vendredi, 12 septembre 2014 04:01

Entretien avec le ministre d’Etat à la Présidence de la République, M. Albadé Abouba, président du Comité interministériel chargé de l’organisation de la fête du 18 décembre

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Albade Abouba 18 12 DossoMonsieur le ministre d’Etat, depuis le lancement de « Dosso Sogha », le Comité interministériel est à pied d’œuvre pour suivre les préparatifs de l’événement. Quelle démarche avez-vous adoptée pour mobiliser les populations autour de l’organisation de la fête du 18 décembre prochain ?

 

 

«Dosso sera Sogha comme l’a souhaité SEM le Président de la République, et nous ne souhaitons pas décevoir sa volonté et ses engagements»



Merci pour l’opportunité supplémentaire que vous m’offrez pour parler une fois de plus de ce vaste projet « Dosso Sogha» initié par le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Issoufou Mahamadou dans le cadre de la commémoration de la fête tournante du 18 décembre. Vous savez qu’en janvier dernier, lorsque le Conseil des ministres avait décidé, sous l’impulsion du Chef de l’Etat, d’organiser ces festivités à Dosso, il a été mis en place un Comité interministériel chargé de préparer et d’organiser ces festivités. Et depuis  lors, ce Comité est à pied d’œuvre. Le lancement des travaux a été fait sous l’autorité de SEM Brigi Rafini, Premier ministre, Chef du gouvernement, le 31 mai 2014. A cette occasion déjà, le Président de la République et le Premier ministre ont lancé un appel à l’endroit de l’ensemble de la population de la région de Dosso d’une part,  pour s’approprier ce projet, et d’autre part à l’adresse de l’ensemble de la population nigérienne pour faire de la célébration du 18 décembre véritablement, une fête nationale qui renforcera davantage notre cohésion nationale, notre unité, et le brassage de notre jeunesse à l’occasion de toutes les festivités subséquentes à cette manifestation.


Pour répondre à cette question, la démarche, pour nous, consistait à mettre en œuvre la volonté exprimée par le Président de la République et le Premier ministre. C’est-à-dire, porter d’abord l’information aux populations concernées, prioritairement celles de la ville de Dosso, et de la région de Dosso dans son ensemble, ensuite à l’ensemble des Nigériens. Dans une seconde étape, il y a la sensibilisation pour que les populations s’approprient tout ce qui a été programmé et qui doit être exécuté en leur faveur. A ce niveau, nous avons effectué un certain nombre de missions de prospection, d’abord pour évaluer les besoins qui sont de deux catégories principalement. Il y avait des réhabilitations d’infrastructures, et des travaux neufs. C’est donc un projet très dynamique. Pour nous conformer à la volonté du Président de la République qui ne veut pas et qui ne souhaite pas un travail au rabais, nous avons essayé à chaque fois de recueillir les avis et les observations des uns et des autres tant au niveau des populations, qu’au niveau des autorités coutumières et régionales, afin de nous donner leurs observations pour apporter les mesures correctives éventuelles. C’est ainsi que nous avions retenu un certain nombre d’infrastructures à réhabiliter ou à réaliser. Et ces infrastructures elles-mêmes peuvent être classées en trois catégories. Vous avez des infrastructures administratives, des infrastructures socio éducatives,  et  des travaux de voiries et toutes les activités connexes d’assainissement et de salubrité. Je vous fais grâce des commissions qui ont des charges de fonctionnement. C’est ensemble avec les populations de Dosso, les  autorités régionales, communales, et coutumières, que nous avons monté nos stratégies d’exécution de ce projet que le Président de la République a  voulu exemplaire, et nous nous y attelons. Naturellement, il y a chaque fois des corrections qu’il faut apporter, et compte tenu des délais d’exécution de ce projet, il était évident que nous allions être confrontés à des contraintes et à des défis que nous nous efforçons de relever afin de répondre aux attentes non seulement du Président de la République qui nous a fait la confiance de nous charger de cette mission, mais également des populations de Dosso et de l’ensemble des populations nigériennes. Le plus important, c’est de réaliser des infrastructures de qualité, des infrastructures durables. Nous n’avons pas voulu travailler dans la précipitation. Nous avons voulu exécuter un programme dans l’urgence, mais avec toutes les qualités et toutes les garanties requises. Et c’est pour cela que nous avons opté ensemble avec les autres membres du comité, du choix d’un certain nombre de bureaux d’études qui nous assistent dans le suivi et l’exécution de toutes les infrastructures à réaliser ou à réhabiliter. Nous avons également pris la précaution de désigner un bureau d’études qui a pour mission de superviser les activités des autres bureaux d’études qui suivent ces entreprises, et de nous donner périodiquement une évaluation du taux d’exécution des travaux, en plus des visites périodiques que nous effectuons nous-mêmes en tant que membres du Comité pour apprécier l’état d’avancement des différents chantiers.  Voila la démarche que nous avons adoptée au sein du Comité, et je pense qu’elle a porté ses fruits.


