mercredi, 04 janvier 2017 11:28

A son Excellence Monsieur le Ministre de la Renaissance Culturelle, Arts, et la Modernisation Socia

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http://nigerdiaspora.net/images/Mohammed-Elhadj-Attaher.jpgExcellence monsieur le ministre
Superviseur national  et garant de notre identité cultuelle,
 Monsieur le Ministre, c’est avec enthousiasme avec vivacité d’esprit et de nostalgie  que je tiens  par ces lignes partager un acquis, auquel je garde en mémoire la souffrance d’un peuple qui se fut battu pour se donner une  identité nonobstant la raillerie de l’occident qui avait voulu nous faire ingurgiter, à l’œil et à l’ouïe que nous ne l’avions pas et même si nous l’avions celle-ci est loin d’être au même diapason de la sienne. Contre vents et marées nos alleux laissèrent leurs empruntes  dans la détermination comme dans le dévouement pour nous transmettre cet héritage durement sauvegardé et fièrement cultivé pour que vous soyez aujourd’hui à la tête d’un ministère, qui, au-delà de ce qu’il représente, donne une  signification et une forme à ce qu’est un nigérien tout court. En effet,  j’ai accueilli  lors du dernier remaniement votre promotion à la tête du ministère  de la Renaissance Culturelle , Arts et  Modernisation Sociale car à mon avis, vous êtes un bon choix pour occuper ce poste au regard de ce que vous aviez su entreprendre dans le cadre de la promotion d’une culture  digne et d’une  modernisation sociale à la hauteur des prémisses d’un idéal culturel à léguer et pour lequel les nouvelles générations  auront  de quoi s’enorgueillir. Parce que tout simplement  votre parcours professionnel en général et  dans le domaine culturel, syndical  en particulier,  constituant un exemple éloquent.

Néanmoins, j’attire votre attention sur l’importance des charges qui pèsent sur vos épaules, loin de moi l’idée de m’ériger en donneur de leçons. J’aimerai par cette lettre ouverte, Monsieur le  Ministre  vous suggérer quelques propositions de réformes afin de redorer le blason de cet important secteur que j’aime tant et me passionne autant. Le Niger a, aux lendemains de son indépendance, occupé une place centrale en la matière grâce à la clairvoyance de  notre père de l’indépendance  feu Diori Hamani et son successeur  feu Seyni Kountché, fondateur de Samaria qui avait été un succès dans le social nigérien  ainsi qu’au génie et au talent de  vaillants artistes comme  le groupe Sogha, et autres initiatives culturelles ayant permis à notre pays de se bâtir dans  un ‘’havre de paix’’ tels que le Prix dan Gourmou, la lutte traditionnelle, parenté à plaisanterie  comme une  fierté nationale pour ne citer que ceux-là. La culture était une source de devise non négligeable  pour notre pays. Aujourd’hui, ce secteur a besoin d’être reformé afin que notre pays retrouve son lustre d’antan car la culture est une importante valeur ajoutée et un vecteur important de croissance économique. En France comme dans  tous les pays illustrés développés  la culture joue un rôle de premier plan dans le domaine économique.
 Pour plus d’efficacité d’action, je suggère que la culture et le tourisme soient regroupés au sein d’un même ministère car l’attractivité d’un pays va de pair avec la culture de son peuple. Un certains nombres de réformes devraient également être entreprises : dans le domaine cinématographique, dans le domaine de la construction et de la réhabilitation d’infrastructures culturelles, la formation des professionnels du secteur ainsi que l’organisation d’événements culturels  panafricains et mondiaux. Non seulement cela nous ouvre des opportunités d’entreprenariat, mais aussi nous sert d’un outil supplémentaire de lutte contre le chômage, une situation qui crée de nos jours un désespoir total au point de ne plus croire en la politique nationale de notre pays parce que tout simplement  le  chômage est destructeur et humilie.

