Sanef 2018

vendredi, 22 mai 2015 05:35

Interview du Préfet de Dioundiou, M. Adamou Wakasso : ‘’Nous voulons que la RN2 soit réhabilitée et bitumée pour casser l’intolérable enclavement de Dioundou qui est aujourd’hui un département à part entière’’

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Adamou WakassoMonsieur le Préfet, présentez-nous le jeune département  de Dioundiou…
Le département de Dioundiou est un jeune département qui a été créé   il y a de cela  trois (3) ans. Il couvre une superficie de 1.624,23 km2 et a une population de 109.615 habitants, soit une densité  de 67 habitants au km2. Le département de Dioundiou  comprend  trois communes  à savoir les communes  rurales  de Zabori,  Karakara et la commune de Dioundiou ;  119 villages administratifs et 20 tribus. 

Il est  limité à l’Est par la République Fédérale du Nigeria, à l’Ouest par le département de Dosso, au Sud par le département de Gaya et au Nord par le département de Tibiri.  La population est composée de Haoussa,  de Zarma et de Peulh.


Pour ce qui est des principales  activités, notre département  est un département à vocation fortement agricole parce traversé de long en large par le Dallol Maouri. Les populations pratiquent les cultures vivrières,  notamment le mil et le sorgho, le fonio et le riz. Les cultures de rentes concernent le manioc, la canne à sucre, le niébé. Nous  pratiquons aussi les cultures maraîchères et l’arboriculture. Dans le domaine de l’élevage, nous faisons de  l’élevage extensif qui concerne les gros et les petits ruminants. Vous comprenez aussi que les activités commerciales sont réalisées, avec comme axe commercial stratégique les marchés de Dioundiou et celui de Kanguiwa au Nigeria. Le département dispose de cours d’eau plus ou moins permanents, ce qui facilite la pêche au niveau de Dioundiou et de Zabori. En dehors de cela, nous avons les activités d’exploitation forestière  avec la production de bois de services à travers l’exploitation d’eucalyptus. La cueillette constitue une autre source économique du département de Dioundiou. Elle concerne principalement deux (2) produits à savoir le’’ miritchi’’ exploité à partir des racines du rônier et le ‘’Gamsa’’.


En tant que jeune département, est-ce que vous disposez des infrastructures nécessaires permettant de répondre aux besoins des populations ?
Pour ce qui est des infrastructures, le département est doté de 156 écoles traditionnelles, de 5 medersas, d’un Complexe d’Enseignement Secondaire et de 5 collèges d’enseignement général. Le taux brut de scolarité est d’environ 80%. Dans le domaine de l’hydraulique, nous avons  168 puits cimentés, 85 pompes à motricité humaine, trois muni-AEP, et le taux d’accès théorique est de 64,9%. 