Quelles sont les infrastructures qui sont prévues dans le cadre de Dosso Sogha, et quelle est votre appréciation du travail qui est en train d’être exécuté sur le terrain ?
En ce qui concerne la nature des infrastructures à réaliser, je  pense que je l’avais suffisamment développé en d’autres temps. Nous avons d’abord la cité du 18 décembre. C’est une cité de 100 villas. Ces villas sont décomposées en trois catégories : une trentaine de villas F4 VIP, ce sont des villas à deux niveaux ; une dizaine de villas F4 simples ; et 60 villas F3. A l’heure où nous parlons, la plupart de ces villas sont au stade de finition. Nous  avons ensuite un hippodrome à construire ; il est en cours d’exécution et sera bientôt achevé. A l’intérieur de cet hippodrome, nous avons prévu un forage et un château d’eau équipé d’un groupe électrogène afin de le rendre autonome ; car l’hippodrome est en dehors de la ville et en plus il est retenu pour accueillir la fantasia lors des festivités du 18 décembre. Nous avons une nouvelle tribune à construire en lieu et place de l’ancienne que nous avons démolie, afin d’accueillir le maximum d’invités lors du grand défilé qui aura lieu le 18 décembre. Au niveau des casernes, dans l’enceinte du 72ème BIA des FAN, nous avons une cinquantaine de nouveaux bâtiments en cours de construction. A l’intérieur de la Gendarmerie, nous avons une dizaine de bâtiments en construction. La caserne des Sapeurs pompiers est à construire intégralement, avec un forage équipé. La caserne de la Garde Nationale est aussi en construction, avec le fonçage d’un forage et ses équipements. La compagnie nationale  de sécurité de la Police Nationale est aussi à réaliser ; de même que la Direction régionale de la Police. Nous avons aussi l’hôtel de ville de Dosso à construire.  Toujours dans le cadre des travaux neufs, nous avons des monuments et des portiques à construire sur les trois entrées : route Niamey, route Gaya et route Doutchi. Nous avons l’éclairage public sur un réseau de 317 poteaux solaires à répartir sur l’ensemble de la ville, le réseau des latrines, les travaux d’assainissement à travers 5000 mètres linéaires de caniveaux, la voirie à l’intérieur de la cité du 18 décembre et du camp d’Agali, l’extension du réseau d’adduction d’eau et l’extension du réseau électrique de la Nigelec sur l’ensemble des quartiers et surtout en faveur des principales infrastructures d’accueil ; le bitumage (15 km de route)  et le pavage des rues ; le ravalement des façades de tous les bâtiments administratifs pour les rendre plus visibles. Au niveau de l’arène des jeux, nous avons décidé de rajouter un centre omnisports qui va accueillir toutes les disciplines sportives et permettre aux jeunes de s’entrainer en arts martiaux (judo, karaté, taekwondo, etc.) et un gymnase.  A l’intérieur de l’ORTN, au-delà de la réhabilitation des anciens bâtiments, nous avons réalisé un centre de presse, plus une case de passage. 


