mercredi, 07 décembre 2016 12:14

Amères vérités : Enfin, les Nigériens se réveillent peut-être !

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Amere verites Canard FurieLa nuit a beau duré, le jour finit par poindre, dit-on. Or le Niger, tout le monde l’admet aujourd’hui, est dans une nuit noire, du noir porteur de toutes les peurs, de toutes les angoisses et de toutes les interrogations. Mahamadou Issoufou, qui est le nombril de ce pouvoir morbide, sait mieux que quiconque que « TAYI TAWRI » et qu’il n’y a aucune magie possible pour son pouvoir de se remettre en selle. Un pouvoir qui navigue à vue, complètement englué dans son labyrinthe de falsifications, de leurres, de duplicités et d’artifices. Un pouvoir issu d’un hold-up électoral qui se sait impopulaire et vomi du peuple, mais qui fait dans le forcing.

Un pouvoir qui sait parfaitement qu’il a atteint les limites objectives des menteries habituelles et qu’il pédale dans le vide, sans freins, sur le flanc d’une montagne, en pente raide. Un pouvoir dont le chef ne sait plus ce qu’il fait, mélangeant, dans une confusion totale des rôles et des missions, ce qu’il faut faire et par qui le faire. Un pouvoir inspiré par la peur du lendemain parce que parfaitement conscient des crimes commis dans un pays qui a de la peine à nourrir l’ensemble de ses 18 millions d’enfants mais qui se voit voler des milliards à la pelle. Un pourvoir qui investit des centaines de millions pour la promotion d’un de ses fidèles affidés, mais qui refuse de faire l’effort de trouver de justes solutions à al revendication essentielle de milliers de travailleurs. Un pouvoir qui refuse obstinément de réduire le train de vie de l’Etat mais qui réduit de moitié l’enveloppe budgétaire destinée au paiement des enseignants contractuels. Un pouvoir qui refuse toute négociation avec des médecins spécialistes sur des revendications primaires mais qui aménage au dernier moment, en pleine session budgétaire, la loi de finances pour y insérer quelques 500 millions de francs CFA pour un opportuniste chargé de mission. Un pouvoir qui ne paie plus à terme échu ce qu’il doit aux travailleurs mais qui bénéficie curieusement du soutien des grandes centrales syndicales du pays, en l’occurrence la CDTN, l’USTN, la CGSL, etc. Un pouvoir, enfin, qui a longtemps bénéficié d’une léthargie incompréhensible des centrales syndicales mais qui échoue quand-même à faire le minimum pour les travailleurs. Peut-on objectivement justifier cette terrible apathie alors que l’on est porteur d’un mandat des travailleurs pour la défense de leurs intérêts moraux et matériels ? Peut-on faire semblant sans étaler au grand jour sa compromission ? En un mot, peut-on être syndicaliste, acteur de la société civile et admettre ce qui se passe actuellement au Niger ?

La création d’un nouveau cadre de lutte des organisations de la société civile, des organisations socioprofessionnelles et de bon nombre de citoyens - Dieu seul sait qu’il y en a énormément au Niger – est un courant d’espoir. C’est le prélude à une lutte qui oppose deux camps distincts : d’une part, ceux qui sont décidés à honorer leurs engagements vis-à-vis du Niger et de son peuple en exigeant une façon orthodoxe de conduire les affaires publiques, dans le respect strict des lois et règlements en vigueur ; d’autre part, les autres, qui entendent maintenir le Niger dans cette situation désastreuse où des individus font main basse, au vu et au su de tout le monde, sur les deniers et biens publics. La déclaration de ces organisations socioprofessionnelles et de la société civile, le 4 décembre dernier, est un véritable manifeste qui prélude des chaudes empoignades à Niamey. En préambule de leur déclaration, ce nouveau courant, porteur de l’espoir d’une lutte qui s’impose pour le Niger, a visé quelques aspects graves de la situation du Niger que voici :

