vendredi, 21 septembre 2012 21:26

Mme Saadatou Malan Barmou, présidente du Comité technique chargée de la gestion des inondations, et conseillère spéciale du Premier ministre pour les affaires humanitaires et sociales

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Saadatou Malan BarmouMme Saadatou Malan Barmou Madame la présidente, pouvez-vous d’abord nous préciser brièvement le rôle du Comité technique chargée de la gestion des inondations ? Merci à Sahel Dimanche de nous donner la parole. Le Comité technique de prévention, de gestion et de suivi des inondations a pour rôle de faire


‘’A la date du 15 septembre, on a enregistré 88 pertes en vies humaines, 72 396 ménages affectés, totalisant 511 484 personnes’’


régulièrement la situation des personnes sinistrées et  des dégâts occasionnés par les inondations et proposer des réponses appropriées; proposer des mécanismes de mobilisation des ressources pour soutenir les sinistrés des inondations; coordonner les actions de prévention de gestion et de suivi des inondations des acteurs étatiques et non étatiques; apporter l’appui nécessaire au fonctionnement des comités  régionaux, départementaux et communaux de prévention et de gestion des catastrophes; mettre en œuvre les orientations du Comité interministériel de suivi des inondations et l’assister dans ses attributions, et évaluer périodiquement l’état d’avancement des activités de gestion des inondations.
 
Comment se présente, à ce jour, la situation globale des inondations sur l’ensemble du territoire national en termes de dégâts humains et matériels?
 
La situation des inondations se résume comme suit : toutes les 8 régions sont touchées par les inondations avec une très grande ampleur dans les régions de Tillabéry, Dosso et Niamey. A la date du 15 septembre, on a enregistré 88 pertes en vies humaines, 72 396 ménages affectés pour 511 484 personnes affectées. Il faut souligner que la situation évolue. Malheureusement, on a enregistré 3 personnes décédées à Gaya suite à l’effondrement de leurs maisons et une femme emportée par les eaux à Doutchi suite aux précipitations enregistrées dans ces localités du 17 au 18 septembre. Des dégâts importants sont enregistrés sur les infrastructures socio économiques de base et autres biens essentiels à la survie des populations. Il en est ainsi des champs, des rizières, des points d’eau, des écoles, des centres de santé, des routes, des ponts, des digues. A cela s’ajoutent des quantités importantes  de vivres et un grand nombre de têtes de bétails emportés par les eaux.
 
Quel est le bilan concret des interventions en termes d’aide et assistance aux victimes au niveau national, et peut-on dire que les appels lancés par les autorités nigériennes ont eu un écho favorable au niveau de la communauté internationale ?
 
Aux premières heures des inondations, les plus hautes autorités du pays, en l’occurrence le Président de la République et  le Premier ministre, ont été au chevet des sinistrés. A titre d’exemple, on peut noter le fait que le Premier ministre, Chef de gouvernement, a passé la fête de Ramadan dans la région de Dosso, aux côtés des sinistrés.
Les besoins essentiels des sinistrés sont notamment les vivres, les autres produits non alimentaires (les abris, les couvertures, les moustiquaires, les kits ménages, les médicaments) et les besoins  en eau potable …
Grâce à la solidarité nationale et à la coopération internationale, les besoins en vivres sont couverts avec les distributions en cours pour les 45 jours sur les 60 jours préalablement retenus comme temps de prise en charge des sinistrés. Les besoins en produits non alimentaires sont couverts à 80%, et sur ce point spécifique, je voudrai saisir cette opportunité pour remercier les partenaires qui ont pris en charge ce volet.
Concernant l’accès à l’eau, des dispositions sont prises à travers le traitement des points d’eau avec l’Aquatab et la distribution des bidons pour l’approvisionnement en eau potable, ce qui a réduit considérablement les maladies liées à l’eau. Le Ministère de la Santé a également mis en place des postes de santé au niveau des sites et des équipes mobiles pour cerner l’ensemble des problèmes de santé.
Le gouvernement a mis à la disposition des sinistrés 3400 tonnes de céréales et mobilisé une enveloppe de 700 millions de FCFA, pour l’appui au relogement et l’achat d’aliments complémentaires.
 
Certaines informations font état de détournements d’une partie de l’aide au moment de la distribution et autres griefs comme la discrimination dans le partage aux victimes. Qu’en est-il réellement ?
 
Dans toute gestion de crise, des allégations pareilles ne manquent pas, mais ce qui est important à souligner, c’est  que le gouvernement et les partenaires ont mis en place des mécanismes pour assurer la transparence dans la gestion des aides. Les communautés sont pleinement responsabilisées sur la nécessité de la bonne gestion de l’aide. En tout état de  cause, des investigations sont en cours pour vérifier ces allégations. Ceux qui se seraient rendus coupables seront sanctionnés conformément aux textes en vigueur.
Les partenaires humanitaires, les ONG  et autres associations de développement sont non seulement acteurs, mais veillent aussi sur la qualité et l’équité de ciblage et des distributions.
 
Le comité technique, on se rappelle, a proposé des mesures pour venir en aide aux sinistrés, mais également pour prévenir et minimiser les impacts des inondations. Pouvez-vous nous rappeler ces mesures ?
 
Effectivement, des mesures préventives sont préconisées pour éviter ce qui est arrivé cette année. La récurrence de ces inondations et leurs conséquences socio-économiques doivent interpeller tous les Nigériens. C’est pourquoi le gouvernement, à travers le Comité interministériel, a instruit le Comité technique pour identifier les causes des inondations et proposer des réponses. C’est dans cette optique que les départements ministériels ont entrepris des évaluations sectorielles pour vérifier la bonne tenue des ouvrages, les zones inondables, les sites de relogement, les mesures de prévention des épidémies, la sensibilisation des populations pour éviter leur réinstallation dans les zones inondables.
Pour reprendre les termes de SEM. le Président de la République, ‘’désormais l’abondance des pluies ne sera plus synonyme d’inondation’’,  car les quantités d’eau recueillies seront maitrisées et utilisées à bon escient.
Réalisée par Mahaman Bako

21 septembre 2012
Publié le 21 septembre 2012
Source : Sahel Dimanche

 

Dernière modification le vendredi, 21 septembre 2012 22:11

Interview