Sanef 2018

mercredi, 04 février 2015 21:47

Interview : Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Président du Parti pour la Justice et le Développement HAKIKA « On se sait pas où va le Niger »

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Mahaman HamissouNiger Voice reçoit aujourd’hui Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni, Président du Parti pour la Justice et le Développement (PJD-HAKIKA), un homme de principe connu pour son courage politique, surtout pour sa droiture.

Dans cette interview, il  parle des sujets de préoccupation nationale : la lutte pour la bonne gouvernance, la participation du Président Mahamadou ISSOUFOU, à la marche républicaine suite à l’affaire Charlie Hebdo, l’unité nationale…

Pour lui, le Niger croule sous l’emprise de la corruption. Rien ne peut justifier la présence du président élu par des musulmans et qui a juré sur le Coran de prendre part à une marche contre des individus qui se sont donné la liberté de caricaturer le prophète Mohamed (PSL).

Mohamed SEIDOU : Merci de répondre à l’invitation de Niger Voice. Présentez-vous  à nos auditeurs.  Je suis Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni.

Je suis de nationalité nigérienne, gestionnaire de formation. Je suis le Président du PJD-Hakika. J’ai eu à occuper plusieurs postes dans mon pays, mais j’ai commencé par être d’abord défenseur des droits de l’homme. J’ai été le Président pour l’Association des droits à l’Education avant d’être le Coordinateur. J’ai été Conseiller à l’Assainissement, parce que le Niger est dirigé par un certain nombre d’individus indélicats qui détournaient massivement les biens publics. J’ai créé le Parti pour la Justice et le Développement pour dire à tous les individus indélicats que, étant donné que c’est la politique qui a fait d’eux ce qu’ils sont, nous allons nous, aussi descendre dans l’arène politique.

Notre combat est que le Niger puisse être un pays émergent. En réalité, le Niger est un des pays les plus riches en Afrique de l’Ouest et même en Afrique. Nous disposons de tout : d l’uranium, du phosphate et plusieurs autres ressources. Aujourd’hui, nous sommes un pays producteur de pétrole, mais malheureusement toutes ses richesses n’ont rien servi au peuple nigérien. Aujourd’hui, avec le régime de Mahamadou ISSOUFOU, nous avons plutôt un certain nombre de milliardaires qui se sont multipliés  dans le pays. 
 
Nous avons même l’impression que les gens sont protégés quand ils détournent le bien public, parce que c’est facile, pour eux, en détournant le bien public d’en dormir le peuple en  l’achetant. Ils font  croire au peuple que c’est eux les citoyens honnêtes, que ce sont eux les chevaliers blancs alors que ce ne sont que des voleurs de la République. Ils ne sont entrain que de retarder le développement de ce pays. Le bien public volé retarde le  développement des secteurs sociaux de base parce qu’au Niger, tout est à refaire, il faut tout reprendre. Le Niger a besoin d’être reconstruit. Malheureusement, ISSOUFOU est venu avec ce qu’il appelle la « Renaissance », son fameux thème, tout compromettre.