I.          Réformes du domaine cinématographique
 La réhabilitation des salles de cinéma longtemps laissées en marge de la mémoire collective. La construction et l’équipement d’un studio national de cinéma permettant de produire des œuvres cinématographiques nationales en l’instar de Nollywood au Nigéria, et Bollywood en Inde ce n’est pas sorcier  nous pouvons le faire chez nous aussi.  Choisir un jour dans la semaine qui sera consacré à la projection de films dans les différentes « salles obscures » du pays tout en privilégiant les productions nationales. S’inspirer des exemples Burkinabés et nigérians dans le domaine, une industrie que nous consommons  au Niger alors que nous pouvons  faire mieux.

II.         Construction d’infrastructures culturelles
a.         La construction d’un palais de la culture
Construire un palais dédié à la culture à l’image du palais de la culture d’Abidjan redonne sens  aux principaux axes de réforme que vous aviez vous-même évoqués lors d’une  interview que vous aviez accordée à un journaliste de la diaspora. Une salle polyvalente devrait être construite afin d’éviter les différentes manifestations et indignations de nos artistes par le passé. Ce palais devrait servir de salle de spectacle aux artistes chanteurs et musiciens nigériens mais aussi à notre pays d’organiser  des festivals de musiques africaines voire mondiales.
b.         Des bibliothèques
Construire des bibliothèques dans chaque grande commune du pays afin de démocratiser l’accès à la culture : Se former et s’informer devraient être la nouvelle ligne de la renaissance culturelle. Valoriser les productions littéraires nationales dès le niveau primaire.
c.         Construction de musées régionaux
Un musée regroupant le patrimoine historique et  culturel dans chaque région  du pays : construire un musée de l’histoire précoloniale, afin d’apprendre à nous-mêmes et à nos enfants ce que fut la culture nigérienne pendant cette époque.
d.         Construction d’un théâtre national
Une maison dédiée  à la dramaturgie devrait être un nouvel outil au service des hommes et femmes exerçant dans ce secteur de la culture.
e.         La formation des professionnels du secteur culturel
 Bien qu’il y ait le CCOG (Centre culturel oumarou ganda) créer un  institut national supérieur des arts et de l’action culturel, un établissement académique  public devrait être créé  afin de former des artistes et opérateurs du secteur des arts et de la culture en général surtout qu’on en a beaucoup qui ont préféré l’informel. Il devra regrouper en son sein : l’École nationale de musique (un conservatoire), l’École nationale des beaux-arts, l’École nationale de théâtre et de danse ainsi que  l’École de formation à l’action culturelle pour moi ce serait par ici que la renaissance touchera de plus près le besoin et la sensibilité d’un peuple qui n’attend grand-chose après avoir été déçu   après des promesses intermittemment non tenues .
f.          Organisation d’événements culturels
 Après la construction du palais de la culture, le Niger devrait  dorénavant organiser  une Grande rencontre qui se résume à «DANDALIN AL ADOU » : cérémonies récompensant les meilleurs artistes africains de l’année. Afin que, cet événement puisse  regrouper les meilleurs artistes  sur le continent. L’organisation d’un tel événement fera mieux vendre l’image de notre pays et constituera un coup de fouet au secteur de la culture. Faire de «DANDALIN AL ADOU »  un  symbole de  trophée étant un instrument faisant partie du patrimoine culturel nigérien. Le Niger devrait se positionner pour l’organisation d’événements afin de faire découvrir le pays et relancer le secteur du tourisme. A l’image du « FESPACO» au Burkina Faso ou du Festival des arts nègres du Sénégal, le Niger  devrait s’inscrire dans cette dynamique  car il n’y a que de cette façon que les lumières du monde entier seront braquées sur notre beau pays. Comme noté en première ligne de cette lettre, voici en bref ma vision en ce qui concerne le secteur de la culture.  Toute œuvre  étant perfectible, j’espère ouvrir un débat afin de faire bouger les lignes et jeter les vraies valeurs d’une renaissance culturelle dans notre pays.
Vous en souhaitant bonne réception, veuillez croire, Monsieur le Ministre de la Renaissance  Culturelle, Arts, et la Modernisation Sociale, en l’assurance de ma très haute estime.
Mohammed Elhadji Attaher  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Dernière modification le mercredi, 04 janvier 2017 13:26

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