dimanche, 12 janvier 2014 22:29

Entretien avec Mahamane Hamissou président PJD-Hakika

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Mahamane Hamissou PJD HLe président du Parti pour la Justice et le développement, PJD-Hakika, Mahamane Hamissou Moumouni était il y a quelques jours en mission en France où les partis de gauches africains et européens se sont rencontrés pour débattre de plusieurs questions de l’heure.

Dans l’entretien qui va suivre, il nous rapporte ce sur quoi ont porté leurs réflexions. Aussi, le président du PJDHakika est revenu sur la suite du procès qu’il a remporté contre la décision du ministre de l’intérieur relative à l’interdiction de meeting et marche des partis politiques de l’opposition et la situation politique actuelle de notre pays, notamment sur la dernière sortie du président du PNDS Tarayya, Bazoum Mohamed à Zinder.

 

Monsieur le président, vous revenez d’un voyage en France où les partis de gauche africains et européens se sont réunis. Peut-on savoir sur quoi a porté cette rencontre ?

Je vous remercie de m’offrir cette opportunité pour m’exprimer dans les colonnes de votre journal. Effectivement nous sommes rentrés il y a deux jours de cela d’un voyage qui n’est pas le premier, dans le cadre de nos activités politiques. Vous savez que nous avons des amis politiques tant en Afrique qu’en Europe dans le cadre du regroupement du Front Gauche. Ce regroupement est celui des partis politiques qui sont de la gauche. Pour notre cas, en fait nous avons une certaine spécificité, certes nous nous revendiquons du front gauche, mais nous nous sommes toujours dit que notre politique est basée sur le social. Nous menons un combat de la justice et celui du développement. A Paris, il s’agissait d’une retrouvaille entre camarades sur des questions de l’heure que nous avons eu à évoqué. Nous avons discuté sur des préoccupations d’ordre international surtout qu’aujourd’hui, plus on avance, plus les gens ont des doutes sur les dirigeants qui viennent de la gauche. Parce que vous savez, depuis un certain temps, on assiste à l’accession au pouvoir des partis de gauche. Malheureusement ils sont en train de décevoir, les peuples qui les ont élus. Par exemple nous avons évoqué le cas de la Guinée et celui du Niger et partout au monde où les partis de gauche sont au pouvoir et qui ont une pratique pire que celle des partis de la droite à travers un certain nombre de comportements. Et vous savez, nous n’avons pas hésité à dénoncer la politique actuelle menée par le président Issoufou Mahamadou. Nous avons profité de ce voyage pour informer l’opinion internationale du comportement et de la gestion chaotique en cours dans notre pays. Voilà en gros ce sur quoi nous avons eu à discuter.

Monsieur le président, on sait que tout dernièrement vous aviez remporté une victoire en justice contre le ministre l’Intérieur qui, à travers un message radio destiné à tous les gouverneurs de notre pays, interdisait aux partis politiques de l’opposition les marches et meetings. Cette affaire est-elle terminée ou doit-on s’attendre à une suite ?

D’ailleurs cette affaire a été évoquée à cette rencontre de Paris. Effectivement nous avons eu à faire un référé contre le ministre de l’Intérieur à propos de son message radio adressé aux gouverneurs pour interdire les manifestations de l’opposition politique. Nous avons remporté une victoire,il nous reste la guerre parce que nous avons décidé d’aller dans le fond parce que nous sommes victimes de ce message radio qui nous a causé des préjudices et nous demanderons vis-à-vis de l’Etat, des dommages et intérêts. Dans le fond, nous allons démontrer devant la cour, les actes graves du ministre de l’intérieur qui viole la constitution. Est-ce que une telle personne mérite à siéger dans le gouvernement ? Il faut bien qu’il tire les conséquences de ses actes. C’est cette bataille que nous allons mener puisqu’il s’agit pour nous d’aller jusqu’au bout du fait qu’il a violé la constitution, mais aussi l’Etat doit nous mettre dans nos droits pour le préjudice subi.

Enfin, monsieur le président du PJDHakika, la situation politique est aujourd’hui on ne peut plus délétère, notamment avec la sortie médiatique du président du PNDS-Tarraya, Mohamed Bazoum à Zinder. Quelle lecture faites vous des propos qu’il a tenus ?

Effectivement à mon retour, j’ai trouvé un certain nombre d’acteurs politiques en train de prendre la parole pour exprimer des propos dangereux .Parce que j’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le ministre et président du PNDS Tarayya Bazoum Mohamed, tenir des propos graves, vis-à-vis d’un leader politique, M Hama Amadou. En fait, il croit que cette recette paie. Aujourd’hui, tout le monde sait que Hama Amadou n’est pas un ethnocentrique, car vous vous souveniez lorsqu’il était question de choisir entre Seini Oumarou et Issoufou Mahamadou au 2ème tour des élections qui ont vu le sacre de Issoufou Mahamadou, il n’a pas hésité à épauler ce dernier. Pourtant, il est de la même communauté que Seini Oumarou. Donc il faut que les gens arrêtent. Mieux quand vous prenez les grands leaders politiques, notamment Mahamane Ousmane, Seini Oumarou, Hama Amadou, tous ils maîtrisent le haoussa et le zarma. C’est cela un leader politique. Mais lui Bazoum, est-ce qu’il peut parler le zarma ? En tout cas je ne l’ai jamais entendu parler cette langue. Donc il faut que les gens arrêtent de jouer ce jeu inutile et dangereux qui ne les honore pas. Tout le monde sait que dans ce pays, les uns et les autres sont liés par le mariage à telle enseigne qu’on ne peut pas parler de problème ethnique au Niger. Nous cherchons à construire une nation, peut importe d’où vous venez. Cette arme est celle des faibles. La réalité est qu’ils sont aujourd’hui aux affaires, ils n’ont plus d’idées si ce n’est ce côté ethno régionaliste qui malheureusement ne peut en aucun cas marcher. Cette recette ne marchera pas.

Propos recueillis par A.D  

 

12 janvier 2014
Pubié le 08 janvier 2014
Source : Le Monde d'Aujourd'hui

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Dernière modification le dimanche, 12 janvier 2014 23:06

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