiques. Etalées dans le temps et   dans l’espace, et suivant le système colonial, ces indépendances n’ont dans bien de cas, été que de la simple «  poudre aux yeux  »  . En effet,   nous pouvons reconnaitre au blanc sa puissance technologique   et sa puissance coloniale Mais , d’ici à ne pas nous prendre en charge comme tant de   peuples qui n ‘évoluent pas en améliorant leur vie   et   en refusant de subir, c’est tout simplement   inconscient .

II EST TEMPS QUE L’AFRIQUE SE PRENNE EN CHARGE

Enfin, si nous analysons la situation, nous nous rendrons compte que l’Afrique, depuis plus d’un demi-siècle d’indépendance , n’ a fait que du sur place, en dépit de certaines timides   avancées dans quelques domaines . Cependant, pays émergent ou pas, il n’y a que les appellations qui changent mais pas le fond . En fait , nos Indépendances , loin de nous responsabiliser , nous ont   éloignés des nos préoccupations . Les quelques dirigeants qui ont osé, disons   tenté de lever la tête en réagissant contre le système colonial transformé en administration avec l’évolution, en ont subi les foudres .En remontant dans le temps , nous retiendrons que nos devanciers comme l’Almamy Samory TOURE,  de la Guinée qui avait combattu les colons pendant 32 ans , avait refusé de se soumettre à leur diktat II mourra dignement les armes à la main ayant lui même fabriqué « des fusils  », sorte de mousquetons Dans toute l’Afrique ,  nous avons connu des Almamy TOURE, des Soundiata KEITA du Mali , des Lat DIOR au Sénégal .Cette époque lointaine, transposée dans  le temps connaitra  des étapes   successives . On peut d’ailleurs noter qu’avant les indépendances   c’est à dire à la période de la loi cadre, adoptée juste avant les indépendances, des Africains, des intellectuels leaders des partis politiques s’étaient donné comme objectif   la restauration de notre image de marque, celle de nos valeurs qui doivent se construire autour     d’un idéal . Après les indépendances, nos  héros se nommaient Patrice Emery LUMUMBA, au Congo, OUM NIOBE  au Cameroun , Ahmed Ben BELLA  en Algérie, Gamael Abdel NASSER , d’Egypte ,  Dr Kwame NKRUMAH  au Ghana  , Thomas  Isidore SANKARA au Burkina , Ibrahim MAINASSARA   BARE au Niger , Mouammar KADAFI en Libye etc. ... D’autres s’étaient battus politiquement ils se nommaient Djibo BAKARY   au Niger, Modibo KEITA, au Mali. Et que dire du plus célèbre prisonnier du monde, Nelson MANDELA qui a payé pendant 28 ans de son refus de se dédire en portant haut , très haut et très loin, l’image d’une Afrique digne disait que « La liberté n’a pas de prix ».Samora MACHEL Président du Mozambique . lls étaient nombreux y compris des illettrés courageux qui avaient affronté les administrateurs coloniaux dans leur stratégie d’aliénation de nos valeurs  ancestrales . Tout récemment certains comme Laurent G’BAGBO et d’autres   payent pour nous leur « insolence » vis à vis des nos anciens Maitres . Et croupit avec un certain Jean Pierre BEMBA de la République Démocratique Congolaise dans les cellules de ce purgatoire créé loin, très loin de nos Etats à la Hayes, aux   pays bas et dédié aux africains .Un prison de très Haute Sécurité dont les locataires sinon, les   occupants ne sont que des «  noirs » A l’antipode du continent   africain où sont «  cueillis  » des hommes d’Etats africains pour avoir eu à l’esprit , la création d’une monnaie,  cet outil de souveraineté nationale qu’on nous impose . Une idée   qui   consiste à   se passer «  du service de l’ex- patron  ». Comme si les peines, les souffrances, et les malheurs ne sont réservés qu’à une «  race   d’hommes  » .Sinon, que dire alors de ces dirigeants Européens qui ont détruit des pays africains en allant déverser tonnes de bombes sur leurs   paisibles  peuples d’Afrique  ? Mais, Allah ne dort pas . Suivez mon regard . Sinon où sont ceux qui ont brisé  des espoirs, tué des innocents  et qui aujourd’hui sont tranquillement tapis chez eux , sans  la moindre inquiétude ni quelques remords ? Nous laissant avec des ennuis et des innombrables problèmes qui nous assaillent de toutes parts : Boko HARAM et ses dérivés . Nos parents anglophone eux par contre sont mieux et plus outillés dans ce sens et n’avaient jamais «  tenu leurs langues dans leurs poches » et pour n’avoir jamais   accepté cette colonisation comme étant « un don de Dieu et un cadeau du ciel  » Bien   au contraire , ils   n’avaient   jamais accepté les caprices d’une occupation qu’ils ont considérée comme étant « un accident de   l’histoire  » dans leur existence. Les anglophones sont  passés outre en créant leur propre monnaie et en refusant de siéger au sein d’une « cuvette anglophone » où ils sont conditionnés comme le sont certains dirigeants francophones , confinés au sein d’une francophonie dont les pays africains qui utilisent la langue, n’en n’ont réellement tiré pas grand bénéfice ou d’une françafrique .  » Ils ont aussi conservé leur «  franc- parlé  » et leur indépendance totale . Voilà la différence entre les dirigeants francophones « le pré-carré» français et nos frères anglophones La différence est là et nette dans la conduite des affaires de l’Etat et leurs rapports avec leur « ex » et qui impose une véritable philosophie  et un courage politiques.