Mohamed SEIDOU : Monsieur Moumouni, votre parti le PJD Hakika a choisi de ne pas être dans le camp de la mouvance de la renaissance dirigé  par les autorités actuelles. Comment vivez-vous dans l’opposition, sous le Président Mahamadou ISSOUFOU ?
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Quand nous avions créé notre parti politique, nous avons estimé que la façon dont le Niger était entrain d’être géré par Mahamadou ISSOUFOU était pour nous inacceptable. Il ne nous était pas possible de nous associer à lui. Et de l’autre côté aussi, nous avons refusé d’adhérer au groupe politique qu’on appelle ARDR parce que nous avons compris que parmi eux il y en a qui ont contribué à la dégradation de la situation de notre pays. Nous ne pouvions pas collaborer avec des gens que nous avons eu à combattre l’année dernière. Certains pensent que dans la politique tous est permis, c'est-à-dire que, on peut oublier, en un rien de temps ce que l’autre a fait hier. Nous sommes un parti politique qui a des principes. Tous les camarades qui militent dans ce parti sont des camarades qui sont engagés pour aller de l’avant, qui veulent que la situation change. Il faut que les gens arrêtent de penser qu’en faisant de la politique on peut tout faire. Nous avons dit que nous ne pouvons pas nous retrouver dans ce camp aussi. Nous sommes dans le groupe des partis politiques d’opposition indépendante. Nous, nous sommes dans l’opposition, mais nous sommes une opposition indépendante qui mène son combat contre le régime de Mahamadou ISSOUFOU.
Maintenant comment vivons-nous dans l’opposition ?
Il faut dire que l’opposition dans son ensemble vit une situation catastrophique, parce que ISSOUFOU est entrain d’éteindre le socle de la démocratie. Aujourd’hui, quand vous prenez les partis politiques, ISSOUFOU est entrain de créer des monstres. Il est parvenu à diviser toutes les formations politiques où il  a eu un certain nombre de mercenaires à sa solde et qui travaillent pour que ces formations politiques-là puissent devenir des béni oui-oui,  pour que, en 2016, il puisse passer sans encombre. C’est à cela que ISSOUFOU s’est attelé. Ceci est extrêmement grave pour quelqu’un qui revendique son appartenance au parti socialiste. Ceci est indigne de la pratique de quelqu’un  qui a passé la majorité de son temps dans l’opposition. Il fait croire à l’extérieur que chez lui il n’y a pas de crise, que tout marche très bien, ce qui est faux et archifaux. Le Niger est gravement malade. Aujourd’hui, le Niger est dans une situation qu’il n’a jamais connue dans l’histoire. La preuve, vous avez vu l’une des grandes mésaventures qu’il a eu à commettre  lorsqu’il est allé participer  à Paris à la marche dite républicaine…

Mohamed SEIDOU : Nous allons revenir sur ce point. Dans vos déclarations, vous avez qualifié la proposition de la formation d’un gouvernement d’union nationale par le Président de la République du Niger comme étant une « escroquerie politique ». Dites-nous en plus.
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Lorsque Mahamadou ISSOUFOU a constaté son incapacité à gérer le pays, il a voulu par des méthodes, par des sournoiseries,  endormir les formations politiques, en  demandant aux uns et aux autres de venir avec lui, pour construire, selon lui, le pays. Mais dans un pays, il y a une opposition, il y a une majorité. Mahamadou ISSOUFOU a été élu sur la base d’un programme qu’il a présenté au peuple nigérien. C’est sur cette base qu’il doit gérer le pays. Très malheureusement, nous avons une opposition très fragile, qui n’a pas de convictions. L’opposition a accepté d’aller répondre à l’invitation du Président de la République, mais je crois qu’ils ne se sont pas entendus. Finalement, elle s’est ravisée et a dit qu’elle ne prend pas part au gouvernement d’union nationale. C’est ce qui explique aujourd’hui la déchirure au sein de certains partis politiques. Pas tous, mais particulièrement pour le cas du MNSD-NASARA qui aujourd’hui fait l’objet d’un débat à l’interne. Le président est arrivé à les diviser. Il a voulu avoir toute l’opposition, mais nous, nous avons publié une déclaration dans laquelle nous avons soutenu qu’il est hors de question pour nous d’aller à Canossa. Si c’est le PJD seul qui doit faire l’opposition, nous allons la faire, parce que nous considérons que lui-même, lorsque le Président Tandja Mamadou l’a appelé pour participer à un gouvernement d’union nationale, il a eu à qualifier Tandja Mamadou d’escroc politique. Il a estimé que Tandja a été élu sur la base d’un programme politique et que si Tandja est incapable il doit démissionner, qu’il organise des élections anticipées. Dans le cas contraire, Tandja doit poursuivre son programme. Il a refusé de s’associer à Tandja et aujourd’hui c’est ce qu’il nous propose. Nous ne faisons que lui renvoyer sa balle en lui disant qu’il est entrain de mettre en œuvre une escroquerie politique. Nous ne l’accepterons pas.
A partir de notre déclaration, il y a une grande partie de l’opinion publique nationale qui a compris pourquoi nous avons refusé de participer à ce gouvernement d’union nationale. Aujourd’hui, les gens nous ont donné raison, parce que les méthodes anti démocratiques et anti populaires dont ISSOUFOU use pour gérer notre pays démontrent suffisamment que nos craintes sont justifiées.

