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lundi, 26 janvier 2015 21:55

Interview de Commandant Boukar Yagana, Directrice de la Salubrité Urbaine et des Aménagements Paysagers : « Les populations doivent s’investir en faveur de l’assainissement de nos villes (…) à travers la réhabilitation des comités d’hygiène et de sal

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Boukar YaganaMme la Directrice,  la population de Niamey se plaint de l’insalubrité de son cadre de vie. Quelles sont les initiatives prises par le Ministère de  l’Environnement,  de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable (MESUDD) pour rendre la ville de Niamey propre ? 

 


En raison de  l’augmentation continue de la production et de la mauvaise gestion des déchets solides et liquides, les villes et les campagnes nigériennes font face à une insalubrité démesurée. Cette situation inquiétante est due, d’une part, à la croissance démographique galopante, notamment dans les villes (5,5%) et d’autre part, au mode de production et de consommation non durables. Ainsi, l’enlèvement et l’élimination de ces déchets souffre notamment des multiples contraintes que sont l’allongement des distances entre les points de collecte et les points de déversement suite à l’extension des périmètres urbains, le manque de décharge contrôlée pour accueillir ces déchets, ainsi que le manque de moyens financiers conséquents alloués pour leur gestion.
Comme la question de la salubrité dans nos villes et campagnes revêt une importance capitale pour le Gouvernement du Niger, un ministère en charge de la Salubrité Urbaine (Ministère de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable) a été créé pour venir en appui aux collectivités territoriales dans la gestion des déchets tant solides que plastiques. Un fonds a été mis à la disposition de ce ministère pour initier des Activités Génératrices de Revenus (AGR) dans les communes et les grandes villes du Niger. Cela permettra d’améliorer le cadre de vie et d’apporter des revenus aux populations. Ce programme inédit au Niger, allie deux concepts jusque-là jamais associés, à savoir les AGR et la salubrité à travers la collecte, le ramassage et l’évacuation des déchets plastiques et les autres Déchets Solides Municipaux (DSM) vers les décharges municipales.

Ainsi, pour mettre en œuvre ce programme, des critères objectifs de choix des agglomérations et des normes de collecte des déchets ont été définis. Pour le choix des villes, les critères sont basés entre autres sur le poids démographique et économique, la situation géographique et la proportion des personnes vulnérables. Quant aux normes, il s’agit tout simplement de la rémunération au poids (kg) de la main d’œuvre chargée de collecter ou ramasser les déchets.

La ville de Niamey qui compte cinq arrondissements communaux a bénéficié à elle seule de 189 900 000 FCFA pour la gestion de ces déchets sur une période de quatre mois pour ramasser, collecter et évacuer les déchets solides municipaux et les déchets plastiques qui polluent notre environnement.

Pour exécuter ce programme, la Direction Régionale de l’Environnement, de la Salubrité Urbaine et du Développement Durable (DRE/SU/DD) a, en plus des indications nationales mis en place un mécanisme propre lui permettant de conduire de manière efficace et efficiente les activités sur le terrain.
Ces derniers jours, vous avez vu l’engouement suscité par  le ramassage des sachets plastiques dans la ville de Niamey. Si vous venez à la devanture de certains arrondissements communaux, ce sont des embouteillages qui sont crées par les gens venus décharger et vendre leurs joutes contenant ces sachets. C’est un véritable marché de sacs de plastique à l’image du marché de vente des sacs de moringa olifera. On peut aujourd’hui, dire que la ville de Niamey a changé de visage en matière de salubrité. Beaucoup de nos grandes artères et rues sont très propres et on sent s’afficher à travers ces AGR de salubrité, un certain changement de comportement des populations à l’égard de leur environnement.

Madame, quel est, ou devrait être le rôle des habitants de la ville de Niamey dans cette quête de la salubrité effective?
Comme vous le savez, la gestion des ordures ménagères est assez complexe. Mais elle peut se faire de façon durable. Les populations doivent changer de comportement et participer activement à l’amélioration de leur cadre de vie car la question de salubrité n’est pas seulement une affaire de collectivités, ni de l’Etat mais celle de toutes les filles et fils du pays.

Pour cela, les populations doivent s’investir en faveur de l’assainissement de nos villes en réinstaurant particulièrement, le concours du quartier le plus propre dans leur ville, et à travers la réhabilitation des comités d’hygiène et de salubrité dans les quartiers. Il s’agit également de s’éduquer en permanence à l’assainissement du milieu de vie, d’utiliser des poubelles spécifiques permettant le tri des déchets à la source et d’éviter le déversement des ordures dans les artères et les rues. Il est aussi impératif de sensibiliser les populations sur le fait que «celui qui génère les ordures doit payer pour qu’on les évacue». C’est ainsi que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères doit être revalorisée et son taux de recouvrement relevé.

D’autre part, il est important de vulgariser les techniques de recyclage et de compostage et de clarifier les rôles et les responsabilités des différents acteurs intervenant dans la gestion des ordures ménagères, dont notamment l’Etat, les collectivités locales ainsi que les populations. Des ateliers d’information et de sensibilisation sont organisés avec la participation des autorités administratives, des élus locaux, des opérateurs économiques membres de la chambre de commerce et d’industrie, des représentants de la société civile, des organisations de défense des droits de consommateurs, des leaders d’opinions, des ONG et associations de défense et de protection de l’environnement, des organisations des producteurs ruraux, des organisations des jeunes et des femmes, de la Douane, de la Police, de la Gendarmerie et des services des impôts.
 Samira Sabou

27 janvier 2015
Source : http://lesahel.org/

 

 

Dernière modification le lundi, 26 janvier 2015 23:02

Interview