vendredi, 18 septembre 2015 07:59

Interview : Idrissa Issoufou, Maire de Dosso : "La population doit s’approprier les acquis du 18 décembre 2014, et opérer un changement de mentalité afin de relever le défi de l’incivisme fiscal"

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Idrissa Issou DossoAprès des études supérieures à l’étranger, M. Idrissa Issoufou s’est installé dans sa ville natale Dosso où, il a réalisé beaucoup d’actions avant même d’être élu maire. Et c’est sans démagogie qu’il dira, « qu’il a toujours été maire avant même d’être maire élu de la commune ».

A la faveur de la fête tournante du 18 décembre, la commune de Dosso a bénéficié de nombreux investissements. M. Idrissa Issoufou a, au cours d’un entretien accordé à Sahel Dimanche, invité les populations de la cité des Djermakoyes à s’approprier les acquis de la fête tournante du 18 décembre.

 

M. le maire pouvez-vous nous présenter la commune urbaine de Dosso ?

La commune urbaine de Dosso, chef-lieu de la région, chef-lieu du département est située à 140 km de la capitale Niamey. Elle est composée essentiellement de Djermas, de haoussas, de touaregs ainsi que des expatriés. Sa population selon le recensement de 2010 est estimée à 99.000 habitants. La commune de Dosso est surtout connue par sa position de carrefour. Les activités principales menées par les populations de la commune de Dosso sont l’agriculture et l’élevage ainsi que le commerce qui prend de l’ampleur.

 

Dosso a abrité la fête tournante du 18 décembre 2014 sous l’appellation de Dosso Sogha. Comment se présente à l’heure actuelle la situation des infrastructures ?

De façon générale ça va dans l’ensemble. Néanmoins, il y a des infrastructures qui ne sont pas achevées et on attend leur réalisation définitive. Mais toujours est-il que ces travaux ont contribué de façon significative à donner une très bonne image à notre commune. Certes, toute œuvre humaine n’est jamais parfaite, il y a encore des travaux qui sont là et qui traînent. Par rapport à l’entretien et à la gestion de ces infrastructures comme je l’ai toujours dit, c’est un important investissement qui a été réalisé dans la commune de Dosso. Cela suppose automatiquement la question d’entretien.

 

Imaginer un investissement à hauteur de 40 milliards uniquement des travaux d’infrastructures, de voirie. Donc la question d’entretien doit prendre une place prépondérante parce qu’il ne suffit pas de réaliser, mais il faut aussi entretenir afin que ces infrastructures durent aussi longtemps que possible.

 

Au niveau de la commune de Dosso certes nous avons tout un projet d’entretien. Bien que nos capacités soient limitées, la commune de Dosso fait de son mieux ne serait-ce qu’au niveau de la voirie pour entretenir les voies qui sont nouvellement construites en pavé ou en goudron. Au niveau de certains sites également, la commune fait de son mieux. Mais, comme je l’ai dit plus haut, cela demande beaucoup de moyens financiers. Je saisi donc l’occasion pour demander à l’état de venir encore en appui à la commune pour que tous les investissements réalisés puissent être entretenus dans le temps afin que les générations futures en profitent.

 

La finition des travaux des caniveaux traîne toujours. Est-ce à cause d’un problème financier ou bien c’est juste un simple abandon ?

Je crois que là, c’est un problème financier qui se pose. Pour l’instant, aucun contrat n’a été résilié contrairement à ce qui se dit en ville. Donc à mon avis, c’est un problème financier lié à la capacité des entreprises auxquelles on a confié les travaux. C’est-à-dire que ces entreprises n’ont pas la capacité financière pour achever ces travaux. Je pense qu’ils attendent un décompte de la part de l’Etat.

 

M. le maire, Parlez-nous de l’incivisme fiscal au niveau de la commune. La situation s’est-elle améliorée ?

L’incivisme est un problème qui est commun à toutes les communes du Niger parce que ce sont les mentalités qui ne répondent pas. L’incivisme est là, on vit avec ; les populations ne paient pas leurs taxes, ni leurs impôts. C’est un problème sérieux. C’est une réalité qui est là ; chaque fois on essaie de faire des actions de sensibilisation pour que les gens changent de mentalité. Dans cette condition, on ne peut pas parler de développement. Un pays ne peut se développer sans la participation des communautés. Les partenaires qui veulent aider sont aussi exigeants ; ils demandent la contribution minime soit- elle, de la commune.

 

Le port sec et le chemin de fer   figurent parmi les grands chantiers du programme de la renaissance. Quels avantages les populations de la commune peuvent-elles tirer de ces réalisations ?

Les avantages sont multiples et variés. Pour la commune de Dosso, ça va être l’émergence d’une économie très forte sur l’échiquier national avec tout ce qui se dessine comme trafics de marchandises, et de personnes. Donc, cela va développer le tourisme et surtout le commerce. De l’autre côté, le plus important, est que cela va permettre aux jeunes de créer des activités génératrices de revenus et de réduire ainsi le chômage. Donc sur le plan économique, social et culturel, le port sec a un impact très significatif et qui va donner à la ville de Dosso des opportunités immenses pour que cette commune puisse émerger et se développer et peut-être constituer le premier pool économique du pays. Je crois que le port sec et le chemin de fer constituent des projets sur lesquels la région de Dosso fonde beaucoup d’espoir pour relancer notre économie particulièrement dans la ville de Dosso.

 

Dans quelques mois, le conseil municipal sera en fin de mandat. Etes-vous satisfait du travail accompli par le Conseil municipal ?

Je suis très satisfait. S’il y a une commune qui est satisfaite, c’est la commune de Dosso. Je ne parle pas avec démagogie, je parle sur la base de faits concrets. Il suffit de faire un tour dans la ville pour se rendre compte qu’il y a eu beaucoup de changements. Les conditions et le cadre de vie des populations se sont améliorés de façon significative. Je crois que le bilan est hautement positif. C’est le résultat qui compte. La commune de Dosso a connu un changement très significatif, positif.

 

Quelles sont vos ambitions pour la commune de Dosso ?

Je n’ai connu que ma commune après mes études supérieures à l’étranger. Je me suis installé chez moi à Dosso. J’ai fait beaucoup d’actions avant même d’être maire. Je l’ai toujours dit, j’ai toujours été maire avant d’être maire. Pour moi, être maire, c’est travailler pour sa commune ; et je vais continuer à travailler pour ma commune Dosso surtout qu’il y a beaucoup de choses que j’ai appris maintenant.

 

Avez-vous un appel à lancer à la population de Dosso ?

C’est de dire que la population doit s’approprier les acquis du 18 décembre 2014, et opérer un changement de mentalité afin de relever le défi de l’incivisme fiscal.

Propos recueillis par Mahamane Amadou /ONEP Dosso

 

18 septembre 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 18 septembre 2015 08:22

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