vendredi, 18 juillet 2014 05:06

Interview : M. Mohamed Bazoum, ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur

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Mohamed Bazoum InterviewMonsieur le ministre d’Etat, notre pays accueille, ce vendredi, le Président de la République française qui effectue une visite d’Etat à Niamey. Quel sens faut-il  donner à  cette visite du Président Hollande au Niger ?


C’est une visite qui entre dans le cadre de la relation de grande qualité qui existe entre la France et le Niger d’une part, mais aussi entre le Président François Hollande et le Président Mahamadou Issoufou d’autre part. C’est quelque chose de très ordinaire en ce sens que nous avons beaucoup d’intérêts communs et les visites sont un moyen de conforter ces intérêts. Mais au-delà de cet aspect ordinaire, cette visite a un cachet particulier en ce qu’elle traduit le soutien que le Président Hollande veut apporter à la politique mise en œuvre par le Président Mahamadou Issoufou. C’est sa façon à lui de témoigner au Président Issoufou son appréciation quant au travail qu’il est en train d’accomplir au Niger. Un pays comme le nôtre est toujours flatté lorsqu’il accueille un ami comme le Président de la France.  

«Cette visite a un cachet particulier, en ce qu’elle traduit le soutien que le Président Hollande veut apporter à la politique mise en œuvre par le Président Mahamadou Issoufou»


 
Comment se présente la coopération bilatérale entre la France et notre pays ?
C’est une coopération dense qui s’inscrit dans le cadre des priorités que nous avons définies à travers le PDES. Elle est relativement dense par son volume, parce que le document cadre de partenariat (DCP 2013-2016) que nous avons signé au mois de mars 2013, le ministre Fabius et moi, prévoit une enveloppe de l’ordre de 280 millions d’euros au titre de la coopération  entre le Niger et la France pour ces quatre années.


Quels sont les domaines d’intervention de cette coopération et ses impacts?
Cinq secteurs sont concernés. Le premier secteur est celui du développement durable qui concerne l’eau, l’assainissement, en particulier ici à Niamey, un projet hydraulique dans la région de Tillabéry, un projet assainissement dans la ville de Niamey, un projet dans le secteur de l’environnement dans la région de Tahoua, etc., d’une enveloppe qui se situe entre 85 millions et 105 millions d’euros. Le deuxième secteur, c’est celui du développement humain pour lequel la France consacre une enveloppe d’une valeur comprise entre 29 millions et 47 millions d’euros. Ça concerne l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, la recherche, la formation professionnelle et la santé. Nous avons les secteurs de la stabilité et de la sécurité pour lesquels, là également, la France consent des ressources qui se chiffrent à environ une vingtaine de millions d’euros. 


Nous avons aussi le secteur de la sécurité alimentaire auquel est consacrée une enveloppe de l’ordre de 40 millions d’euros, en plus des différents engagements de l’AFD dans le cadre de l’exécution du barrage de Kandadji dans ses composantes électricité, agriculture et même dédommagement des populations qui seront déplacées lorsque le projet prendra forme. Et enfin, le dernier secteur, c’est celui de la culture pour lequel la France consacre une enveloppe d’environ 5 millions d’euros. Comme vous le voyez, lorsque vous considérez la sécurité tout court, la sécurité alimentaire, l’énergie, l’eau, la santé, l’éducation, l’enseignement supérieur, la recherche, c’est une très large palette de secteurs, expressions de nos besoins, qui est concernée par la coopération de la France, et à ce titre, la France intervient en soutien à la politique telle que l’Etat du Niger en a défini les priorités.   

        
L’arrivée aujourd’hui du Président français sur le sol nigérien est perçue comme un raffermissement des liens qui unissent nos deux Nations. Au plan diplomatique, quelles seront les retombées attendues de cette visite ?
La première des retombées, c’est qu’il y aura de nombreux médias français et d’ailleurs qui seront présents au Niger et qui feront parler du Niger en France et ailleurs. C’est déjà une grande retombée. Nous devenons un peu un centre d’intérêt de l’actualité franco-africaine. C’est quelque chose d’important. L’autre retombée, c’est que le Président Hollande constatera de visu les progrès du Niger, mais aussi les besoins de ce pays, et il sera plus sensible aux plaidoyers que le Président Issoufou pourrait faire tant en ce qui concerne ce que nous attendons  de la France que les choses que nous attendons de la communauté internationale.    

Dans l’agenda de la visite du Chef d’Etat français, quels seront les différents axes qu’il aura à développer avec son homologue nigérien ?   
Le Président Issoufou et le Président Hollande auront une discussion très pointue sur les questions de sécurité en rapport avec ce qui se passe dans la zone sahélo-saharienne. Et cette visite va  être l’occasion pour le Président Hollande de prendre davantage conscience des défis auxquels un pays comme le Niger est confronté en la matière, et je suis convaincu qu’à travers sa personne, nous aurons un bon avocat auprès de la communauté internationale. La France est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, la France est membre du G8,  du G20. Donc à l’occasion de toutes les réunions qui peuvent avoir lieu dans le cadre de ces instances, un Président français sensibilisé sur les problèmes du Niger, et du Sahel de façon générale, fera un travail qui va, j’en suis sûr, donner de bons résultats dans le sens de la prise en compte de nos préoccupations.

Mamane Sani Moctar Abandé

18 juillet 2014
publié le 18 juillet 2014
Source : Le Sahel
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