vendredi, 17 janvier 2014 00:36

Invité : M. Abdourahamane Ousmane, président du CSC et président en exercice du RIARC

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Abdourahamane Ousmane CSC RIARCM. Abdourahamane Ousmane, président du CSC et président en exercice du RIARC - M. le Président, le Niger a accueilli, du 10 au 12 décembre 2013, les travaux de la 7ème Conférence des Instances de Régulation de la Communication d’Afrique (CIRCAF). Quel est le sentiment qui vous anime après la tenue, dans de bonnes conditions, de cet événement ?

 

‘’Pour être au rendez-vous de 2015, les Etats africains doivent créer la synergie entre tous les acteurs et conjuguer leurs efforts au sein des organisations régionales’’M. Abdourahamane Ousmane, président du CSC et président en exercice du RIARC


Je voudrais tout d’abord remercier l’ONEP, pour l’opportunité qu’il m’offre de partager avec les lecteurs de Sahel Dimanche, les principales conclusions de la 7ème CIRCAF. Cette conférence a regroupé dix-huit (18) instances de régulation des médias et de la communication, membres du Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC). Elle a également enregistré la participation de trois institutions internationales et régionales, à savoir l’Union Internationale des Télécommunications, à travers son bureau chargé des radiocommunications basé à Genève en Suisse; l’Union Africaine des Télécommunications à travers son secrétariat général basé à Nairobi au Kenya; et une délégation de l’Organisation des Professionnels de la Télévision Africaine (OPTA), dont le siège est basé à Ouagadougou au Burkina Faso.
Il faut aussi noter la présence à la 7ème  CIRCAF de plusieurs opérateurs de télévision numérique terrestre et de satellite. Au total, ce sont quatre-vingt-treize (93) participants, issus de vingt-quatre pays (24) pays, qui se sont donné rendez-vous à Niamey, pour échanger sur la problématique de la transition vers le numérique.
En tant que président du comité d’organisation de cet événement, je ne peux que me réjouir de cette forte mobilisation des instances africaines de régulation des médias et de la communication. Je me réjouis également de l’intérêt que notre conférence a suscité auprès des institutions régionales, internationales et des différents opérateurs.
De l’avis général des participants, la 7ème CIRCAF a été l’une des mieux organisées. A travers d’une part, les commodités et les facilités mises à la disposition des participants depuis leur arrivée jusqu’à leur retour; et d’autre part, à travers la qualité des documents de travail.
Après avoir réuni un tel panel de hautes personnalités, dans de très bonnes conditions, je ne peux qu’exprimer ma satisfaction et témoigner toute ma gratitude envers les plus hautes autorités du Niger, en premier lieu, le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Issoufou Mahamadou, et le Premier ministre, Chef de gouvernement, SEM Brigi Rafini, pour les soutiens qu’ils ont apportés au Conseil Supérieur de la Communication dans le cadre des préparatifs de la 7ème CIRCAF.

Quelles sont les principales conclusions auxquelles vous êtes parvenus, à l’issue des travaux de cette 7ème  CIRCAF ?
Il faut d’abord situer la CIRCAF dans le contexte même du RIARC. La Conférence est l’instance suprême de notre réseau. A ce titre, elle a pour attribution de connaître toutes les questions liées aux objectifs et aux moyens d’action du RIARC.
Au cours des assises de Niamey, nous avons examiné et adopté le rapport d’exécution du plan d’actions 2012-2013, qui a été mis en œuvre par la présidence tanzanienne. Il ressort de cet examen que la plupart des actions qui ont été inscrites dans ce plan d’actions ont effectivement été réalisées. Nous avons aussi adopté le rapport moral et financier du secrétariat exécutif de notre réseau, qui est assuré par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de  la Communication  du Bénin (HAAC).
L’autre moment fort de la 7ème CIRCAF a été l’examen et l’adoption du plan d’action 2014-2015 que le CSC du Niger a soumis à la conférence. C’est un plan assez ambitieux, articulé autour de cinq axes thématiques, à savoir : la transition vers le numérique, le cadre juridique et institutionnel, la régulation des médias en période électorale, l’égalité hommes- femmes dans les médias et le partenariat et le réseautage.
Pour mettre en œuvre ce plan d’actions, quinze (15) activités ont été proposées par le CSC. Notre surprise fut agréable de constater que plusieurs pays se sont volontairement manifestés pour organiser ou prendre en charge certaines activités. Ce qui a permis à la conférence d’adopter le plan d’actions dans son intégralité.
Enfin, l’une des principales décisions que la 7ème CIRCAF a prises a été de confier la présidence du RIARC au CSC du Niger, pour le prochain mandat. Le Ghana a été élu à la vice présidence du réseau. C’est donc ce binôme qui va conduire les destinées du RIARC au cours des deux prochaines années.

La transition vers le numérique est un défi de taille pour les pays africains. Quel est le rôle que les Etats et leurs partenaires doivent jouer pour que cette transition se passe bien ?
La transition vers le numérique est une décision prise par les Etats, dans le cadre de l’Union Internationale des Télécommunications. C’est l’Accord de Genève, adopté le 16 juin 2006, qui a fixé au 17 juin 2015, la date limite de la migration vers la télévision numérique terrestre; et au 17 juin 2020, la migration vers la radio numérique terrestre.
Les Etats se sont engagés dans cette voie pour un certain nombre de raisons qui seraient longues à énumérer ici.  C’est pourquoi la migration vers le numérique est d’abord une affaire des Etats, avant d’être celle des opérateurs. De ce fait, il appartient à chaque pays, en fonction de ses moyens et de ses réalités, d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie nationale de transition vers le numérique.
Au stade de nos échanges à la 7ème CIRCAF, il ressort que deux pays africains seulement ont achevé leur transition vers la télévision numérique terrestre. Il s’agit de la Tanzanie et de l’Ile Maurice. Un des objectifs assignés à la conférence de Niamey est de partager les expériences entre les pays africains, afin qu’ils s’enrichissent mutuellement pour accélérer le processus de transition vers le numérique.
Les instances de régulation, en tant qu’institutions des Etats, doivent apporter leurs contributions dans le cadre de la mise en œuvre des stratégies nationales, en  accompagnant notamment toutes les réformes juridiques et institutionnelles qui sont nécessairement induites par l’avènement de la télévision numérique terrestre.
Pour être au rendez-vous de 2015, dans de bonnes conditions, les Etats africains doivent créer la synergie nécessaire entre tous les acteurs impliqués dans le processus de la transition vers le numérique et conjuguer leurs efforts au sein des organisations régionales.
Oumarou Moussa

 

17 janvier 2014
Pubié le 17 janvier 2014
Source : http://lesahel.org/

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Dernière modification le vendredi, 17 janvier 2014 07:16

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