En dehors des travaux neufs, il y a les réhabilitations. En parlant de réhabilitation, il faut entendre l’extension et la réhabilitation des bâtiments existants. Les extensions sont généralement des travaux neufs ; mais nous avons voulu les intégrer dans les réhabilitations. Il y a une partie de la voirie qui est à réhabiliter, en dehors du réseau neuf de 15 kilomètres. Nous avons  la Maison de la culture dont les capacités sont passées de 1500 à 2800 places. Nous avons le stade régional qu’il faut mettre aux normes de la CAF. Nous avons élargi les gradins sur les deux côtés et nous avons ajouté une tribune symétrique à l’ancienne, une piste d’athlétisme,   un restaurant, un forage réhabilité,  et un réseau d’assainissement tout autour de la pelouse pour éviter les flaques d’eau autour de ce joyau. Au niveau de l’arène, il y aura trois tribunes, l’ancienne tribune couverte, la tribune qui lui fait face, et au centre des deux, nous sommes en train de construire une nouvelle tribune. Toutes les trois tribunes seront intégralement couvertes pour mettre le public à l’abri des intempéries. Il y a ensuite la case de passage présidentielle qui est en cours de réhabilitation avec des nouveaux duplex, avec toutes les commodités, autant pour le Président de la République que pour sa suite, avec des aménagements intérieurs et au niveau de la cour.  Nous avons la résidence et les bureaux du gouverneur, les sites d’hébergement (les villas des collectivités, les lycées, l’Ecole Normale, et certaines écoles primaires), le Palais du Sultan de Dosso ; nous avons aussi intégré le Palais du Chef de canton de Birni. Le projet Dosso Sogha doit concerner toute la région ; et compte tenu de la valeur historique de ces infrastructures, il faut leur donner un visage plus esthétique pour que tout celui qui vient trouve nos chefs dans un environnement digne de leur rang. Il ya ensuite la grande mosquée de Dosso ; le musée régional ; les jardins publics et tous les espaces verts de la ville ; l’ORTN ; l’hôpital et toutes les formations sanitaires de la ville de Dosso ; le terrain rouge mitoyen à la tribune ; le marché central de Dosso ; la mare Sofakolley ; le Palais de justice de Dosso. Il y a aussi un certain nombre d’infrastructures qui n’étaient pas programmées initialement. C’est le cas du mur de l’arène, ou du mur de la maison de la culture qui était en train de s’effondrer. Il en est de même pour le mur de la maternité qui longe l’axe du défilé. Nous ne voulons pas réhabiliter une infrastructure pour la laisser avec des murs défectueux. J’ai ordonné la reprise de ces murs. Tout ce qui est précaire, et qui avait été retenu en termes de réhabilitation, il faut le reprendre, afin qu’on fasse un investissement sérieux et digne des attentes des populations de Dosso d’une part, mais surtout du Président de la République. Cette liste n’est pas exhaustive. Mais cela vous donne une idée de l’ampleur de la tâche. Je pense qu’avec l’aide de Dieu, et avec  la volonté de chacun des membres du Comité, des entreprises, des autorités régionales, nous atteindrons les résultats attendus par tous. Bientôt les commissions vont démarrer leurs  activités.  Ce sont ces commissions qui vont  préparer véritablement les festivités ; mais pour bien faire les festivités il faut disposer des infrastructures d’accueil nécessaires.
En dehors des infrastructures, l’événement connaitra une autre innovation : c’est la tenue d’un colloque international, en marge des festivités, sur les interrelations entre les principautés de la région et Birnin Kebbi, au Nigeria. Ce colloque sera animé avec la contribution des universités de Niamey, Kano, Sokoto et Kebbi.


