mardi, 13 décembre 2016 13:47

Amères vérités : Issoufou Mahamadou a-t-il le moindre respect pour ses compatriotes ?

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MHUn journal de la Place l’a dit et vous pouvez le croire : Mahamadou Issoufou, est le principal obstacle à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées et par conséquent l’incubateur des pratiques antirépublicaines, le gourou protecteur des délinquants et trafiquants. C’est reconnu et attesté par des faits et personne, y compris au niveau des partenaires extérieurs du Niger, ne peut soutenir le contraire. A l’exception, bien sûr, de ceux qui portent constamment les œillères de la mauvaise foi, en proie à cette tragique maladie que les médecins appellent schizophrénie et qui déconnecte complètement ses victimes de la réalité. Mahamadou Issoufou, pour ainsi dire, n’a aucun respect pour ses compatriotes. Trois faits l’attestent.

Le premier est lié au limogeage d’Issaka Assoumane au poste de Directeur général des douanes, puis sa nomination presque immédiate en qualité de ministre-conseiller à la présidence de la République. Nommément cité dans un scandale portant sur 495 containers disparus à la Soraz, soit quelques six milliards de francs CFA, Issaka Assoumane, que la rumeur publique dit riche comme aucun douanier ne l’a été au Niger depuis 1960, a curieusement gravi les échelons. Mahamadou Issoufou, qui veut sans doute montrer à ses compatriotes qu’il fait ce que bon lui semble et qu’ils peuvent aller se plaindre auprès du Bon Dieu s’ils ne sont pas d’accord, l’a nommé presque immédiatement conseiller à la Présidence de la République avec rang de ministre. Une insulte au peuple ! Un mépris surtout, au regard de la gravité de cette affaire dans laquelle Issaka Assoumane est clairement cité et qui a valu, ce que beaucoup de Nigériens ignorent encore, la mise sous scellé de ses comptes bancaires. La contradiction flagrante entre les deux mesures qui l’ont concerné en moins de 72 heures prouve à suffisance que si le pouvoir actuel n’est pas dans la rue, il n’est pas non plus porté par un pôle de décision unique et cohérent. Car, manifestement, ce n’est pas le même pôle qui a démis Issaka Assoumane pour le scandale des 490 containers de la Soraz — N’en déplaise à Sartana — qui l’a également nommé conseiller avec rang et avantages de ministre. Si tel est le cas, y a problème, voire danger, car le même décideur, conscient de ses actes, ne peut limoger quelqu’un pour faute grave et le nommer aussitôt à un poste supérieur. Bref, laissons au Pnds Tareyya à ses contradictions internes pour relever que par cet acte, Mahamadou Issoufou a montré que le Niger arrive au second plan lorsque et que, quoi qu’il advienne comme malheur à ce pays et à son peuple, ceux qui sont prêts à l’accompagner dans ses dérives suicidaires sont totalement absouts de tout péché et mis hors de portée de la justice. Le cas d’Issaka Assoumane n’est pas isolé. Il vient se greffer à la longue chaîne des scandales de ce genre : le député Sidi Lamine est bien là, soupçonné de trafic de drogue dure (cocaïne) et de complicité d’enlèvement de l’Américain Jeff Wodke ; le cas de Mariama El Hadj Ibrahim est là, acquéreur surprenant du complexe scolaire Bédir ; le cas de Assane Saïdou, président du Conseil de ville de Niamey, est là, avec toutes les malversations dont il est formellement accusé par les membres du conseil, etc. Bref, entre le Niger et son clan politique (Pnds + partis alliés), Mahamadou Issoufou a fait un choix clair. Ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à…monter au Ciel pour se plaindre.

Le deuxième fait est dans ce scandale déjà mis sur la place publique et qui devait s’achever par l’éviction du président du Conseil de ville de Niamey, suivie peut-être de son incarcération. Ce monsieur est une véritable peste pour la ville de Niamey qu’il a spoliée de ses ressources en mettant en place un réseau mafieux qui travaille pour lui et en imposant à tout fournisseur ou prestataire de la ville, un pourcentage à lui verser personnellement avant de toucher son dû. Et qui, pour s’assurer d’avoir son pourcentage, garde par devers lui les ordres de virement desdits prestataires et fournisseurs. C’est un corrompu notoire et il ne faut pas trembler pour le marteler. Des dizaines de personnes dont nous avons eu connaissance, victimes de cet individu, peuvent en témoigner. C’est, donc, ce monsieur, que personne ne vous dira qu’il a été fier et honoré d’avoir parmi ses relations, qui a échappé à une motion de défiance. Pourquoi et comment ? Parce que les auteurs de la motion, sans aucun égard pour le Niger et les travailleurs de la ville qui totalisent à ce jour cinq mois d’arriérés de salaires, ont décidé de revenir sur leur décision de faire payer Assane Saïdou pour tous les délits commis. Des mains politiques, trempées dans le cambouis et noires de péchés comme la paume d’un gorille, ont influé sur leur volonté et les a convaincus de se dédire. Et c’est sans scrupule qu’ils ont sacrifié les intérêts de la ville et du Niger, donnant une explication saugrenue qui les met en dessous de Assane Saïdou. Là également, Mahamadou Issoufou a montré que ce qui l’intéresse, ce n’est ni la santé financière du Niger, ni la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, encore moins de trouver une solution à la misère des travailleurs de la ville de Niamey. Ce qui l’intéresse, c’est d’avoir autour de lui des cadres pourris jusqu’à la moelle des os, prêts à toutes les sales besognes. Assane Saïdou, dont l’épouse a donné une réception chez elle pour fêter le revirement des conseillers qui voulaient la tête de son mari, sait d’où vient la main qui a différé sa reddition des comptes devant la justice. Mahamadou Issoufou a donné la preuve, en refusant de le démettre alors que les délits sont constitués et qu’il n’a pas hésité à limoger par décret le légitime président du Conseil de ville de Niamey, Oumarou Moumouni Dogari, pour une faute non justifiée, que Assane Saïdou lui doit beaucoup.

