vendredi, 14 février 2014 12:31

Entretien avec l’ambassadeur Raul Mateus Paula, Chef de la Délégation de l’Union Européenne au Niger

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Ambas EU NigerExcellence Monsieur l’ambassadeur, le gouvernement vient de présenter aux PTF le train des mesures qu’il a envisagées pour faire face au déficit céréalier et fourrager enregistré cette année encore dans notre pays;  quelle réaction vous suscitent ces mesures ?

‘’La sécurité alimentaire demeure pour nous un axe majeur et je suis sorti extrêmement optimiste sur la volonté politique’’

Effectivement, SEM le Premier ministre nous conviés à une réunion hier, sur la sécurité alimentaire. Et au cours de cette rencontre, le Haut Commissaire à l’Initiative 3N a fait le point de la situation; il a informé les partenaires sur les stratégies et les besoins en matière de sécurité alimentaire. Comme vous le savez, l’Union Européenne est un partenaire majeur du Niger dans ce domaine. Elle a fortement contribué à l’accompagnement du gouvernement nigérien, plus particulièrement l’année passée, avec le déboursement d’une somme importante, environ 30 millions d’Euros, pour l’aider à reconstituer le stock de sécurité alimentaire. Cette année, nous avons déjà engagé un dialogue sectoriel pour poursuivre nos efforts. Par ailleurs, je tiens à préciser que l’Union Européenne est le chef de file des partenaires, elle a donc été le porte-parole des partenaires pour donner un message assez clair et consensuel.

Et quel est ce message, Excellence Monsieur l’ambassadeur ?

Ce message se résume au fait que nous sommes tout à fait ouverts et heureux de continuer à accompagner le gouvernement, de l’aider dans ses efforts, mais avec un accent particulier sur l’importance d’améliorer l’efficacité de l’aide en se concentrant sur les personnes les plus vulnérables. Vous le savez, et la crise financière est malheureusement là pour nous le rappeler, il y a, ces dernières années, une réduction de l’aide alimentaire, même si nos efforts sont importants et se poursuivent. Il faut donc tenir compte de cette donne, et nous serons là pour accompagner les efforts du gouvernement.

Le 2ème  volet du message était l’importance de poursuivre les réformes, notamment au niveau institutionnel. Nous avons eu des discussions, et il y a eu des progrès. Et l’un des points importants, c’est le lien entre le Dispositif National de Prévention et de Gestion des Catastrophes et Crises Alimentaires et l’Office des Produits Vivriers du Niger. Je crois qu’il est fondamental de mettre en place des mécanismes clairs et transparents, et c’est sur ces volets que nous devons poursuivre nos réflexions. J’étais très assuré du message très clair de SE le Premier ministre et de son gouvernement. A cet égard, nous allons poursuivre nos discussions de sorte qu’on puisse débourser les montants à venir.

Dans ce genre de situation d’urgence, le souci du gouvernement est de disposer rapidement des fonds pour l’exécution de son plan de réponse. Est-il possible, Monsieur l’ambassadeur, de débloquer ces fonds dans des délais raisonnables ?
Il est tout à fait possible, puisque les réformes et le dialogue ont été engagés depuis un certain temps, et je pense qu’il y a eu des progrès réels. Le point sur lequel, il faut faire des efforts, c’est sur cette transparence entre l’OPVN et le dispositif national. Et même à ce niveau-là, j’ai cru comprendre, et je suis sorti extrêmement optimiste sur la volonté politique. Il reste évidemment à traduire cela en termes réels et à poursuivre les contacts.

L’Union Européenne accompagne déjà le gouvernement dans des programmes ‘’réguliers’’. Cette dernière sollicitation au profit du plan d’urgence ne va-t-elle pas influer sur vos efforts dans les autres domaines?
Nous engageons actuellement,  avec le gouvernement du Niger, la programmation dans le cadre du 11ème FED. Nous en sommes, déjà, dans un processus très avancé. Nous sommes très heureux, encore en dépit de la crise financière que connaissent nos pays de l’Union Européenne, qu’on ait réussi à avoir un montant assez substantiel, donc avec une augmentation. Et vous savez que la sécurité alimentaire demeure pour nous un axe majeur. Mais, il faut dire qu’à côté de cela, il y a d’autres secteurs comme la sécurité. L’Union Européenne intervient beaucoup dans le domaine de la sécurité, mais aussi dans l’éducation, la santé et les infrastructures. Pas plus tard qu’aujourd‘hui, j’ai eu l’occasion de rencontrer SE le Président de la République pour discuter notamment des questions d’infrastructures. Mais, le plus important, c’est qu’il faut que ces aides se traduisent par une dynamique de réformes structurelles.
Siradji Sanda

 

14 février 2014
Publié le 14 février 2014
Source : http://www.lesahel.org

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Dernière modification le lundi, 17 février 2014 11:45

Interview