mardi, 02 octobre 2012 07:09

Interview de M. Mamadou Youba Diallo, ministre en chargde de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

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Mamadou Youba Diallo   M. Mamadou Youba Diallo - Nous sommes à la veille de la rentrée scolaire, pouvez-vous  présenter brièvement la situation au niveau des enseignements moyens et supérieurs (effectifs des élèves dans les CEG et lycées, ceux des étudiants dans les universités et grandes écoles, et les enseignants, etc.)?


‘’Je puis vous assurer que les huit (8) régions ont reçu pour au moins la moitié des besoins de l’année en fournitures’’


 
La rentrée scolaire s’est bien déroulée, comme prévue le 27 septembre 2012. Cette année, les effectifs des élèves au niveau des C.E.S et des lycées qui relèvent du MEMS/RS depuis la restructuration des ministères des Enseignements secondaire et supérieur, de la recherche et de la technologie (MESS/R/T) et de l’Education nationale et de l’alphabétisation (MEN/A) est de 52.184 élèves dont 16.737 filles. Le nombre de nouveaux élèves qui intègrent le cycle moyen est de 18.828, soit une augmentation de 23,06% par rapport à l’année 2011-2012. En ce qui concerne les universités publiques, leurs effectifs sont estimés à quelque 16.342 étudiants.
 
Pour ce qui est des fournitures, je puis vous assurer que les huit (8) régions ont reçu ce qu’il faut pour couvrir au moins la moitié des besoins de l’année. Par ailleurs, le marché a été déjà attribué pour l’acquisition du complément et les livraisons interviendront au plus tard dans ce mois d’octobre. Il faut ajouter à cela, la délégation des crédits pour financer dans les lycées et C.E.S des huit (8) régions du pays, la construction des classes, la réhabilitation des bâtiments et établissements scolaires, la confection des tables bancs et la clôture de certains C.E.S. Aussi, pour satisfaire, les besoins en ressources humaines, nous avons recruté et en masse des enseignants contractuels, nous avons aussi programmé les appelés du service civique national et la tenue de la commission d’affection des enseignants.
 
Avec les inondations, beaucoup de sinistrés se sont retrouvés dans les salles de classe, ce qui vous a amené à  décaler la rentrée. Peut-on dire aujourd’hui que tous les établissements ont été libérés ?
 
A la date d’aujourd’hui, toutes les classes sont libérées. A Niamey, tous les établissements du cycle moyen ont été libérés. Il s’agit notamment des C.E.S Rive droite, Saga, les C.S.P (Complexes scolaires privés) Cheick Anta Diop, et Nordiré. Il en va de même à Zinder. A Tahoua, il y avait seulement deux (2) familles qui n’avaient pas quitté à la date du 22 septembre dernier. A Say (Tillabéri), elles étaient huit (8) familles et quelques familles à Birni (Dosso) à n’avoir pas quitté. Mais des fermes engagements avaient été pris par les autorités locales pour que cela soit fait avant le jour de la rentrée. Ce qui fut fait.
 
Il se pose depuis des années un problème crucial d’insuffisance de classes dans nos établissements, y’a-t-il une amélioration pour cette année qui débute ?
 
En effet, en prévision à l’expansion significative des effectifs, la question des infrastructures pour la rentrée scolaire 2012-2013 a fait l’objet d’une planification à la fois au plan quantitatif et à celui de la carte scolaire. L’objectif poursuivi étant d’éliminer progressivement les classes en paillotes. Au vu du flux des nouveaux élèves en classe de seconde, nous avons un besoin de 195 nouvelles salles de classe cette année. D’ores et déjà, 156 salles (soit 80% des besoins) sont en construction et 161 ont été réhabilitées. Ces réhabilitations qui visent les infrastructures existantes concernent aussi bien les classes que les laboratoires, les blocs administratifs, les murs de clôture et les latrines. Tous ces efforts ont pour objectif l’amélioration de la qualité des enseignements et apprentissages conformément à la Lettre de politique éducative du gouvernement.
 
En plus de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, le Niger compte trois (3) autres universités à l’intérieur du pays, quel bilan tirez-vous après deux (2) ans d’opérationnalité de ces universités ?
 
Ces trois (3) universités (Maradi, Tahoua et Zinder) ont permis de désengorger l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Elles jouissent d’une autonomie de gestion et leur ouverture a permis la floraison de nouvelles filières de formation avec les IUT (Instituts universitaires de technologie) rattachés à ces établissements. Pour la rentrée académique 2012-2013, ces universités totalisent un effectif de 2342 étudiants, soit 15% des effectifs de l’ensemble des universités publiques. Et il faut dire que, depuis l’ouverture de ces universités en région, leurs effectifs n’ont fait qu’augmenter. Ainsi pour l’année académique 2010-2011, l’Université de Maradi comptait 620 étudiants, puis 800 l’année suivante, Tahoua avait 413 en 2010-2011 et 546 l’année suivante alors que Zinder totalisait 679 en 2010-2011 et 696 l’année d’après.
J’aimerais parler à ce niveau de l’enseignement privé pour annoncer la création pour cette année académique de 10 nouveaux établissements privés d’enseignement secondaire général avec l’ouverture de huit (8) filières de formation et la création de huit (8) établissements privés d’enseignement professionnel avec l’ouverture de sept (7) filières de formation.
 
Les jeunes nigériens se plaignent beaucoup de l’insuffisance de l’enveloppe bourse, est-ce qu’il y a eu une amélioration de la situation?
 
L’enveloppe bourse ne fait pourtant qu’augmenter ces dernières années. Et elle suffit pour payer les bourses et accessoires à savoir les indemnités de subsistance, le transport, les frais de formation et la prise en charge médicale. On ne peut pas à proprement parler d’insuffisance de cette enveloppe. A titre illustratif et pour vous donner une idée des efforts consentis par l’Etat sur cet aspect, cette enveloppe était de 5,5 milliards en 2011, elle est passée à 6,1 milliards en 2012 pour atteindre une prévision de 6,5 milliards de francs CFA pour l’année 2013.
 
Le fonctionnement des institutions d’enseignement supérieur occupe presqu’exclusivement le ministère, le volet financement de la recherche semble être à la traine. Pourquoi un tel état de fait ? Sinon que faites vous pour relancer la recherche scientifique ?
 
L’Etat n’a pas négligé cet aspect. C’est pour cette raison qu’un Fonds d’appui à la recherche scientifique et à l’innovation (FARSIT) a été créé. Chaque année, une inscription de 300 millions est faite dans le budget national et au profit de ce fonds pour soutenir la recherche. Et la réflexion se poursuit. Actuellement le ministère s’active pour mettre au point une politique nationale en sciences, technologies et innovation. Aussi une politique de la recherche scientifique séparée de la politique d’enseignement supérieur est en préparation. Par ailleurs, il est envisagé la création d’un Centre national de la recherche scientifique et technique (CNRST). Le projet sera soumis très bientôt pour approbation par les autorités compétentes.
l Entretien réalisé
Par Siradji Sanda
02 octobre 2012
Publié le 1er octobre 2012
Source: Sahel

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Dernière modification le mercredi, 03 octobre 2012 01:53

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