Mohamed SEIDOU : Tout récemment dans une autre déclaration,  vous avez sévèrement critiqué le bilan de l’année 2014 que le Président Mahamadou ISSOUFOU a présenté au peuple nigérien, le 31 Décembre. Dites-nous en plus.
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Nous ne faisons pas que critiquer, mais nous proposons aussi. Nous avons constaté qu’en 2014, Mahamadou ISSOUFOU a passé plus son temps à saccager les formations politiques qu’à travailler pour le peuple nigérien et de faire en sorte que tous les nigériens puissent profiter de la richesse nationale.   

Aujourd’hui, si vous prenez la situation sanitaire de notre pays, elle est catastrophique. Le Président précédent, Tandja Mamadou, avait quand même réussi à faire quelque chose d’extraordinaire en mettant en œuvre une disposition selon laquelle les enfants de 0 à 05 ans ne paient pas de frais sanitaires.

Malheureusement, aujourd’hui cette disposition a tendance à disparaitre parce que les moyens mis et le secteur ont été progressivement abandonnés par ISSOUFOU Mahamadou.

C’est la même chose dans le domaine de l’éducation et dans l’ensemble de tous les secteurs. Il n’ ya aucun secteur qui marche correctement dans ce pays. Même sur le plan politique, il est parvenu à  créer les conditions pour que un certain nombre d’hommes politiques, soit on reprend leur parti, soit on fait des combines pour les faire quitter.

Et la situation dramatique de notre pays est due à sa mauvaise gestion. D’ailleurs ISSOUFOU n’a pas de politique de gouvernance. Quand il a eu à approcher l’opposition pour son gouvernement d’union nationale il a laissé tomber son programme sur lequel il a été élu. Donc, aujourd’hui,  nous sommes gérés dans le cadre d’une administration à vue. On se sait pas où va le Niger, on ne sait pas qu’est-ce qu’il est entrain de faire concrètement par rapport à notre pays. C’est cette critique sévère que nous avons fait de son bilan. Et vous savez que tous les 7 avril, il célèbre son anniversaire et nous le 6 avril, nous faisons toujours une manifestation pour faire un contre-bilan dans lequel nous  démontrons que de tout ce qu’il a dit, rien n’a été réalisé, que tout est archi faux. Aujourd’hui, la preuve, c’est que l’un des grands projets du Président ISSOUFOU était de lutter contre l’impunité,  l’enrichissement illicite, la corruption.

Il n’y a pas un système qui a connu une grande corruption comme le système de Mahamadou ISSOUFOU. Il est même arrivé à corrompre des élus du peuple et cela a été dénoncé pendant les débats, en direct du Parlement ; ce qui est une honte, une catastrophe. Aucun régime n’a connu autant de milliardaire qu’au temps de Mahamadou ISSOUFOU. Les gens n’ont même pas honte, sans aucun état d’âme, les gens démontrent qu’ils ont détourné l’argent public.

Vous avez hier des gens qui ne pouvaient même pas dépenser 5000 FCFA et qui aujourd’hui se retrouvent milliardaires. Ils peuvent acheter, en un rien de temps, des véhicules qui coûtent 35 millions de FCFA et les distribuent comme des galettes. Et cela devient de plus en plus inquiétant dans notre pays. Notre économie est sous l’emprise de la corruption dans tous les secteurs.  Prenez le cas du chemin de fer. Où avez-vous vu le chemin de fer entre deux goudrons ? Même le tramway n’est pas construit de la sorte. Ce qui veut dire que dans l’ensemble des secteurs, il n’y a nulle part où ISSOUFOU a réussi.  

