vendredi, 06 février 2015 12:05

Interview de Monsieur Yacoubou Soumana Gaoh, gouverneur de la Région de Diffa

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Yacoubou Soumana GaohMonsieur le gouverneur, comment se présente la situation sécuritaire dans votre région?
La situation sécuritaire avait toujours été qualifiée de calme mais versatile.
Compte tenu des prises des villes et villages frontaliers du Nigeria et de l’intervention de l’armée tchadienne, les menaces d’attaque sont pressantes sur Diffa et Bosso.

 

‘’Pour garantir la sécurité des populations, le Président de la République a anticipé en instaurant des patrouilles mixtes départementales, urbaines et frontalières,  sur toute l’étendue de la frontière de la Région’’, a déclaré le gouverneur de la Région de Diffa



Quelles sont les dispositions prises pour garantir la sécurité de la population ?
 Pour garantir la sécurité des populations, le Président de la République, SEM. Elhadji Issoufou Mahamadou,  a anticipé en instaurant des patrouilles mixtes départementales, urbaines et frontalières  sur toute l’étendue de la frontière de la Région.

Pour permettre à nos populations de surmonter la psychose, l’opération N’GA (bouclier) a été mise en place avec près de 3000 hommes.

 Vous ne pouvez pas faire 10 ou 15 km tout au long de la frontière sans croiser les Forces de Défense et de Sécurité lourdement armées. En outre, l’aviation est  toujours prête avec des moyens adéquats de reconnaissance et d’intervention. Enfin, le gouvernorat avait pris un arrêté empêchant les véhicules et les motos de circuler de 20 h à 6h du matin, et cette mesure a été fortement saluée par les populations. Toujours du côté des populations, c’est des séances de lecture du Saint Coran et des prières collectives qui sont organisées pour implorer Dieu afin qu’il descende Sa Grâce et Sa Miséricorde sur notre région en particulier et sur notre pays en général.
Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit de vos administrés face à la situation que vit la région ?
Face à la situation que vit la région, nous demandons aux populations de collaborer avec les FDS dans l’intérêt de la région. Les  populations doivent avoir un œil regardant sur toute activité de personnes suspectes. Elles doivent être les yeux et les oreilles de l’administration. Nous devons tous être des soldats au service de la Nation sans arme ni tenue. Notre arme, ce sont nos yeux et nos oreilles : telle est notre devise.

Quel sens donnez-vous à la dernière visite de l’ambassadeur du Nigeria au Niger dans la région de Diffa ?
L’ambassadeur du Nigeria au Niger est venu, au nom du Gouvernement fédéral, rencontrer les réfugiés et leur apporter l’assistance nécessaire. Donc, c’est une visite officielle et elle reste telle.
Une préoccupation majeure, c’est la montée des actions de Boko haram à la frontière immédiate avec votre région.

Comment cette situation est-elle perçue et vécue ici ?
C’est clair que Boko haram a gagné du terrain le long de la frontière à l’intérieur du Nigeria. Mais à la date d’aujourd’hui, aucun centimètre carré du territoire nigérien n’est occupé par Boko haram. La psychose y est, mais les populations ont confiance en nos FDS. Chaque jour que Dieu fait, c’est des menaces d’attaques, mais la détermination des FDS fait échouer tous les plans. Nous avons assisté aussi à une guerre psychologique au niveau des villages riverains de la Komadougou, mais que nous avons pu surmonter.

Mato Adamou, correspondant ONEP/Diffa
06 janvier 2015
Source : Le Sahel

 

Dernière modification le vendredi, 06 février 2015 16:33

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