                                                            

ET SI SEULEMENT LES DIRIGEANTS AFRICAINS SE REVEILLAIENT ?

La persistance et le maintien du franc cfa contraire à nos intérêts sont imputables à l’inertie et pourquoi pas  , au laisser aller de certains de nos dirigeants africains qui ont négligé et abandonné «  la feuille de route » des pères fondateurs de l’OUA créée le 25 Mai 1963 à Addis Abéba en Ethiopie.   Toute la grande erreur est là . Et tout le problème réside aussi au niveau de   cette rupture avec les consignes laissées par ces pères Fondateurs de l’Organisation de l’Union Africaine . Mais qu’est-ce que nous vivons aujourd’hui  ? Point d’une Afrique Libre et Libérée, point d’Unité du Continent, point de Marché Commun ? Exit une Monnaie Continentale , point d’une Armée Panafricaine, point d’un Centre Culturel Panafricain, point d’un Prix Littéraire Panafricain,  point des Jeux Africains , point de Centre Panafricain de Recherches , point d’un Tribunal Panafricain, point d’une Agence Panafricaine d’Information ( cet outil jeté à la poubelle ) ? Qu’avons-nous fait alors de   toutes ces grandes rencontres qui ont abouti à   la   naissance le 25 Mai 1963 à ce qui devrait devenir Notre Commune Maison l ‘OUA aujourd’hui UA ? Cette Organisation qui allait devenir notre force tranquille au service des peuples africains comme l’avaient si bien dit ces pères Fondateurs qui voyaient ainsi notre avenir assuré , dans le temps et dans l’espace Ainsi nous retiendrons quelques   discours comme celui du Président du Ghana le Dr N’ Krumah ce   Père du Panafricanisme qui a écrit «  Divisés nous sommes faibles, Unis , l’Afrique pourrait devenir , et pour de bon , une des plus grandes forces   de ce monde. Je suis profondément et sincèrement persuadé qu’avec notre sagesse ancestrale et notre dignité , notre respect inné pour la vie humaine , l’intense humanité qui est notre héritage , la race Africaine  unie sous un gouvernement Fédéral , émergera non pas comme un énième bloc prompte à étaler sa richesse et sa force , mais comme une Grande Force dont la grandeur est indestructible   parce qu’elle est basée non pas sur la terreur , l’envie et la suspicion , ni gagnée au dépens des autres, mais basée sur l’ Espoir, la Confiance, l’Amitié et dirigée pour le bien de toute l’Humanité  »  Un autre dirigeant le Président Tanzanien   Julius Kamabarage NYERERE un autre ardent Père Fondateur   dira «  Sans Unité, les Peuples d’Afrique n’ont pas de futur, sauf comme perpétuelles et faibles   victimes   de l’impérialisme   et de l’exploitation  »  Patrice Emery LUMUMBA, ce Congolais, autodidacte, héros parmi les héros , qui avait refusé de monnayer sa dignité    disait depuis sa cellule de la prison ceci en s’adressant à son épouse Pauline «  Je t‘écris ces mots sans savoir s’ils te parviendront , quand   ils te parviendront   et si je serai en vie lorsque tu les liras. Tout au long de ma lutte, pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant du triomphe final de la cause sacrée à laquelle mes compagnons et moi avons consacré toute notre vie . Mais une dignité sans tache , à une indépendance   sans restrictions, le colonialisme belge et ses alliés occidentaux- qui ont trouvé des soutiens   directs et indirects , délibérés ou non délibérés parmi certains hauts fonctionnaires des Nations Unies , cet organisme en qui nous avons placé toute notre confiance lorsque nous avons fait appel à son assistance – ne l’ont jamais voulu . Ils