Mohamed SEIDOU : Dans la même déclaration vous avez mentionné que quand le Président de la République du Niger demandait aux nigériens de changer de comportement et de mentalité, il ne connait pas profondément le peuple nigérien. Que voulez-vous dire par là ?
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Nous avons eu à faire une déclaration pour dire que notre problème est un problème de mentalité. Pour nous, les nigériens doivent changer leur façon de voir et leur façon de vivre. Mais malheureusement le Président l’a mal compris, il a voulu récupérer ça, mais malheureusement il l’a mal traduit. Concrètement, il a voulu parler de la mentalité selon la vision des européens. Il voulait que note pays adopte cette mentalité européenne.

La mentalité dont nous avons parlé dans notre déclaration est en rapport la satisfaction des aspirations de notre peuple. Ici, lorsque les deniers publics sont volés et que les voleurs sont encouragés ; ailleurs ça ne se passe pas de la sorte, jusqu’ à preuve du contraire. Prenez le cas de ce jeune qui a eu à gérer la ville de Maradi. Aujourd’hui, il est certes arrêté et jeté en prison, mais il a réussi à animer une formation politique dans laquelle on le voit chaque fois parler devant la scène…

C’est un droit constitutionnel, mais aujourd’hui, beaucoup de gens se posent des questions sur l’origine des fonds de cette formation politique. Comment voulez-vous que dans cette situation-là notre pays avance ?

Nous avons dit aussi que notre pays se situe dans la frange des pays où la procréation est très élevée par rapport aux ressources. Ceci est un problème qui est très mal abordé par les autorités en place. Il ne faut pas dire aux gens qu’il ne faut pas avoir des enfants, comme les blancs le veulent et le font chez eux. Nous avons dit qu’il faut d’abord qu’il y ait une éducation des femmes qui sont au centre du développement, il faut les éduquer pour qu’elles puissent participer au développement du pays, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui avec 90 % des femmes qui sont des femmes au foyer. Nous avons dit que c’est un problème qui doit retenir l’attention des hommes politiques de notre pays.

Mais, le Président ISSOUFOU a voulu récupérer notre document, ce qui n’est pas un mal en soi, mais il l’a très mal exploité et c’est pourquoi nous avons apporté les corrections appropriées.

Mohamed SEIDOU : Dans un de vos entretien vous avez également mentionné qu’un leader politique nigérien qui ne parle pas au moins deux langues nationales, avec comme exemple, le djerma et le haoussa, ne mérite pas sa place. Que voulez-vous dire par là ?
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : J’ai dit que tout leader politique nigérien qui ne parle pas le Haoussa et le Djerma ne mérite pas qu’on l’élise au poste de Président de la République du Niger. Pourquoi ai-je dit cela et qu’est ce qui s’est passé en ce moment ? A l’époque, ils avaient taxé l’ancien Président de l’Assemblée Nationale du Niger d’être un ethnocentriste. Hama venait de quitter leur mouvance. J’ai démontré d’abord que Hama pendant les élections,  a eu la possibilité de choisir entre Mahamadou ISSOUFOU et Seyni OUMOROU, lors du dernier scrutin présidentiel. Il n’a pas choisi Seyni qui vient de la région même que lui, mais il a choisi ISSOUFOU. Ce qui démontre qu’il n’est pas ethnocentriste. Et j’ai dit que Hama parle le Haoussa et le Djerma, ce qui n’est pas le cas de ISSOUFOU. ISSOUFOU ne  parle pas le Djerma ; il se débrouille, il essaie de lire le Djerma. J’ai pris le cas de Mahamane Ousmane. Il parle le Djerma et le Haousa. J’ai dit que pour diriger ce pays il faut être à même de parler les deux principales langues du pays.

Mohamed SEIDOU : Quel est l’intérêt de parler ces eux langues ?
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : L’intérêt, c’est que chacune des ethnies qui parlent ces langues vont se retrouver en vous. Lorsque vous ne parlez qu’une seule langue vous avez un handicap sérieux, vous ne pouvez pas être le symbole de l’unité nationale, mais lorsque vous parlez en Haoussa et qu’il vous faut un traducteur en Djerma, et vice-versa, c’est une honte !

