samedi, 12 janvier 2013 03:27

Invité : M. Laouali Chaibou, ministre Chargé des Relations avec les Institutions

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Laouali Chaibou  M. Laouali Chaibou - Monsieur le ministre, voulez-vous tout d’abord nous faire la présentation de votre département ministériel, à travers notamment ses missions? Je profite de cette occasion pour remercier votre Journal d’avoir programmé notre département ministériel pour donner des informations relatives aux actions concrètes posées par le régime de la 7ème République sur le plan des institutions.

Pour revenir à votre question, je rappelle que le Ministère chargé  des Relations avec les Institutions a pour mission de suivre  les rapports entre le Gouvernement et les Institutions de la République et veiller au respect et à la bonne application des dispositions régissant les rapports entre le pouvoir exécutif et les différentes Institutions de la République. A ce titre, le Ministère suit les projets de textes soumis à l’Assemblée Nationale, tient informé  le  Premier ministre des réactions suscitées par l’examen de ces projets ; veille à l’application effective des recommandations faites au Gouvernement par les Institutions de la République; conçoit et entreprend toute action susceptible de créer, d’entretenir et de consolider un climat de bonne collaboration entre le gouvernement et les institutions de la République. Ce rôle d’interface entre le gouvernement et les institutions s’exerce en conformité avec le Programme de Renaissance du Président de la République, avec la Déclaration de Politique Générale du Premier ministre, Chef du Gouvernement, du 11 juin 2011 qui prévoit,  entre autres, ‘’de bâtir des institutions démocratiques fortes, crédibles et durables’’. Ces institutions constituent, en quelque sorte, le baromètre en matière de démocratie et d’Etat de Droit.
 

«A la date 31 décembre 2012, toutes les lois organiques et les lois d’application relatives aux institutions sont adoptées, alors que la date butoir est fixée au 30 mars 2013»


Monsieur le ministre, pouvons-nous savoir les activités déjà menées par votre Ministère et le bilan que vous en tirez ?
Il est important de rappeler  que l’article 184 de la Constitution nigérienne dispose que les lois organiques et les autres lois d’application devront être adoptées obligatoirement dans les deux premières années de la première législature. L’Assemblée nationale a été installée le 30 mars 2011, cela veut dire que nous avons jusqu’au 30 mars 2013 pour adopter les différentes lois organiques et les lois d’application. Mais grâce à Dieu, au 31 décembre 2012 déjà, soit trois mois avant la date butoir, tout cela est terminé. Je ne me permets pas de dire que c’est un succès, mais en tout cas une obligation constitutionnelle rigoureusement respectée.
 
Parlez-nous un peu de l’état de mise  en place des institutions.
Le Ministère chargé des Relations avec les Institutions prend une part active dans la mise en place des institutions, l’installation de certaines d’entre elles.
Ainsi, par rapport à la mise en place des institutions, on peut se réjouir du fait que presque toutes les institutions sont fonctionnelles. Il s’agit notamment du Conseil de la République, de l‘Assemblée Nationale, de la Cour des Comptes, de la Haute Cour de Justice, du Conseil Economique Social et Cultuel (CESOC) et du Médiateur de la République.
Il y a aussi les autres institutions, comme la Cour Constitutionnelle, le Conseil Supérieur de la Communication, ainsi que la Commission Nationale des Droits Humains. S’agissant du Conseil d’Etat et de la Cour de Cassation, les textes sont adoptés par l’Assemblée Nationale  les 20 et 21 décembre 2012 et ils sont en instance de promulgation.
 