ont corrompu certains de nos compatriotes, ils ont   contribué à déformer la vérité   et à souiller notre indépendance . Que pourrai-je dire d’autre  ? Que mort ou vivant , libre ou en prison sur   ordre de des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui compte,. C’est le   Congo, c’est notre pauvre peuple dont on a transformé l’indépendance   en une cage d’où l’on nous regarde du dehors, tantôt avec cette compassion bénévole, tantôt avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis   intérieurs et extérieurs , qu’il se lèvera comme un seul homme   pour dire non au colonialisme   dégradant et honteux et pour reprendre sa dignité sous un soleil radieux. Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique , l’Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de Congolais qui n’abandonneront   la   lutte   que le jour où il n’ y aura plus de colonisateurs   et leurs mercenaires   dans notre pays . A mes enfants que je laisse et que je ne reverrai peut-être plus , je veux qu’on dise que l’avenir du Congo est beau et qu’il attend d’eux comme il attend de chaque Congolais d’accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre   indépendance et de notre   souveraineté , car sans dignité et sans indépendance , il n’ a pas d’hommes libres  » ll ajoutera «  Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce , car je préfère mourir la tête haute , la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre  dans la soumission et le mépris des   principes sacrés . L’histoire dira un jour son mot , mais ce sera pas l’histoire qu’on enseignera à   Bruxelles, à   Washington ,   Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis   du colonialisme et des   ses fantoches . L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au Nord et au Sud   du Sahara , une histoire de gloire et de dignité .Ne me pleure pas, ma compagne . Moi je sais que   mon pays, qui souffre tant , saura défendre   son indépendance et sa liberté . Vive le Congo ! Vive l’Afrique » Un discours écrit en prison Honneur, Dignité et Courage . Citations tirées de ma thèse de Doctorat en Sciences Politiques et mon livre sur l’OUA et l’UA . Voilà un homme comme NKRUMAH qui fut également  assassiné par des mains criminelles . Nous avons intérêt à nous réveiller sinon nous raterons le train de l’Histoire   Et pourtant , nous avons tout à notre portée pour réussir notre développement . D’autres dirigeants africains avaient aussi eu cette vision Mais , hélas parce qu’ils ont été également contraints physiquement d’abandonner le pouvoir , éliminés par les ennemis de l’Afrique Nous devons cesser de nous lamenter ou de continuer à faire porter le chapeau de nos erreurs et de nos errements à d’autres . Le Continent africain dispose d’une force qui sont sa jeunesse, ses femmes, ses intellectuels, ses érudits, ses compétences ses sages , ses savants etc..., Les colons sont partis depuis longtemps A nous de prendre en mains notre destin et de l’assumer   entièrement . Car il n’est jamais trop tard de bien faire et de se remettre en cause C’est humain .Sinon, nous continuerons à subir cette politique mise en place par nos   anciens « dominateurs «  celle de diviser pour régner , ce dépeçage de notre Continent en 1885 ,à notre insu à travers ces frontières éclatées et imposées .

     Dr Abdoulaye HASSANE DIALLO , Politologue Journaliste, Ecrivain

Dernière modification le mardi, 22 novembre 2016 15:59

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