Mohamed SEIDOU : Et vous ? Parlez-vous le Djerma et le Haoussa ?
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Moi je parle les langues du Niger. Rassurez-vous, je parle les principales langues du Niger, que sont le Haoussa et le Djerma, couramment et sans accent. Vous ne pouvez pas m’identifier quand je parle une de ses langues. Moi je suis un nigérien à 100% qui estime  qu’au Niger le Haoussa et le Djerma doivent travailler dans l’harmonie et la cohésion. C’est pourquoi,  dans le cadre de notre  combat, nous allons faire en sorte que dans la Constitution, il y ait une disposition dans ce sens-là.

Mohamed SEIDOU : Le 11 janvier, le Président de la République du Niger, Son Excellence Mahamadou ISSOUFOU a participé à une marche républicaine organisée par le gouvernement français. Suite à cette marche, et suite à la dernière publication de « Charlie Hebdo », il y a eu des manifestations violentes  au Niger, les 16 et 17 janvier.  Votre réaction par rapport à cela.
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Nous immédiatement publié une déclaration. Nous avons relevé une seule chose. Nous avons d’abord condamné, de manière énergique, les violations des biens d’autrui et la destruction des églises. Nous avons dit  aussi que la seule personne responsable de ces actes de violence, est Mahamadou ISSOUFOU.  ISSOUFOU en assistant à une marche hasardeuse, à une marche soit disant républicaine ISSOUFOU a mis sa politique en danger parce que le Niger est à 90% sinon plus musulman. Les nigériens ne peuvent pas comprendre, encore moins tolérer, que ISSOUFOU dise qu’il est « Charlie » et que même les nigériens sont des « Charlies ». On l’a vu avec sa pancarte «  Je suis Charlie ». Nous ne sommes pas contre Charlie, mais  nous n’acceptons pas que Charlie, au nom de la liberté d’expression, se permette de caricaturer le Prophète Mohamed (PSL). Nous ne pouvons pas l’accepter. Charlie peut se permettre tout, mais il ne peut pas se permettre de caricaturer notre prophète. Le prophète est sacré, le Coran l’a dit.
Nous avions fait les premiers notre déclaration pour dire vivement que nous ne pouvons accepter que Mahamadou ISSOUFOU participe à une marche de la sorte. Aujourd’hui, c’est cette visite qui a occasionné une insurrection, et fort heureusement, la raison a prévalu, mais les nigériens ont été clairs. Nous déplorons les pertes en vie humaine. Le Niger n’a jamais connu une situation pareille entre les chrétiens et les musulmans. Que les gens comprennent  que les chrétiens, contrairement à ce que certains pensent, ils croient aussi en Dieu unique. Le prophète, à un moment donné de son histoire, a même bénéficié du secours des chrétiens. Il a dit aussi que personne ne doit sacrifier son étranger. Nous avons déploré ce qui est arrivé.

Plaire à François HOLLANDE
Mahamadou ISSOUFOU a voulu plaire à son grand ami François HOLLANDE en difficultés. Mais en quoi les difficultés de HOLLANDE regardent ISSOUFOU ? En quoi, les problèmes de la France, fondamentalement, peuvent avoir un effet sur le Niger. Il y a des problèmes qui peuvent concerner les deux nations, mais nous ne pouvons pas comprendre que le Président de la République qui a juré sur le Coran puisse participer à une manifestation pour dire qu’il est Charlie ; un Charlie qui dénigre le prophète Mohamed (PSL) depuis 2006. Nous entendons les musulmans dire qu’ils ne sont pas d’accord avec ce que Charlie fait mais ils ne sont pas d’accord avec les terroristes non plus. Ce que les gens doivent comprendre, c’est que Charlie doit avoir des limites, il doit savoir que la foi n’est pas un jeu, car pour nous tous les prophètes doivent être respectés.

Maintenant pour nous la liberté de culte n’est pas une  liberté de presse. La liberté de culte ne se négocie pas. ISSOUFOU a commis une grosse erreur qu’il va payer politiquement dans son pays lors des élections de 2016. Vous avez vu que les manifestations ont été réprimées avec une violence inédite.