Le troisième fait, c’est ce scandale juridico-financier dans lequel Brigi Rafini a plongé le Niger, refusant délibérément d’obtempérer à un arrêt de la Cour d’Etat, la plus haute juridiction du pays, qui intimait à son gouvernement de revenir sur l’annulation du contrat, régulièrement signé avec Africard LTD, pour la production de passeports biométriques. Un Brigi Rafini qui, malgré l’arrêté de la Cour d’Etat, les mises en garde et conseils avisés de ses collaborateurs, a quand-même fait annuler ledit contrat pour le réattribuer à une société nigériane avec laquelle il est soupçonné d’avoir des rapports personnels. Un Brigi Rafini que l’on créditait à tort d’une certaine sagesse mais qui a refusé de reconnaître ses erreurs et de les corriger. Et plus il s’entêtait pour faire gagner de l’argent à Contec Global qu’il a choisi d’aider, contre vents et marées, plus le Niger croulait sous le poids financier, de plus en plus insoutenable, de ses errements. Aujourd’hui, après maints procès et des engagements jamais tenus par Mahamadou Issoufou et Brigi Rafini, le Niger se retrouve condamné à payer plus de 27 milliards de francs CFA ; une sanction judiciaire dont l’exécution a valu à notre pays, pauvre et actuellement en difficulté financière, la saisie de ses biens immobiliers en France ainsi que de fonds relatifs à la reconstruction de la route Tahoua-Arlit et à la mise en valeur des vallées de l’Irhazer et de l’Aïr. Mahamadou Issoufou, qui a parfaitement connaissance de ce dossier n’a jamais songé, ni à prendre les mesures qu’il faut pour arrêter la descente aux enfers, ni renvoyer son Premier ministre pour faute grave, encore moins le mettre à la disposition de la justice pour la mise en péril des intérêts du Niger. Il a laissé faire et pire, il ne s’est préoccupé, en fin juillet 2016, que de récupérer l’avion présidentiel saisi par Africard LTD afin de démentir le bruit qui courrait sur le Mont Greboun. Un acte grave qui montre, encore une fois, que Mahamadou Issoufou est prêt à accepter toutes les compromissions possibles sur le dos du Niger, pourvu que les intérêts des membres du clan soient préservés.

Ces trois faits suffisent également à démystifier la sortie médiatique du procureur de la République qui a amusé la galerie, la semaine dernière, en martelant des menaces contre ceux qui auraient mis le grappin sur les sous de l’Etat. Le tigre, nous a-t-on appris à l’école, ne proclame pas sa "tigritude", il se jette sur sa proie et la dévore. Un principe qui s’applique encore mieux aux affaires judiciaires. Le discours, tenu dans un contexte marqué par des scandales à n’en plus finir, sonne comme une musique qui écorche les oreilles. Personne, à moins d’être de ceux qui portent les œillères de la mauvaise foi, ne croit en ce discours dont n’a pas besoin Chaïbou Samna pour s’acquitter de sa mission. Les citoyens attendent plutôt des actes concrets, dans le respect de la présomption d’innocence et de toutes les règles de droit. Les citoyens attendent de constater que des hommes publics, soupçonnés d’avoir détourné des milliards de l’Etat ou d’avoir posé des actes préjudiciables à l’Etat, tel que dans le contentieux judiciaire avec Africard LTD, soient mis en examen, avant de croire à quoi que ce soit dans ce domaine. Le procureur Chaïbou Samna a, donc, raté le coche. Son rôle est d’agir, et peut-être d’expliquer s’il le faut, mais pas de rugir contre des délinquants. Autant, dans ce cas, avertir les voleurs de chèvres et les braqueurs d’arrêter avant que la justice ne sévisse. En un mot, personne, en vérité, ne croit à ce discours du procureur de la République. La loi est dure mais c’est la loi. Elle doit s’appliquer à tout le monde, sans discernement.

BONKANO.

13 décembre 2016
Source :  Le Canard en Furie  

Dernière modification le mardi, 13 décembre 2016 15:24

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