Comme vous venez de l’évoquer tantôt, votre département ministériel est l’interface entre le Gouvernement et les Institutions de la République. Quelles sont les relations que vous entretenez particulièrement avec l’Assemblée Nationale ?
L’Assemblée Nationale  est la principale institution avec laquelle nous travaillons. Elle exerce le pouvoir législatif dans notre pays, vote la loi, consent l’impôt et contrôle l’action gouvernementale. Elle est la représentation nationale. L’Assemblée Nationale a adopté plus de 116 projets de textes dont 25 de sa propre initiative. En effet, en dépit de nombreux projets de lois que le Gouvernement lui transmet pour adoption, elle a eu le temps de réfléchir à des préoccupations citoyennes, et a initié des propositions de loi qui ont été adoptées. Des questions écrites (5), des questions orales (4) et des questions d’actualité (2) ont été  transmises aux membres du gouvernement sur des questions d’intérêt national. Le gouvernement a aussi répondu à cinq (5) interpellations et a été soumis à une (1) motion de censure par l’opposition.
Je dois, au passage, féliciter les honorables députés pour le travail remarquable qui a été accompli en si peu de temps, et exprimer  toute mon admiration pour le leadership du bureau de l’Assemblée Nationale. L’un des faits qui m’ont marqué  en tant que ministre chargé des Relations avec les Institutions, c’est que  quand il s’agit de textes créant des institutions de la République, l’opposition vote en faveur de ces textes. Je saisis cette occasion  pour réitérer mes remerciements à l’endroit du groupe parlementaire de l’ARN qui fait  très souvent preuve de discernement.
 
Monsieur le ministre, quelles sont, entre autres, les activités menées concernant le renforcement des capacités d’action de votre département ministériel?
 
Pour mieux assurer notre mission, mon départemant ministériel a jugé nécessaire d’entreprendre des actions de renforcement des capacités de ses cadres. Il a été organisé  des séances d’autoformation des agents au sein du Ministère, autour de thématiques telles que l’historique des institutions; les différents types de régimes politiques; les rapports entre les pouvoirs législatif et exécutif dans la Constitution de la VIIème République; le partenariat public-privé; les droits et devoirs des fonctionnaires de l’Etat. Nous avions également organisé des ateliers, en mai 2012 sous les thèmes ‘’Des institutions fortes comme socles d’une bonne gouvernance’’, ‘’La Constitution de la VIIème République: les innovations apportées pour la recherche de la stabilité institutionnelle au Niger’’. Ces formations étaient destinées aux responsables des administrations publiques, aux institutions de l’Etat, aux collectivités territoriales, aux acteurs de la société civile et à la chefferie traditionnelle. Elles ont été centrées sur les différentes dispositions de la Constitution, afin que chacun puisse jouer sa partition. A l’issue de ces ateliers, des recommandations ont été adressées à la fois au gouvernement, à la classe politique et aux autres leaders d’opinion. Le renforcement de capacités, c’est aussi les missions d’échanges d’expériences effectuées dans certains pays de la sous-région, notamment  au Sénégal, au Bénin, au Burkina Faso. Cette initiative a permis à notre ministère d’améliorer ses méthodes d’intervention. En effet, l’instauration d’un climat sain entre les institutions n’est pas un objectif quantifiable, mais il constitue le socle d’une démocratie et d’une bonne gouvernance. Vous savez, les institutions sont le socle de la démocratie. Donc en plus de leur adoption, nous avons essayé de vulgariser ces textes à travers une série de conférences et de séminaires, en les élargissant aux cadres des autres institutions de façon à apporter notre contribution au développement de la culture démocratique.
 
Votre département ministériel édite depuis peu un journal,  ‘’La vie des institutions’’. Parlez-nous un peu de  ce magazine ?
 
Pour mieux faire connaitre au public nigérien les différentes institutions de la 7ème République, le Ministère a effectivement créé, en 2012, un journal trimestriel dénommé ‘’La Vie Des Institutions’’. Cette initiative découle des missions de notre ministère comme indiqué. Notre ambition, c’est aussi de constituer un trait d’union entre les Institutions de l’Etat et le grand public, le monde scolaire, les milieux d’affaires, les autres institutions, les collectivités territoriales, les milieux diplomatiques, les organisations internationales. A cet effet, trois revues ont été éditées sur les quatre prévues.
 
