jeudi, 22 janvier 2015 09:02

Interwiew du maire de Falmey : «Les populations doivent comprendre qu’il revient désormais aux communes de prendre en charge leur propre destin», déclare M. Moussa Younoussa

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Moussa Younoussa FalmeyMonsieur le maire, pouvez-vous présenter brièvement à nos lecteurs, la commune rurale de Falmey ?

 


La commune rurale de Falmey couvre une superficie de 1.172 km2 avec une population de 81.361 habitants repartis dans 41 villages administratifs. Elle est limitée à l’Est par la commune rurale de  Guilladjé et de Sambera ; à l’Ouest par la commune rurale de Kirtatchi ; au Nord par celle de Fabidji et au Sud par le Fleuve Niger qui sépare la commune rurale de Falmey de la République du Bénin. Nous avons soixante quatre (64) écoles traditionnelles ; dix (10) écoles franco-arabes ; dix (10) jardins d’enfants ; un (1) CES et quatre (4) collèges. Sur le plan sanitaire, la commune rurale de Falmey compte sept (7) Centres de Sante Intégrés (CSI) et quatre (4) cases de santé. La commune est traversée dans la zone Ouest et Sud par le fleuve Niger sur environ 70Km, et le Dallol Bosso sur environ 40Km. Nous avons trois (3) types de sols de culture dans la commune rurale de Falmey. On y trouve dans le côté Est une bande sableuse appelée le Dallol ou Boboye ; à l’Ouest la zone latéritique qu’on appelle le Fakara et le côté Sud et Sud-ouest, la zone du fleuve.
 
Quelles sont les principales activités pratiquées par les populations de votre commune ?
Les différentes activités pratiquées par les populations de Falmey sont l’agriculture, l’élevage, la pêche, le commerce et l’artisanat.

Existe-t-il une activité qui singularise la commune de Falmey ?
L’activité la plus importante des populations est orientée vers l’agriculture. Ainsi, dans la partie sud, précisément dans la vallée du fleuve, la pratique de la culture du riz et du sorgho est très remarquable. Dans la vallée du Dallol, on cultive du mil hâtif, de l’arachide, du sorgho et du riz. Dans le Fakara, on  cultive du mil tardif.

Les recettes fiscales sont l’une des principales sources de revenus pour les communes, est-ce que les populations de votre commune s’acquittent convenablement de ce devoir citoyen ?
Oui, mais faiblement dans beaucoup de nos localités. Cela est dû peut-être à l’ignorance. Les populations doivent comprendre que nous sommes à l’heure de la décentralisation et que les communes doivent œuvrer dans le sens de prendre en charge leur propre destin. Car, la décentralisation, n’est rien d’autre que le développement à la base. Une commune doit se construire avec ses ressources propres. Ces ressources sont obtenues à travers la taxe municipale. Le taux de couverture des recettes fiscales varie entre 45 et 52%  à Falmey.

 

On sait que les communes en général rencontrent des difficultés dans l’exécution de leur plan de développement communal, avez-vous des partenaires qui vous appuient dans ce sens ? Quels sont les domaines dans lesquels ces partenaires interviennent-ils ?
Bien sûr, mais la première question que les partenaires posent, c’est justement de savoir : est-ce que le recouvrement fiscal peut permettre à la commune de s’auto-gérer ? Malheureusement non. Sinon la commune rurale de Falmey jouit des appuis de plusieurs partenaires, notamment Oxfam, le Programme Alimentaire Mondiale (PAM), le PADSR, le Programme de Production Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), PAPE, la Fédération Moribane, LUXDEV, L’ATPF, PASA II,  Qatar Charity, etc. Tous ces partenaires interviennent dans les secteurs de  l’éducation, la santé, l’agriculture et l’environnement.  

Avez-vous identifié des actions visant à améliorer le taux de couverture des recettes fiscales dans votre commune ?
La plus grande action est incontestablement la sensibilisation des populations. Nous organisons périodiquement des rencontres avec les leaders religieux ; les chefs de village ; les agriculteurs et éleveurs ; les organisations socioprofessionnelles pour examiner la question liée à la décentralisation et surtout le problème des recettes fiscales. Il nous arrive d’aller à la rencontre des ressortissants du département de Falmey dans les pays voisins ou à Niamey pour leur expliquer qu’une commune ne peut pas se développer si les filles et les fils de cette entité ne s’acquittent pas de leur devoir. Les populations doivent aider les élus locaux en vue d’exécuter convenablement les différents projets et programmes initiés pour le développement de la commune.

Quels sont les principaux défis qui se posent actuellement à votre commune ?
Les défis qui se posent à notre commune sont multiples. Il s’agit d’abord d’amener les populations à accepter la coexistence pacifique, parce que, avant dès qu’on parle du Boboye, on voit tout de suite les conflits fonciers et intercommunautaires. La vie n’est pas facile entre communautés. Les conflits fonciers étaient monnaie courante. Donc, nous devons lutter pour que la coexistence pacifique soit une réalité constante dans le Boboye. Le second défi, c’est de faire comprendre aux populations de Falmey ce qu’est la décentralisation, c’est-à-dire le développement à la base. Nous devons chercher à nous développer nous-mêmes  avant de tendre la main à quelqu’un d’autre. Et cela passe par la mobilisation des recettes propres de la commune.

Quel autre appel avez-vous à lancer à vos administrés ?
Notre appel vise à faire comprendre aux populations de la commune rurale de Falmey qu’une commune se construit elle-même. C’est dire que les filles et les fils de la commune doivent s’investir pour le développement de la commune. Bien entendu, cela n’est possible que lorsqu’il  y a un climat favorable de confiance à l’égard des élus communaux. Les populations doivent faire siennes les programmations faites dans le plan de développement communal et dans le budget. Il faut donc aider les élus à parachever tout ce qu’ils ont programmé pour le bien des populations.

 Siradji Sanda et Hassane Daouda

22 janvier 2015
Source : http://lesahel.org/

 

Dernière modification le jeudi, 22 janvier 2015 09:36

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