Mohamed SEIDOU : J’ai demandé au Porte-Parole du Gouvernement de Mahamadou ISSOFOU, Monsieur Marou Amadou, pourquoi le Président de la République n’a pas présenté des excuses à son peuple. Il m’a répondu que lui, il a personnellement présenté des excuses au nom du Président et au nom du Gouvernement.
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Ce n’est pas le Gouvernement qui est mis en cause. C’est un homme élu par son peuple qui est mis en cause. Marou Amadou, Porte-Parole du Gouvernement, Ministre de la Justice, qui l’a élu ? Personne.  Ce sont les excuses de Mahamadou ISSOUFOU que le peuple du Niger attend. Ce qui s’est passé n’est pas un acte du Gouvernement, pour que le Gouvernement présente ses excuses. C’est un acte posé par un homme politique élu à la magistrature suprême et c’est à ISSOUFOU de dire à son peuple, « j’ai compris, je me suis trompé ». Mais malheureusement, au lieu de cela il a tenu un discours avec une grande fermeté. Nous, en 2016, si le peuple est souverain ou pas. ISSOUFOU est là à cause du peuple nigérien. Et je suis convaincu qu’il va payer cash pour son acte bientôt.

Pourquoi ISSOUFOU n’a pas eu le même comportement que les marocains qui lorsqu’ ils ont senti que la marche allait se dérouler avec encore des caricatures du prophète Mohamed (PSL) se sont retirés ? Ils n’ont pas cautionné.
 
Avant d’être un parti politique, nous sommes des musulmans et nous dénonçons parce que nous avons bien compris ce que nous enseigné les oulémas sur la vie du prophète (PSL), un prophète tolérant, qui refuse la violence.  

Mohamed SEIDOU : Selon toujours le Porte-Parole, Monsieur Morou AMADOU, être Charlie, le jour de la marche, c’était être pour la liberté de la presse, c’est être contre le terrorisme. Dans ce cas, êtes-vous Charlie ?
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Non. Je ne peux pas être Charlie. Parce que Charlie ne peut pas remplacer le mot terrorisme. Charlie est à part. Charlie est un journal qui s’appelle Charlie Hebdo. Etre terroriste, c’est aussi un autre mot. Je ne suis pas Charlie, je ne peux pas être Charlie, je n’ai rien à voir avec Charlie, ce que Charlie fait n’est pas du journalisme, ce n’est pas de la liberté de la presse, parce que lorsque vous portez atteinte à la foi, au culte, il ne peut plus être question de liberté. La religion est trop sérieuse. Dans l’islam, le prophète Mohamed (PSL) est sacré. On ne peut pas le caricaturer au nom de la liberté de la presse. Sur quelle base ont-ils caricaturé le prophète ? L’ont-ils vu ? Aujourd’hui je me réjouis de ce qu’il y a des français qui sont contre Charlie et il y a un sondage qui dit que 45% des français sont contre ce qui a été fait contre la religion musulmane et son prophète. Ils disent qu’ils sont d’accord avec la liberté de la presse mais ils ne sont pas d’accord pour les atteintes au culte tel que l’a fait Charlie Hebdo. Donc, je ne suis pas Charlie. Je ne peux pas être Charlie, je n’ai rien à voir avec Charlie, je suis contre le terrorisme, et être Charlie ne veux pas dire être contre le terrorisme.

Mohamed SEIDOU : Abordons maintenant l’affaire dite du trafic des bébés importés du Nigéria. Le tribunal s’est déclaré incompétent. Votre réaction.
Elhadji Mahaman Hamissou Moumouni : Nous avons publié une déclaration dans laquelle nous avons dit qu’il ne s’agit-là que d’une affaire purement politique. En fait, c’est quoi le problème-là ? Mahamadou ISSOUFOU a saisi ce dossier pour dire qu’il y a eu supposition d’enfants. Lorsque vous accusez quelqu’un, ce n’est pas à lui d’apporter la preuve, c’es à vous d’apporter la preuve. Donc c’est un règlement politique, aujourd’hui ISSOUFOU veut éliminer Hama Amadou de la course politique ; et je crois que si ISSOUFOU pense ainsi, c’est de la haute trahison.

