vendredi, 10 octobre 2014 04:07

Interview de M. Asmane Abdou, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

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Asmane Abdou BacMonsieur le ministre, comment se présente la rentrée académique 2014 -2015 au niveau de nos universités ?
La rentrée académique 2014 -2015 au niveau de nos universités se présente sous de bons auspices. En effet, de nouveaux recrutements d’enseignants-chercheurs ont été faits, de nouvelles salles de cours ont été construites,  d’autres aussi sont en construction, ainsi que des amphithéâtres à Tahoua, Maradi, Zinder et Niamey. En principe, nous ne voyons pas de difficultés majeures pouvant entraver la reprise effective des cours.

“Cette année des dispositions ont été prises pour qu’il n’y ait pas de problème d’inscription dans les Universités”


L’année dernière, quelques difficultés ont été enregistrées au niveau de l’inscription des nouveaux bacheliers dans les facultés. Qu’en est-il pour cette année ?
Les difficultés auxquelles vous faites allusion, il faut le rappeler, sont dues aux inscriptions multiples qui font qu’un étudiant titulaire d’un bac D par exemple peut déposer son dossier d’inscription au moins dans quatre ou cinq facultés à l’Université Abdou Moumouni et, mieux, envoyer le même dossier dans les universités de l’intérieur où le bac D est exigé.
Cette année, des dispositions ont été prises pour qu’il n’en soit pas ainsi. A l’Université Abdou Moumouni, les dossiers ne sont plus déposés dans les différentes facultés. L’inscription se fait dans un guichet unique, et à la clôture des inscriptions, on peut savoir le nombre total d’étudiants inscrits à l’Université et leur répartition par faculté. De même, des dispositions ont été prises pour détecter les étudiants inscrits dans deux universités à la fois.
Au moment de la création toute récente de quatre nouvelles Universités, les députés nationaux  avaient demandé au Gouvernement de les doter de moyens suffisants. Quels sont les moyens mobilisés pour ce faire ?
Il est inscrit au budget une somme de 1 milliard 500 millions de francs CFA pour ces universités dans le cadre de leur fonctionnement. Pour le moment, nous avons la loi de création de ces universités, l’acquisition de terrain au niveau de chaque chef-lieu de région pour leur implantation.
Vont suivre la nomination des responsables académiques, la définition des orientations des filières, le recrutement d’enseignants, la recherche de locaux d’emprunt, en attendant la construction des bâtiments propres.
Monsieur le ministre, force est de constater que le passage au système LMD (Licence- Master-Doctorat) au sein de l’Enseignement Supérieur pose de réelles difficultés ces dernières années. Quelles sont les mesures prises ou envisagées pour un meilleur fonctionnement du système ?
Vous savez, la difficulté majeure dans l’enseignement du système LMD réside surtout dans la nécessité de disposer de laboratoires spécialisés. C’est ce problème que nous avons commencé à résoudre par la construction, dès cette année, de ce type de laboratoire à la faculté des Sciences et Techniques de l’Université Abdou Moumouni.
Quelles sont les réformes majeures envisagées cette année pour améliorer l’Enseignement Supérieur au Niger ?
Les réformes envisagées cette année sont au nombre de quatre: un programme  spécial  de bourses  en  Master a  été  adopté par le Gouvernement. Il prévoit l’offre de bourses à 370 étudiants titulaires d’une Licence (BAC+3) à aller s’inscrire en Master, Ingéniorat ou Doctorat au Maroc dans les filières de Management, Ingénierie et Tourisme. Il y a ensuite une convention qui a été signée avec l’Institut Polytechnique Houphouët-Boigny spécialisé dans la formation des filières pétrolières. Il y a également une convention de partenariat qui a été établie entre la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) de l’Université Abdou Moumouni et l’Ecole des Mines, de l’Industrie et de la Géologie (EMIG) pour servir de passerelles entre les différents niveaux d’enseignement des deux établissements. Ainsi, des licenciés L3 FAST peuvent s’inscrire dans les cycles ingénieurs de l’EMIG. Inversement, les techniciens supérieurs DTS de l’EMIG peuvent être admis à s’inscrire vers les Masters de la FAST. Enfin, nous avons accordé à certains établissements d’enseignement supérieur de la place d’ouvrir des Licences et Master. En même temps, nous avons demandé aux étudiants d’aller s’inscrire dans les filières de leur choix.
Vos services ont récemment mis en garde les élèves et parents d’élèves intéressés par l’enseignement supérieur privé du Niger contre certains établissements ouvrant ou ayant déjà ouvert leurs portes alors qu’ils ne présentent aucune garantie de légalité ou de performance aux étudiants désireux de s’y inscrire. Comment et dans quels délais comptez-vous remédier à cet état de fait ?

L’Etat reconnaît les efforts du secteur de l’enseignement supérieur privé dans sa politique de formation des ressources humaines qualifiées, car le privé contribue à plus de 30% des offres de formation de l’enseignement supérieur. Pour de nombreuses spécialités de formation, les Nigériens ne sont plus contraints d’aller à l’extérieur.
Cependant, il est à déplorer que les textes régissant le secteur de l’enseignement supérieur privé pour garantir une formation de qualité de haut niveau ne soient pas toujours respectés par certains établissements. La situation d’indélicatesse dans laquelle des établissements exercent leurs activités, constitue une de nos préoccupations à laquelle nous nous efforçons de remédier dans les meilleurs délais.
Notre démarche pour en venir à bout ne passe pas seulement par des actions de contrôle et d’application stricte des textes et règlement, mais aussi par une approche de sensibilisation, de communication, de persuasion, tout cela dans une dynamique partenariale: c’est plus porteur, plus rationnel, donc plus efficace.

 Sani Soulé Manzo

Interview