Le département de Dioundiou  a été doté d’un barrage hydro-agricole, de 91 petits périmètres irrigués, 4 périmètres hydro-agricoles, d’un marché à bétail nouvellement construit. Le marché à bétail vient d’être inauguré il y a de cela trois mois. Outre ces infrastructures, nous disposons également d’une banque d’intrants zootechniques. Sur  le plan transports et voies de communication, nous avons un réseau routier de 150 km totalement vétuste qui nécessite une réhabilitation. Il s’agit précisément de la RN2 qui est une route coloniale, mais aujourd’hui ce tronçon ne répond pas aux critères d’une vraie route. Cet état des routes entrave le fonctionnement des transactions commerciales, surtout pendant la saison des pluies. C’est une véritable contrainte pour les populations dans le cadre des échanges commerciaux. Les téléphonies mobiles couvrent  l’ensemble du département de Dioundiou avec trois opérateurs privés  intervenant dans notre pays dans ce secteur. Nous n’avons pas  malheureusement accès aux médias. Seuls ceux qui ont des antennes paraboliques y accèdent. Le problème est lié à la position du département qui se trouve dans une zone d’ombre selon certaines explications qui nous ont été fournies. Des Partenaires Techniques et Financiers, ainsi que des ONG et projets,  interviennent dans notre département pour accompagner et soutenir les actions du Gouvernement dans les différents secteurs du développement. Parmi ces partenaires, on peut citer entre autres le PAC3, la coopération Suisse, le PVDT, PRODEX, le Croissant Rouge Qatary, l’ONG Tatali Iyyali.
Qu’en est-il, M. le préfet, de la situation sécuritaire au niveau de votre entité administrative ?
Depuis deux (2) ans, les populations du département de Dioundiou vivent dans la tranquillité et la quiétude sociale du fait du renforcement du système sécuritaire dans la zone. Aujourd’hui, toutes nos unités sont dotées des moyens logistiques adéquats leur permettant d’assurer la sécurité des populations urbaines et rurales. Les patrouilles mixtes circulent nuit et jour afin de garantir la sécurité des populations et de leurs biens. L’efficacité de leurs actions est fonction de la parfaite collaboration des populations. Pour renforcer  le système sécuritaire, le Gouvernement, avec  la coopération allemande, a construit un poste de Police frontalier dans la commune de Karakara. Ce poste de Police contribue de manière significative à assurer davantage la sécurité des populations et aussi à contrôler le flux migratoire. Comme toute zone fertile, le département de Dioundiou rencontre souvent des problèmes d’ordre foncier entre agriculteurs et éleveurs, et  entre les membres d’une même famille. Nous avons enregistré des conflits liés aux questions foncières, mais qui n’ont pas entrainé des affrontements physiques. Pour faire face à ces conflits, il a été mis en place un dispositif de prévention, notamment les Commissions foncières de Base dans la plupart des villages. Il a été également installé les Commissions  foncières communales et départementales.  Toutes ces commissions sont là en vue de prévenir les conflits fonciers. Il faut aussi rappeler que les autorités coutumières apportent beaucoup leur concours dans le cadre de règlement de ces conflits.   Nous procédons toujours au règlement à l’amiable. Les problèmes que nous rencontrons dans ce sens, ce sont  entre les agriculteurs et les éleveurs en transhumance vers le Nigeria et le Bénin. Ces derniers, à la recherche de pâturage, envahissent les champs avant qu’ils ne soient libérés et causent des dégâts importants. Ce qui constitue la source des conflits entres ces principaux acteurs. Pour le moment, la situation est maîtrisée. La période de tension, c’est surtout entre Octobre et Novembre. En ce moment, nous sommes à une phase d’accalmie parce que tous les producteurs ont sécurisé leurs biens.


Avez-vous un appel à lancer à l’endroit de l’Etat, des Partenaires Techniques et Financiers et des populations ?
Je voudrais  d’abord remercier les partenaires pour tous les efforts consentis dans le développement de notre département. Je leur demande de  continuer à nous accompagner. A l’Etat, nous demandons la réhabilitation et le bitumage de RN2, afin de casser l’intolérable enclavement de Dioundou qui est aujourd’hui un département à part entière.
Les populations de notre localité  accordent un intérêt  particulier à la réhabilitation de cette route qui constitue un maillon essentiel des trafics commerciaux entre Dioundiou et ses  voisins intérieurs et extérieurs. Nous sollicitons aussi auprès de l’Etat la connexion électrique de tous les chefs-lieux des communes situés sur la RN2. La connexion devait commencer à partir du village de Lido à 35 km, elle peut couvrir tous les chefs-lieux des communes et certains villages. Ces deux doléances sont chères aux  populations du département de Dioundiou. Nous demandons à l’Etat d’accélérer la mise en place des différentes directions départementales. Des efforts ont été fournis dans ce sens, mais certaines directions n’ont pas de locaux propres à elles. Parmi ces directions, nous avons la Direction du Plan, l’Inspection Primaire, etc.  Un autre problème auquel le département est confronté aujourd’hui est relatif aux logements. Dioundiou, qui est le chef-lieu du département, ne dispose pas d’infrastructures pouvant contenir tous les agents affectés au titre du département. Quand nous recevons des missionnaires, nous avons des problèmes aussi pour les héberger. Nous avons engagé des pourparlers avec les opérateurs économiques du département pour qu’ils puissent construire des logements et résoudre définitivement ce problème.
Laouali Souleymane Envoyé Spécial(onep)

22 mai 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le jeudi, 28 mai 2015 06:52

Interview