lundi, 01 octobre 2012 00:35

Entretien avec Mme N’gadé Nana Hadiza Noma Kaka, ministre de la Formation Professionnelle et de l’Emploi

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Ngade Nana Mme N’gadé Nana Hadiza Noma Kaka - Mme la ministre, l’année accadémique 2012-2013 vient de démarrer sous de bons auspices. Quel bilan tirez-vous du déroulement de l’année dernière ?
Bonjour et merci pour l’occasion que vous m’offrez de faire le point sur l’année académique 2011-2012. Il convient d’abord de rappeler que l’année scolaire qui vient de s’achever  s’est déroulée dans de bonnes conditions au regard des résultats obtenus aux

différents examens organisés par le Ministère.

« Pour cette rentrée, l’ouverture des filières concerne principalement les lycées professionnels et techniques, dont la création vise d’une part à diversifier les formations et de l’autre à doter chaque région du pays d’un lycée »


 Ces résultats qui traduisent la régularité avec laquelle se sont déroulées les activités pédagogiques dénotent une certaine progression du taux d’admission par rapport aux années antérieures  avec au CAP un taux de 59, 69% contre 52,76% en 2011  et  au BEP un taux  de 58,29% contre 54,99% en 2011. Il est aussi à noter que les examens  organisés cette année ont porté sur  35 filières dont 25 industrielles et 10 tertiaires  et ont pris  en compte la demande des fondateurs des établissements privés relative à l’introduction des nouvelles filières au BEP à savoir Transit-Douane (TD) et Employé de Commerce (EC).

 

Une année s’achève et déjà une autre se prépare, celle 2012-2013. Comment entrevoyez-vous cette rentrée des classes dans les différentes écoles et centres de formation professionnelle ?

En ce qui concerne la rentrée scolaire 2012 - 2013,  il convient de souligner  en termes de dispositif de formation, que  le sous secteur  comptera comme établissements publics et privés de formation placés sous sa tutelle : 83 établissements publics dont 17 de type formel et 65 de type non formel 4  Professionnels (Agadez, Téra, Tahoua et Zinder), 3 Techniques (Maradi, Diffa et Doutchi), le Lycée Professionnel Issa Béri (Niamey); et 83 établissements privés.

Mme la ministre, pensez-vous pouvoir tenir le pari du 1er Octobre quand on sait que de nombreux établissements du pays sont actuellement occupés par les sinistrés des inondations de cette saison pluvieuse?

Au niveau du sous secteur de l’EFPT, la rentrée scolaire 2012-2013 est fixée, si tout se normalise, Incha –Allah au lundi 1er Octobre 2012 sauf pour les deux lycées professionnels nouvellement créés, celui de Tahoua et celui de Zinder, qui seront ouverts en janvier 2013  après que des dispositions nécessaires auront été prises. D’ailleurs, j’ai même prévu le lancement solennel de cette rentrée à Tahoua ; et je mettrai cette occasion à profit (par la grâce d’Allah) pour procéder à l’installation  de cinq  (5) nouvelles  antennes régionales du FAFPCA (Agadez, Dosso, Tillabéry, Maradi et Diffa), en plus de celles de Tahoua et Zinder. De manière générale, les dispositions prises ou qui restent à prendre  portent sur la disponibilité des infrastructures de formation; l’ouverture des filières et l’harmonisation des programmes; le  concours et l’orientation des élèves;  la dotation des établissements en matériels pédagogiques; la mise en place du personnel enseignant et formateur ; et le transport des élèves dans leurs  établissements. Il convient de noter que la rentrée scolaire au niveau des établissements d’EFPT a été programmée le 1er Octobre 2012 pour deux  raisons principales:  les établissements disposant de locaux propres (CFPA de Zinder , CTK, CFPP, Lycée Issa Béri de Niamey et  Lycée Technique de Maradi) ne sont pas occupés par les sinistrés des inondations, et les locaux occupés par les autres centres (les CFPT régionaux)   au sein des établissements de l’enseignement secondaire général ont été libérés avant le 27 Septembre 2012.

Qu’en est- il des filières de formation? Est- ce- qu’il y aura l’ouverture de nouvelles filières de formation dans les écoles professionnelles?

