vendredi, 05 juin 2015 05:26

Invité : M. Mounkaïla Sorka, Préfet du département de Madaoua

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Mounkaila Sorka MadaouaLe Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, a bouclé ses 4 ans à la tête de l’Etat. En tant que 1er responsable administratif du département de Madaoua, pouvez-vous nous donner, ne serait-ce qu’un bref aperçu, des actions et investissements réalisés au niveau de votre entité administrative dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Renaissance?

‘’Nous avons connu une véritable relance de la production maraîchère et agricole à travers des multiples appuis de l’Etat et de ses partenaires (…) en faveur des associations et groupements de producteurs’’


Dans le cadre des quatre ans d’actions du Gouvernement de la 7ème République, il faudra d’abord noter et saluer une action qui a été primordiale, à savoir celle de la sécurité et de la stabilisation du pays. Sans sécurité, on ne peut rien entreprendre. Et sur ce plan, nous autorités administratives de l’intérieur du pays, nous avons salué l’institution de ce qu’on appelle les patrouilles départementales qui opèrent nuit et jour pour assurer la sécurité publique et  la quiétude des populations. Quant à la sécurité entière de notre pays, là il n’y a aucun commentaire à faire. Le Président de la République s’est investi avec un courage qu’il faut saluer, pour donner les moyens humains et matériels nécessaires à nos FDS afin d’assurer la sécurité et l’intégrité territoriale de notre pays.


Coté réalisations concrètes,  durant ces quatre ans, Madaoua a bénéficié de beaucoup d’investissements en termes de construction de classes scolaires et de recrutement du personnel enseignant, surtout en zones rurales. Mieux, je témoigne que l’ensemble des établissements scolaires publiques, primaires comme collèges, ont été dotés de fournitures scolaires suffisantes pour assurer une bonne scolarité aux élèves. L’Education n’aurait pas été bien assurée sans une action déterminante pour assurer le manger à nos populations et les mettre à l’abri des mauvaises campagnes agricoles. Dès la première année d’exercice du pouvoir par le Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, des programmes d’intervention d’urgences ont été mis en route au bénéfice des populations.


Mieux, à travers l’Initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens), le Gouvernement a activement et abondamment soutenu la production irriguée. Le département que je dirige, à savoir celui de Madaoua, est situé dans ce qu’on appelle la vallée de la Tarka, donc une zone aménageable pour la production irriguée. Sur ce plan, nous avons connu une véritable relance de la production maraichère et agricole à travers des multiples appuis de l’Etat et de ses partenaires en semences, en intrants agricoles, en motopompes destinées aux associations et groupements de producteurs et productrices.


Aujourd’hui, dans tout le département de Madaoua, comme résultats de tous ces investissements, je n’en veux pour seule preuve que la production de l’oignon qui a presque doublé à Madaoua ; or c’est là la principale culture de rente et d’exportation de  notre pays. Mais il n’y a pas que l’oignon. D’énormes superficies ont également été aménagées pour produire des céréales et autres cultures vivrières comme le maïs, le  sorgho. Pour augmenter le potentiel en matière d’agriculture et surtout pour fixer les populations,  les programmes d’urgence, dits aussi à haute intensité de main-d’œuvre pour récupérer ou protéger des terres agricoles ou pastorales, ont généré des milliards de Francs CFA qui sont directement allés dans la rémunération des populations rurales employées à ces tâches.


S’ajoutent également des opérations comme celles dites de distribution gratuite ciblée qui ont touché des zones et des populations extrêmement vulnérables par temps de crises alimentaires. Là où ces genres de programmes d’urgence ne s’imposaient pas, l’Etat a procédé à d’autres interventions de soutien comme la vente des vivres à prix modérés au profit des populations. Un sac de céréale qui vaut 25.000 FCFA sur le marché est cédé par l’Etat à 12.500 FCFA aux ménages pour leur permettre de passer le cap de la période de soudure et de ne pas être à la merci des commerçants spéculateurs.


Du côté des partenaires, à travers les projets et programmes de développement, il y a eu des opérations dont je parlais tantôt  comme les cash for work et les cash transfert qui ont occupé et rémunéré les populations pauvres vulnérables. Il y a eu aussi d’autres opérations de soutien aux populations  comme  celles qui ont consisté à distribuer des petits ruminants à travers plusieurs communes du département. Le Programme de la Renaissance, durant ces quatre ans de mise en œuvre, a largement bénéficié aux populations de Madaoua à travers l’I3N, mais aussi dans des secteurs comme celui des routes.


La plus grande illustration à ce sujet pour nous à Madaoua, est la réception, par le Chef de l’Etat en personne, des travaux de réhabilitation du tronçon de la RN1 à savoir Tsernaoua-Madaoua-Guidan Roumji. Il y a aussi en cours de réalisation la route Madaoua-Bouza-Keita-Tahoua sans compter des centaines de km d’autres tronçons financés dans le cadre des réalisations, réhabilitations et entretien des routes en terre et des pistes rurales qui participent au désenclavement du département et de la Région de Madaoua.


Madaoua qui est une zone à composante sédentaires-nomades connait certainement des problèmes agriculteurs éleveurs sur la question de partage et d’accès aux ressources naturelles. Si c’est le cas, comment les gérer vous ?
Le département de Madaoua est effectivement une zone où passent les grands couloirs internationaux de passage d’animaux  en transhumance. Ces couloirs sont en train d’être sécurisés, mais on est cependant confronté à l’avancée du front agricole et à ce sujet, on a souvent des problèmes que nous arrivons, avec l’appui et la sagesse des chefs traditionnels, à aplanir. En tout cas, jusqu’ici, par rapport aux problèmes de couloirs de passage des animaux et des aires de pâturages nous avons toujours réussi à les régler et à éviter tout débordement. Mais globalement, c’est là des questions que nous cherchons à résoudre et à prévenir à travers la question du foncier rural et aussi l’appui de certains projets de développement qui ont de l’expertise dans le domaine.


Madaoua est aussi connue pour la qualité de certains de ses produits de terroir comme la fameuse natte dite ‘’Tabarma el Madaoua’’, des produits de maroquinerie et de forge, et même alimentaires comme le Kilichi de Madaoua. Est-ce que quelque chose est entrepris pour que le département tire le meilleur parti de ces produits ?
La préparation du Kilichi et la confection de la natte traditionnelle de Madaoua sont des activités qui occupent  beaucoup de personnes et qui génèrent beaucoup d’argent. Et sur un plan général, il y a un secteur artisanal qui a du potentiel et qui peut représenter un atout sur le plan économique pour Madaoua. Mais le constat est que tout cela reste un secteur à encadrer et à développer, et à ce propos  je profite de l’occasion que vous m’offrez pour lancer un appel aux structures étatiques et aux partenaires au développement de prospecter et voir comment une telle activité, qui véhicule avant tout une valeur culturelle et créative de  la zone, peut être promue, ne serait-ce que par un financement conséquent.


Mahaman Bako(onep)

05 juin 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 05 juin 2015 06:05

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