M. le ministre d’Etat, vu l’état d’avancement des travaux, est-ce que les délais seront respectés ?
On m’a souvent posé cette question. Je vais vous rassurer : l’ensemble des infrastructures prévues pour accueillir les festivités du 18 décembre 2014, à Dosso, seront, Incha Allah, achevées à terme. Je vous disais tantôt que ce projet a été initié en janvier dernier ; le comité a été mis en place en février ; les travaux ont été lancés le 31 mai 2014. Entre le mois de mai et aujourd’hui, nous sommes à trois mois d’exécution. Il y a des travaux qui, en temps normal, auraient nécessité plus de temps. Mais je vous assure que durant ce laps de temps là, et en dépit de toutes les difficultés, les entreprises que nous avions retenues nous ont fait la démonstration non seulement de leur engagement, de leur nationalisme, mais surtout de leur volontarisme pour exécuter ces travaux dans les délais. Au 31 octobre prochain, Incha-Allah, je vous promets que plus de 90% de ces chantiers seront achevés. Il y aura peut être quelques bâtiments qui vont demander un peu plus de temps parce qu’ils ont été décidés un peu plus tard. Mais dans l’ensemble, au 18 décembre prochain, l’intégralité de toutes les infrastructures prévues sera achevée. C’est notre souhait, et c’est également l’engagement qu’ont pris l’ensemble des entreprises et des bureaux d’études qui les suivent. Comme vous le constatez, périodiquement, les membres du Comité sont sur le terrain pour suivre personnellement le taux d’avancement des travaux. Je l’ai dit, et je le répète : il y a lieu de féliciter ces entreprises et ces bureaux d’études parce qu’à l’heure où je vous parle, nous ne leur avons rien donné. C’est sur leurs ressources propres qu’elles ont travaillé, autant que les bureaux d’études. Ils ont fait confiance à l’Etat, ils ont fait confiance au Président de la République, ils ont fait confiance au Premier ministre. Ils savent que quelle que soit la durée, ils vont rentrer  dans leurs droits parce que la confiance prime sur tout. Au passage, je voudrais, au nom du Président de la République et du Premier ministre, leur réitérer toutes nos félicitations, tous nos remerciements et nos encouragements. C’est vous dire que nous qui suivons ces activités au quotidien, nous n’avons pas d’appréhension. J’ai entendu certains commentaires pessimistes qui disent que c’était irréaliste et irréalisable. Mais rien n’est impossible s’il y a une conjonction de bonnes volontés et d’engagements. Je pense qu’aujourd’hui, nous pouvons dire « Dieu merci », Dosso sera Sogha comme l’a souhaité SEM le Président de la République. Et nous ne souhaitons pas décevoir sa volonté et ses engagements.

 

