jeudi, 28 mai 2015 05:44

Interview de M. Chaaibou Touné, Maire de la Commune rurale de Dioundou : «Les principales ressources de la Commune proviennent des taxes municipales et des taxes qu’on perçoit au niveau des marchés»

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Chaaibou TouneTout d’abord, veuillez, Monsieur le Maire, nous faire une brève présentation de votre commune rurale
La Commune rurale de Dioundiou a une superficie de 765, 30 km2 pour une population de 54.157 habitants. Elle est limitée au sud par la Commune rurale de Yélou, au Nord par la Commune rurale de Zabori, à l’est par la République Fédérale du Nigeria, au nord-est par la commune rurale de Karakara et à l’ouest par les communes de Farey et de Tessa.

La population, qui est composée de Haoussa, de Djerma et de Peulh,  est essentiellement occupée par les activités de l’agriculture et de l’élevage. Nous avons dans une moindre mesure une population occupée par les activités artisanales.

Une population active, Monsieur le Maire, cela génère des revenus et par conséquent le paiement des impôts.  A ce sujet peut on savoir le montant annuel du Budget de votre commune ; est ce qu’il y règne l’incivisme fiscal ?  
Effectivement, les principales ressources de la Commune proviennent des taxes municipales et des taxes qu’on perçoit au niveau des marchés. Nous avons deux importants marchés celui de Dioundiou et celui de Koutoumbou qui sont parmi les sources principales du financement de notre budget qui s’élève annuellement autour de 50 millions de FCFA. De cette somme, la part des taxes municipales est de 19 millions. Le reste provient des taxes de marchés et les taxes sur les charrettes et les mobiliers.

Pour ce qui est du paiement des impôts au niveau des citoyens de notre commune, il arrive que certains villages s’y acquittent entièrement avant délai. Mais il faut aussi dire que parmi les 72 villages et tribus que comptent la commune beaucoup n’arrive qu’à 50 à 60% de recouvrement d’impôt. Ce qui fait qu’on se retrouve avec beaucoup de villages accusant des arriérés de paiement d’impôts sur un ou plusieurs exercices. Pour ceux qui ont eu à s’acquitter entièrement de leurs impôts nous pouvons citer des villages comme Komakaina, Kago ou Hamdallahi.
Mieux, nous avons des riches citoyens souvent ressortissants de notre Commune qui prennent l’initiative de payer entièrement de leur propre poche les impôts des villages dont ils sont originaires. C’est le cas d’un ressortissant natif de Dioundiou qui a pris l’engagement de payer entièrement les impôts du village Dioundiou, après avoir entièrement l’intégralité de l’impôt d’un village nommé Mourna Hadi. Cela est un acte citoyen exemplaire, qui au-delà de générosité de la personne qui sert d’exemple et participe aussi à l’éducation citoyenne de nos populations dans leurs rapports avec les institutions comme les communes qu’ils ont par ailleurs librement choisies pour les administrer.

C’est dire que l’incivisme fiscal dont vous parlez existe également. Et actuellement, nous sommes entrain d’employer les moyens qui nous sont permis pour collecter ses ressources impayées sans lesquels aucun investissement propre n’est possible. Mais il faut aussi dire que nous encourageons et félicitons les conseillers communaux de Dioundiou, qui ne s’épargnent aucune occasion pour sensibiliser les populations dans le sens de s’acquitter de leur devoir à l’égard de la commune.
Il est des attributions des Communes de soutenir les actions sociales notamment à l’endroit des jeunes pour leur épanouissement.

 

Qu’est ce qu’il en est dans la Commune de Dioundiou ?
Nous avons au niveau de la Commune une association des jeunes officiellement reconnue et active. Nous avons également des projets dans les domaines sociaux tels qu’un Centre créé par une ONG dénommée Care Aid Social Developpement Organisation. Elle a financé la construction du Centre, elle l’a équipé de machines à coudre et la finalité est de recruter et former des jeunes à l’emploi et à leur épanouissement. C’est une très bonne initiative que nous saluons et notre souhait est que les jeunes qui seront formés puissent s’établir à leur compte pour contribuer eux aussi à lutter contre le chômage dans notre commune. Nous avons aussi le CFDC créé il y a deux ans qui a aussi commencé à recruter des jeunes, à les former.


Dieu merci, il va, avec un financement d’environ 400 millions de FCFA va se transformer en un grand centre de formation aux métiers pour couvrir l’ensemble du département soit la prise en charge d’au moins 200 apprenants. Il est aussi réjouissant de constater qu’en tant que nouveau département Dioudiou a bénéficié cette année de la création d’un CET (collège d’enseignement technique). Tout est déjà en place et heureusement nous au niveau de la commune nous disposons de réserves foncières pour faire face aux problèmes de l’accueil et la création de divers Services de l’Administration qui s’installent. Toujours sur le plan de l’emploi et l’encadrement de la jeunesse, même celle non scolarisée, nous avons beaucoup recruté des jeunes sur les sites de cash for work  et d’autres opérations à haute intensité de main d’œuvre qui  ont un impact social appréciable.


Toujours au chapitre de l’occupation des jeunes nous avons un aménagement hydro agricole qui mobilise sur toute la saison sèche des jeunes et des femmes à des activités de production maraichères, cela est facilité par notre position géographique en plein dallol Foga ou la nappe phréatique est peu profonde. L’Etat fait un grand effort pour soutenir ces campagnes de production agricoles à travers notamment une fourniture constantes des semences et les intrants agricoles souvent distribués gratuitement aux producteurs.


Bref, en termes d’emploi surtout dans le domaine agricole la jeunesse de Dioundiou est bien occupée et mobilisé et l’Etat et les autres institutions et organismes font de leur mieux pour assurer  un bon encadrement. Sur le plan des activités culturelles aussi nous avons une troupe artistique de Dioundiou très créative et a laquelle nous ne refusons rien dans le cadre de la promotion de notre culture.


Beaucoup de nos zones rurales sont souvent confrontées au problème de la faible scolarisation de la jeune fille, de son maintien en milieu scolaire et des mariages précoces. Est-ce que Dioundiou souffre d’une telle situation ?
C’est un là un problème dont nous ne nions pas l’existence au niveau de notre entité administrative. Cela m’a d’ailleurs amené à entreprendre une tournée au niveau des zones couvrant 79 écoles. Il y avait dans la délégation des responsables des institutions scolaires, des associations des parents d’élèves et de ce qu’on appelle les COGES pour mener une sensibilisation intense sur cette question de scolarisation des jeunes filles. Si vous faites une analyse de la question, les problèmes de la scolarité de la jeune fille en milieu rural est indissociable du problème de la pauvreté. 


Souvent, le problème n’est pas leur inscription à l’école, mais assurer leur maintien à l’école. Cependant, avec l’intensification de la lutte contre la pauvreté, notamment l’émergence des structures comme les groupements féminins, les mutuelles qui aident les femmes en milieu rural s’en sortir par des activités génératrices de revenus. Rien que cette semaine une campagne a débuter pour soutenir les femmes des 3 communes du département des centaines de chèvres rousses pour les soutenir en matière de petit élevage et soutenir la famille. Nous pensons que ces actions de lutte conte la pauvreté, combinée aux régulières campagnes de sensibilisation, est entrain de contribuer à vaincre tous les problèmes de la scolarisation de la jeune fille à l’école.

Mahaman Bako, envoyé spécial(onep)

28 mai2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le jeudi, 28 mai 2015 06:45

Interview