Je me rappelle que lorsque ISSOUFOU était premier, Hama Amadou était troisième. Nous on était dans une alliance avec Seyni Oumarou qui était deuxième. , Je suis parti chez Hama Amadou pour lui dire d’abord que je n’étais pas d’accord avec l’alliance qu’il a eu à faire, parce qu’il voulait voter pour Seyni. Voilà ce que Hama m’a dit : « Monsieur Hamissou, je n’ai pas confiance en cet homme ». Je lui ai dit que c’est un homme que je connais, un homme qui a des principes et des valeurs, nous ne pouvons pas accepter que quelqu’un qui n’est pas dans la CFDR remporte les élections. J’ai argumenté pour démontrer à Hama qu’il n’a même pas intérêt à soutenir ISSOUFOU.

L’affaire de Hama Amadou est une affaire politique. Moi, Tandja m’a arrêté plusieurs fois, et toutes les fois que suis sorti j’ai toujours dit que c’était une arrestation politique et l’histoire m’a donné raison. Ils veulent poursuivre Hama pour supposition d’enfants, l’embêter, faire de lui ce qu’ils veulent, l’empêcher d’aller aux élections et faire croire à l’opinion internationale que Hama Amadou est un vulgaire individu qui n’a aucune valeur, qui ne fait qu’acheter des enfants ; ce qui est faux et archifaux.

La responsabilité de Hama Amadou n’est pas établie, il n’a rien  à voir dans cette affaire-là. Quand votre femme accouche, les enfants vous appartiennent, selon le Coran. Où est la responsabilité de Hama ? Sa deuxième épouse dit qu’elle a mis au monde des jumeaux. Hama n’a pas à se justifier. S’il y a quelqu’un qui à se justifier c’est bien sa deuxième femme qui a dit qu’elle a mis des jumeaux au monde. Et elle, aussi, au départ quand on l’a arrêtée, elle  a demandé de faire un test ADN que le pouvoir a refusé. Aujourd’hui, le juge s’est déclaré incompétent. Dans tous les cas, Hama Amadou lui-même a  saisi, je crois, l’Union des Parlementaires qui dans leurs conclusions ont demandé un test ADN. Ce qu’il faut retenir dans cette affaire, il s’agit d’une machination purement politique. S’ils arrivent à prouver qu’effectivement cette affaire est une affaire d’achat d’enfants, je dis que la justice doit faire son travail parce que nul n’est au-dessus de la loi. Cette affaire n’a surgi que lorsque Hama AMADOU a quitté la coalition de la majorité. Et la femme de Hama a accouché tout juste après leur arrivée au pouvoir. Si c’était en ce moment que ISSOUFOU avait déclenché la procédure, les gens pouvaient comprendre et que c’était une faute grave, ce qui n’a pas été le cas. Jusqu’ à preuve de contraire, pour nous c’est une affaire purement politique, une volonté délibérée de vouloir d’éliminer un homme de la course.

Pour conclure, je vais lancer un appel en direction de la diaspora de notre pays, pour qu’elle sache qu’elle doit participer au combat qui consiste à libérer le Niger de ce démon. Et notre combat est un combat pour le renouvellement de la classe politique. La diaspora doit aider les formations politiques qui ont à cœur ce renouvellement, comme c’est le cas du PJD et tous ceux qui veulent nous contacter, peuvent le faire à partir de notre mail qui est Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ils peuvent apporter leur contribution pour que nous qui sommes à l’intérieur, nous n’avons que notre volonté, les moyens nous manquent énormément et nous tenons à notre dignité, nous n’acceptons pas du n’importe quoi. Nous avons refusé d’adhérer  à chacun des deux camps, parce que dans l’un comme dans l’autre, il y a des démons. Nous voulons que les vrais nigériens construisent ensemble ce pays.

Interview réalisée par Mohamed SEIDOU pour le service de Niger Voice

Source : Niger Voice

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4 E 116 street
New York, NY 10037

 

Dernière modification le mercredi, 04 février 2015 22:37

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