  • le train de vie démesuré et budgétivore de l’Etat ;
  • les différents scandales et crimes financiers et économiques mis sur la place publique par la presse (affaire Bolloré, affaire passeports informatisés, saisies douanières, déguerpissement des commerçants…) ;
  • la rupture d’égalité entre les citoyens, Considérant la note de service n° 003-2016/NTDEX du 31 octobre 2016 sur la nouvelle tarification douanière ;
  • la situation délétère de l’école publique nigérienne ;
  • la situation socioéconomique désastreuse que traverse le pays ;
  • les tentatives répétées de trituration de la constitution ;
  • la situation sécuritaire très préoccupante de notre pays ;
  • la dégradation des conditions de travail ;
  • les mesures injustes et les violations répétées des droits des travailleurs par le gouvernement (révocation des agents, annulation de concours, non-paiement des pécules et salaires à terme échu…).

Rien de tout ce que ce cadre de lutte a décrit n’est virtuel. Elles ont abordé, dans tous ses contours les plus dramatiques, l’abîme dans lequel les socialistes nigériens ont précipité ce pays. Un abîme profond, creusé grâce à des pratiques mafieuses, divisionnistes, antidémocratiques, antirépublicaines, mais que les organisations socioprofessionnelles et de la société civile s’engagent, au nom du Niger et de son peuple, de combler dans les semaines à venir, voire dans les jours à venir puisque le premier acte majeur est prévu pour le mercredi prochain : une marche de protestation ! Autant dire un grand défi dans un pays où les libertés de manifestation ont été carrément confisquées. Mais la liberté s’arrache, elle ne se donne pas.

Pour entreprendre… des actions tendant à barrer la route à ces dérives dictatoriales et autres scabreuses pratiques dignes d’une République bananière ; refuser catégoriquement que nos vaillantes forces de défense et de sécurité se fassent tuer délibérément alors que les armes sont stockées à la Présidence ; ne plus accepter que des travailleurs et des jeunes admis à un concours se fassent révoquer à tour de bras ; dénoncer la généralisation de la corruption et autres passe-droits érigés en mode de gouvernance et entretenus par les ténors du régime ; récuser la démesure du train de vie de l’Etat caractérisé par des empois fictifs à la Présidence notamment, sur le dos du contribuable ; dénoncer l’impunité dont jouissent les tenants du régime et leurs protégés ; combattre la liquidation insidieuse de l’école et de la jeunesse nigériennes… pour entreprendre tout ceci face à un régime issu d’un hold-up électoral, il faut être pleinement engagé. Engagé à braver les interdits stupides et anticonstitutionnels, au péril de sa liberté et qui sait… de sa vie. Engagé à demeurer patriote, digne et brave, face à un régime qui a fait de l’intimidation, de l’emprisonnement abusif et du gazage des populations, son arme de prédilection pour continuer à vaquer à ses affaires fructueuses. Engagé, enfin, à poursuivre la lutte, quoi qu’il advienne.

« …nous sommes décidés à mener des actions jusqu’à ce que ce régime extravagant change de pratiques », ont-elles déclaré, informant de la tenue, dès le mercredi prochain, d’une marche pour dire, entre autres, Non à la gestion patrimoniale de l’Etat ; Non à la liquidation du système éducatif et de la jeunesse. Non à la corruption ; Non à la trituration de la constitution du 25 novembre 2010.

Pour mener à bien cette mission de portée nationale, les organisations socioprofessionnelles et de la société civile savent qu’elles ont besoin du soutien massif des Nigériens, d’où qu’ils sont et de quelque profession ou métier qu’ils sont. C’est pourquoi, elles ont appelé l’ensemble des couches sociales de notre pays à participer massivement à la marche de protestation des syndicats du secteur de l’éducation le mardi 6 décembre 2016. Cet appel sera-t-il entendu ? Tout dépendra des actions de mobilisation de ces organisations socioprofessionnelles, mais également du sursaut de tous ceux qui passent leur temps à se plaindre de la situation, de tous ceux qui affirment régulièrement « TAYI TAWRI » mais qui sont particulièrement paresseux pour se lever et crier leur ras-le-bol. Peut-être bien que cette fois-ci, on peut bien penser que les Nigériens se réveillent enfin.

BONKANO.

07 décembre 2016
Source : Le Canard en Furie

Dernière modification le mercredi, 07 décembre 2016 21:05

Idées et opinions