L’assainissement de la ville de Dosso est un autre défi dans le cadre de l’organisation de la fête du 18 décembre 2014. Comment comptez-vous relever ce défi ?
Au niveau de l’assainissement de la ville de Dosso, je crois que la solution est déjà en cours d’exécution. Nous avons en cours actuellement 5000 mètres linéaires de caniveaux supplémentaires réalisés dans les normes techniques les plus adaptées pour la ville de Dosso afin de recueillir toutes les eaux de ruissellement qui dégradent la voirie et les infrastructures de la ville, mais aussi pour épargner Dosso de toute inondation à l’avenir. Nous sommes en train d’aménager la mare Sofakolley. En dépit de son caractère mythique et du symbolisme de son emplacement, cette mare constitue un véritable nid d’insalubrités. Mais aujourd’hui, nous en faisons une place publique saine qui va permettre d’organiser par exemple des foires ou d’abriter des cadres récréatifs pour les enfants et pour l’intégrer dans le schéma global d’aménagement de la ville. Il y a une vieille carrière de la ville de Dosso qui longe un axe actuellement en réhabilitation par la SATOM ; nous avons demandé aux autorités communales de prendre des dispositions pour la réaménager. Et au besoin en faire une exploitation moderne et rationnelle au lieu de la laisser comme une carrière susceptible elle-aussi de dégrader, par l’érosion, les maisons environnantes. Il y avait un réseau d’assainissement existant. Et le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement est en train d’envisager aussi des réalisations qui vont venir nous appuyer dans ce que nous faisons. Donc, cet aspect d’assainissement est fondamental parce que, quelle que soit la qualité des infrastructures que nous allons réaliser, lorsque la ville est mal aménagée, mal assainie et sale, cela n’aurait servi pratiquement à rien. Et c’est pour cela que dès au départ, sur le plan de l’assainissement nous avons engagé un programme spécifique. Mieux, dans les principaux centres de regroupement comme l’arène, l’autogare ou certains sites d’hébergement, nous sommes en train d’initier une expérience avec des latrines modernes démontables.  Nous allons en faire une expérience ; si elle est concluante, nous allons demander aux différents services concernés de la tester dans les autres villes ou communes qui auront à accueillir des regroupements importants ou des rencontres internationales. Le volet assainissement a été sérieusement pris en charge dans le projet « Dosso Sogha ». Nous avons voulu en faire une sorte de projet intégré où il ne faut omettre aucune dimension. Au-delà des infrastructures, toutes les réalisations connexes qui sont susceptibles d’améliorer le cadre de vie ont été intégrées. Entre les premières propositions, et ce que nous sommes en train de faire, je peux vous assurer qu’il y a une grande évolution. Au niveau de la cité par exemple, il ne suffit pas seulement de construire des villas, il faut aussi une voirie, un point d’eau autonome. Ce qui nous a amenés à réaliser un forage avec son château de 300 m3, et une ligne électrique spécifique pour couvrir cette cité avec toutes les garanties de sécurité en termes d’alimentation. Même chose pour les casernes des Forces de Défense et de Sécurité où nous avons décidé de réaliser des forages afin de les rendre autonomes. Vous savez, la ville grandit, et il faut avoir une perspective d’avenir. Il ne faudra pas, dans trois ou quatre ans, que tout ce qu’on aura réalisé soit obsolète par le fait qu’on ait omis certains aspects essentiels qui consolident la qualité du cadre de vie dans une cité carrefour comme Dosso. Je peux vous assurer qu’il ya beaucoup de choses que nous sommes en train de faire. Mais il vaut mieux laisser les observateurs, qui  ne sont pas membres du comité, apprécier la qualité et la pertinence des travaux en cours d’exécution.


Le Président de la  République nous a assigné une mission et nous voulons l’exécuter dans les règles de l’art pour qu’elle fasse école pour ceux qui doivent venir ultérieurement. Pour le reste, je pense qu’il serait difficile d’avoir, dans l’histoire récente du Niger, autant d’investissements en une fois dans une même ville. Je ne m’en souviens pas personnellement. Que Dieu fasse que les populations de Dosso, et de manière générale les populations nigériennes, tirent le bénéfice de ce projet.


S’agissant des activités de salubrité, il y a lieu de relever l’action des jeunes volontaires du Service National de Participation. Ils sont restés pendant une quinzaine de jours à Dosso, et je peux vous assurer que le visage de la ville a déjà changé. Nous allons les rappeler à partir du mois de novembre et ils y resteront jusqu’à la fin des festivités du 18 décembre. Et parallèlement, les femmes de la ville de Dosso se sont engagées à apporter leur contribution, d’abord en soutenant, par la restauration gratuite, les ouvriers des différentes entreprises qui travaillent dans la ville ; c’était un geste très significatif qui a honoré non seulement les femmes de Dosso, les populations de Dosso, mais aussi les populations de la région, parce que cela dénotait la solidarité et la fraternité qui lient les Nigériens de façon générale. Elles ont décidé aussi d’instaurer un prix de salubrité par quartier. Ce prix va naturellement être décerné aux quartiers les plus propres. Et les femmes sont actuellement en compétition pour  démontrer leur engagement par rapport à la salubrité de leur environnement. Cette action est à encourager et à soutenir. Elle traduit l’appropriation, par les populations de Dosso, du projet « Dosso Sogha ». Vous allez me demander certainement combien tout cela va coûter. Ce qui importe, ce n’est pas le chiffre, mais plutôt la qualité de ce qui va être fait. Nous allons demander d’expertiser tout ce qui va être fait pour que nous puissions savoir le coût réel de ces infrastructures. Nous avons engagé un projet dynamique, et nous avons donné  des chiffres. Je pense que le plus important c’est de remettre au Président de la République et au Chef du gouvernement une ville propre, une ville nouvelle, une ville digne d’être une capitale régionale, une ville carrefour, une ville coquette comme le souhaitent  les populations de Dosso, comme le souhaite le Président de la République et le gouvernement. Dosso souffrait autrefois de sa proximité d’avec Niamey ; il n’est pas exclu que ce soit prochainement Niamey qui va souffrir de sa proximité avec Dosso.


