mercredi, 28 décembre 2016 05:42

Amères vérités

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Amere verites Canard FurieIl y a, paraît-il, 13 centrales syndicales au Niger parmi lesquelles vous avez la doyenne USTN et sa fille adultérine CDTN. De ces 13 centrales syndicales, aucune d’elle n’a encore senti la nécessité de faire la moindre déclaration de routine pour soutenir la lutte des syndicats de l’Éducation, de celui des collectivités territoriales ainsi que des associations et des structures de la société civile engagés dans la sauvegarde de l’école publique, considérablement clochardisée pour accumulation d’arriérés de pécules, la restauration de la démocratie dans ses principes cardinaux, l’égalité des Nigériens devant la loi, les détournements de deniers et biens publics dont les auteurs, notablement connus, sont protégés au sommet de l’État, les trafics de devises et de drogue, la corruption généralisée qui est en train de pourrir tout le tissu social, etc.

De beaux challenges mais qui ne disent absolument rien à un certain Nouhou Arzika, particulièrement actif dans les activités de sensibilisation sponsorisées comme ce fameux programme financé avec les millions de l’ARTP, ou encore à tous ces secrétaires généraux de centrales syndicales, manifestement atomisés, on ne sait avec quel moyen. Si, comme beaucoup de compatriotes le soutiennent désormais de façon ouverte, leur anesthésie s’explique par la corruption, il faut dire que ces individus se sont sans doute trompés de vocation. Le syndicalisme, noble doctrine faite de don de soi, de dévouement et de solidarité, ne mérite pas que des intrus opportunistes d’une certaine espèce s’y aventurent, s’y incrustent au point de tenir les plus beaux rôles. Aujourd’hui, leur apathie, alors que des travailleurs se débattent et se battent pour se faire payer leurs salaires, est forcément assimilée à une attitude vénale qui n’a d’autre objectif que de démanteler le mouvement syndical et associatif. Au nom d’un homme qui n’arrive même pas, malgré les atouts de rêve dont il a bénéficié à la tête de l’État, à assurer les charges de souveraineté. Leur mission : flinguer ceux qui osent dire NON à ce système mafieux qui admet volontiers dans les rouages de l’État des trafiquants de devises et de drogue. Et ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent pas gueuler comme ces loufoques Abdou Mamane Lokoko ou Souley Oumarou, véritables soldats de cette chose appelée renaissance, ont la possibilité de la boucler et de laisser faire. De fait, les centrales syndicales la bouclent parfaitement, anesthésiées par des dirigeants qui sont discrédités à diriger le mouvement syndical. En ces temps qui courent, ils doivent avoir honte et se cacher au fond de leurs trous.

Lorsque, muets comme des carpes alors que le Niger va mal, très mal, ces gens attendent de voir ou travaillent sournoisement à l’atomisation du mouvement syndical et associatif, allant, pour certains, jusqu’à infiltrer des espions au sein des groupes actifs, on ne peut que les traiter de tous les noms d’oiseaux. Ce comportement anachronique de ces syndicats et associations qui rament à contre-courant de l’histoire, prenant fait et cause pour un pouvoir liberticide contre des travailleurs qui ne demandent qu’à être payés à la fin du mois, ne peut que susciter des interrogations, voire des doutes qui se muent par la suite en certitudes. Il n’y a pas de fumée sans feu, dit-on. Aussi, pour de nombreux citoyens et observateurs, ces centrales syndicales sont pourries, dirigées par ce que les Français ont appelé durant la seconde guerre mondiale, des "collabos", c'est-à-dire des personnes qui choisissent de monnayer leurs stations en vendant de l’information ou même en sapant le travail de leurs camps naturels. Dans le cas des centrales syndicales et de ces associations qui acquièrent avec facilité véhicules 4X4 et millions à volonté, puisés des caisses de sociétés d’Etat telle que l’ARTP, elles ont manifestement choisi leur parti : la complicité active ou passive avec un pouvoir qui est aux antipodes des attentes et aspirations sociales.

Il est bien vrai que pour beaucoup d’entre eux, il ne s’agit pas d’une nouveauté car ayant trempé pratiquement dans tout ce que le Niger a connu comme mésaventures, misères et malheurs en 25 ans de démocratie multipartiste. Ils sont ainsi, vivant de petitesses et de complots sans fin contre le Niger qu’ils ont régulièrement tiré vers le bas. Ceux-là sont irrécupérables. Pour les autres, ils ont suivi l’air du temps ambiant comme dirait le Pr. Djibo Hamani, succombant ainsi aux sirènes des courants corrupteurs qui ont écumé tout le Niger en puisant à volonté dans les caisses de l’État pour s’acheter le silence ou la complicité de certains milieux.

Qu’on le veuille ou non, ceux qui conduisent la fronde actuelle contre le régime fatigué et usé de Mahamadou Issoufou, ne s’appellent pas Ali Idrissa, Maïkoul Zodi, Issa Garba, Mounkaïla Halidou, Issoufou Arzika, Alio Samna, etc. Ceux qui mènent la lutte pour redonner au mouvement syndical et associatif ses lettres de noblesse, sauver la démocratie en péril et remettre le Niger dans ses droits par rapport aux biens et deniers pillés, s’appellent en réalité le peuple. Un peuple lassé et révolté de devoir travailler pour payer les frivolités de dirigeants dont on peine à trouver le qualificatif adéquat pour traduire leur comportement. Comment appelle-t-on un entêtement à conserver 65 personnes (les 43 membres du gouvernement auxquels il faut ajouter les 22 conseillers-ministres) émargeant sur le budget de l’État en qualité de ministre ? Du mépris royal ! C’est le peuple nigérien, excédé qui a décidé, le 21 décembre dernier, de relever la tête pour arrêter la descente aux enfers et ce serait une grossière erreur de penser lui opposer la violence. Car, la violence ne génère, dans ces genres de situation, que la violence. Vouloir étouffer un mouvement populaire de cette ampleur, droit acquis de par la Constitution du Niger, ne peut être assimilé qu’à un crime. Quant aux centrales syndicales et structures associatives qui apportent aveuglément soutien et concours à ce régime antisocial qui décide de mettre 16 milliards dans la réparation d’un vieil aéronef alors qu’il a cisaillé sans état d’âme dans les secteurs sociaux de base — qu’elles le fassent moyennant de l’argent et/ou du matériel ou pas — elles doivent savoir que l’on ne sort jamais gagnant en jouant contre le peuple. Cela peut prendre du temps, mais les malfaiteurs finissent toujours mal. Et ce n’est pas au Niger que cette règle immuable ne sera pas respectée.

BONKANO.

28 décembre 2016
Source : Canard en Furie

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