Monsieur le ministre, quelle appréciation faites-vous des actions menées par notre pays dans le cadre de la bonne gouvernance?
Je crois pouvoir dire de façon claire et nette que le Gouvernement de la 7ème République a accompli ce qu’il doit faire au cours de ces deux premières années. Notre pays est bien gouverné. Aujourd’hui, nous savons que la sécheresse ne rime plus avec la famine. Cette conviction du Président de la République est largement partagée par les Nigériens. J’en veux pour preuves toutes les actions hardies et promptes que les autorités ont prises pour juguler la crise alimentaire de 2012 et atténuer les souffrances des populations. A l’analyse du fonctionnement des institutions, je me permets d’affirmer que Son Excellence Monsieur Président de la République, Elhadji Issoufou Mahamadou, dirige le pays avec toutes les qualités d’un bon père de famille. Cette opinion est d’autant vraie qu’aucune personne n’est inquiétée ou arrêtée depuis deux ans pour ses opinions. Par rapport à  cette question, le Président de la République a signé la Déclaration de la Montagne de la Table qui vise à ‘’abolir les lois sur la diffamation et l’injure publique, et à replacer la liberté  de la presse au cœur des discussions’’.  Cela a permis au Niger de réaliser un véritable palmarès en matière de liberté  de presse en se hissant à la 29ème place sur les 179 pays classés, soit une progression de 75 points. La lutte contre la corruption est en train d’être menée avec dextérité et respect de la règle de droit, tout en évitant la chasse à l’homme ou le règlement de comptes. Dans ce domaine, par rapport à l’indice de perception, le Niger a fait un bond de 21 points, même si certains acteurs de la société civile ont tendance à faire croire que les progrès ne sont pas très sensibles. Les spécialistes en la matière savent les efforts que le Gouvernement est en train de déployer pour asseoir une politique de lutte contre la corruption de façon structurelle, un travail qui doit être conçu dans la durée et de façon permanente. Les organisations internationales compétentes en la matière ont salué  à l’unanimité cet effort, cette vision. Les actions du Président de la République se voient dans tous les domaines.
La crédibilité retrouvée de l’Etat est incontestable. A titre d’illustration, au cours de la table-ronde tenue à Paris pour la recherche des appuis complémentaires  pour le financement du PDES, le Niger a obtenu plus d’appuis financiers qu’il n’en a sollicité. Je pense que les actions du gouvernement, en particulier du Président de la République,  ont produit des fruits assez remarquables.
 
Pour ce qui est de la mobilisation des ressources financières par l’Etat et les partenaires au développement, il se pose un problème lié à la faible capacité de l’administration à consommer les  crédits. Est-ce que cela ne va pas entraver certains objectifs visés par le Gouvernement ?
 
Effectivement, l’administration reste toujours tributaire d’une insuffisance qui n’a que trop duré, à savoir la faible capacité à élaborer des projets et à consommer les crédits. En 2013, c’est le principal challenge du gouvernement. Incha Allah, ce défi sera relevé et cette tare endémique sera éradiquée. Le problème de non consommation de crédits trouvera une solution en 2013. Un certain nombre des mesures vont être prises, à  savoir les procédures de passation qui sont déjà en train d’être revisitées; les structures et services compétents seront restructurés et renforcés; les  divisions de passation seront érigées en directions pour plus de professionnalisme et de résultats ; la consommation de crédits est désormais considérée comme un critère majeur de performance à tous les niveaux, il faut que les gens sachent que la non consommation ne sera plus considérée comme une faiblesse structurelle, mais comme une défaillance, voire une obstruction à la réalisation du Programme de Renaissance pour lequel le Président de la République a été élu. Tout sera traité en conséquence.
 
  Votre mot de la fin, Monsieur le ministre…
Que chaque Nigérien se souvienne au quotidien de cette citation du Président de la République,  SEM. Issoufou Mahamadou, qui disait ceci lors du message du nouvel an 2013: ‘’Notre pays est promis à un bel avenir, si nous arrivons à maintenir la paix, à stabiliser et à consolider les institutions démocratiques à travers notamment la promotion de la bonne gouvernance’’.
 
Réalisée par Aïssa Abdoulaye Alfary
12 janvier 2013
Publié le 11 janvier 2013
Source : Sahel Dimanche

 

Dernière modification le samedi, 12 janvier 2013 04:07

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