Le 18 décembre 2014 sera aussi marqué par l’arrivée du train dans la cité des Djermakoye. Le défi sera-t-il relevé à ce niveau au regard de l’évolution des travaux ?
Vous savez, cette arrivée du train à Dosso, le 18 décembre, a fait couler beaucoup d’encre. Le Président de la République nous a fait confiance en nous chargeant d’une mission : non seulement la réalisation de « Dosso Sogha », mais aussi de suivre de temps en temps l’évolution de la ligne de chemin de fer en rapport avec les ministères techniques concernés, avec lesquels d’ailleurs nous entretenons des rapports étroits pour essayer de juguler tous les petits problèmes susceptibles de freiner l’élan de réalisation de cette ligne. L’objectif, c’est qu’il faut atteindre Dosso d’ici le 18 décembre 2014. C’est la volonté du Président de la République. Il est le Chef de l’Etat ; il est le Chef Suprême de l’Administration ; il est le garant du bon fonctionnement des institutions. Dès lors qu’il a émis cette bonne volonté au niveau national et même à l’extérieur, il nous revient de  faire en sorte qu’il en soit ainsi. On peut poser certains problèmes techniques, ou même certaines pesanteurs. Mais nous avons été nommés justement pour régler les problèmes et relever ces défis, et contrer ces pesanteurs là. Si nous n’y parvenons pas, nous n’avons aucune raison d’être là où nous sommes. Donc pour moi, jusqu’à preuve du contraire, le Président de la République sera à Dosso par le train le 18 décembre 2014 incha Allah. Sur le tracé de la ligne, il y a certains de nos compatriotes qui ont posé des difficultés à la société chargée de la réalisation de cette ligne, dans la traversée de certains villages, hameaux ou champs. Certains ont même sciemment bloqué les travaux de cette ligne. Il y a un cas particulier ; celui de la traversée de la ville de Birni N’Gaouré. Il ya eu un tracé qui devait empiéter sur le Palais du Chef de canton ou la Mosquée de la ville. Ce sont des lieux hautement sacrés. C’est un héritage de notre patrimoine culturel, notre patrimoine social et notre patrimoine historique. Nous n’allons pas le sacrifier sur l’autel de la ligne de chemin de fer. Et là il faut que ce soit clair, net et entendu. Il y a beaucoup d’autres alternatives de contournement de ces infrastructures. Nous ne voulons pas, en réalisant un projet, créer d’autres problèmes qui vont dénaturer la qualité de tout ce que nous sommes en train de faire. Le Président de la République veut une ligne de chemin de fer qui va aboutir à Dosso sans causer des préjudices à qui que ce soit. Les infrastructures du Palais et de la Mosquée datent pratiquement du VIIIème siècle. Ceux qui persistent à vouloir traverser ce Palais ou cette Mosquée doivent revisiter notre histoire pour savoir que ces choses ont de la valeur et qu’elles sont sacrées.

 Oumarou Moussa

12 septembre 2014

Source : http://lesahel.org/

 

Dernière modification le vendredi, 12 septembre 2014 04:36

Interview