Pour cette rentrée, l’ouverture des filières concerne principalement les lycées professionnels et techniques, dont la création vise d’une part à diversifier les formations et de l’autre à doter chaque région du pays d’un lycée.  Les dispositions prises à cet effet au niveau de chacun des nouveaux lycées professionnels (Tahoua et Zinder) portent sur le démarrage des  activités d’apprentissage avec  l’ouverture de deux filières où les programmes de formation sont disponibles. Il sera ainsi ouvert à Tahoua les filières de  métreur topographe, équipements et installations électriques et à Zinder, les filières froid, climatisation et maintenance industrielle.  Au niveau des lycées technologiques ( Doutchi, Diffa) et  professionnels (Agadez et Téra), il est envisagé de finaliser les programmes de formation en  Techniques pétrolières et   Electronique ; et de développer la recherche documentaire pour l’ouverture  d’autres filières de façon progressive et selon  les possibilités, en associant les Instituts Universitaires de Technologie (IUT).

Mme la ministre, peut- on avoir une idée sur les effectifs des nouveaux apprenants qui vont intégrer les centres de formation professionnelle par concours et sur orientation?

1275 nouveaux apprenants feront leur entrée à l’EFPT. 695 seront issus du concours d’entrée dans les centres dont, 130 élèves  sur  238 candidats  sont retenus pour les  2 CFPT  formant au CAP; et  565 élèves sur  1050 candidats  sont retenus pour les CFPT formant au BEP. 570 viendront des orientations des élèves dans les  lycées dont 120 au Lycée d’enseignement professionnel Issa Béri; et 130 au Lycée Technique Dan Kassawa de Maradi ; 240 aux Lycées professionnels de Téra et Agadez et de  technologiques de Doutchi et Diffa. Au niveau des deux nouveaux lycées (Tahoua et Zinder), 80 élèves (40 pour chacun d’eux).  Il reste que la faible  capacité d’accueil de l’EFPT ne permet pas jusque là de répondre à toutes les demandes d’entrée dans les établissements qui sont pour la plupart dans des locaux d’emprunt sans possibilité d’extension.

La rentrée scolaire rime avec la dotation des établissements en matériels et fournitures, mais aussi en personnel enseignant et en formateurs. Quelles sont les dispositions que votre département ministériel a prises dans ce sens?

A l’issue d’une situation exhaustive établie par les directions en charge des enseignements, des formations et des qualifications relative aux besoins des CFPT, Lycées et CFDC en matériels, fournitures, alimentation, etc., une enveloppe de  trois cent soixante treize millions trois cent quatre vingt quatorze mille  seize  (373 394 016) francs CFA  est  dégagée à cet effet  et   répartie comme suit : 234.947.686F en ouvrages et infrastructures, 51.494.613 F en alimentation habillement et couchage, et 86948717 en fournitures, matériels pédagogiques, matière d’œuvre et manuels scolaires.

Les délégations de crédits sont déjà engagées pour permettre aux régions de prendre à temps les dispositions qui s’imposent. En termes de mise en place du personnel enseignant, il sera procédé au recrutement à la Fonction Publique de 440 enseignants contractuels. Ceci permettra de stabiliser, de fidéliser le personnel et de parvenir à l’extinction du contrat dans le sous secteur d’ici 2015.

En ce qui concerne les décisions d’affectation pour répondre aux besoins (en  enseignants et formateurs)  recueillis au niveau des établissements,  le projet est élaboré et  le texte sera bientôt signé. Quant à la nomination des responsables  administratifs des établissements, des arrêtés les nommant  sont déjà pris.

Mme la ministre, quelles sont les contraintes et les perspectives d’avenir du sous secteur de la formation professionnelle?

Les contraintes sont essentiellement liées  à la faible capacité d’accueil des infrastructures de formation dont la majorité se trouvent dans des locaux d’emprunt sans possibilité d’aménagement d’espaces adéquats pour les travaux pratiques. Les perspectives de développement du sous secteur reposent sur le démarrage des projets et programmes dont notamment le PADEFPT, financé par la BAD, le NIG 017 par la coopération luxembourgeoise, le FOPROR par la Confédération suisse, le VOLIP par la BID, l’IFRI par le Niger, l’AFD et AREVA. Les activités de ces projets et programmes auront un impact significatif sur le bon déroulement de l’année par l’amélioration des différents indicateurs d’accès, de qualité et de pilotage.

Le secteur privé de formation, concerné  par certains des différents appuis sera encadré  pour mieux contribuer à la réalisation d’une formation professionnelle de qualité. Le contrôle pédagogique et administratif sera  renforcé à ce niveau et il sera expérimenté en termes d’appui, la mise à disposition d’enseignants  et  l’orientation des élèves dans ces établissements.

l Propos recueillis par

Oumarou Moussa

03 octobre 2012
Publié le 1er octobre 2012
Source: Sahel

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Dernière modification le mercredi, 03 octobre 2012 01:58

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