vendredi, 06 novembre 2015 07:04

Entretien avec le maire de Balleyara : ‘’L’eau de Balleyara est de mauvaise qualité et n’arrive pas à satisfaire la population’’, déclare M. Moctar Seyni

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Moctar SeyniMonsieur le maire, pouvez-vous nous présenter la Commune rurale de   Tagazar ?
Pour présenter brièvement la commune rurale de Tagazar, disons que c’est une commune qui a une superficie de 1. 314 km2 avec une population de 107. 114 habitants. Elle se situe à 98 km de Niamey et constitue l’unique commune du département de Balleyara, qui porte d’ailleurs le nom du chef-lieu de la commune, à savoir Balleyara.

La population de la commune est cosmopolite, constituée de Touaregs, de Zarma, de Haoussa, de Peuls et même de Kanouri. Cette diversité fait la richesse de notre commune.
La commune est aussi connue pour le marché de Balleyara qui a une renommée internationale. Située dans le Dallol Bosso, la commune rurale de Tagazar dispose en outre d’énormes potentialités agricoles et d’élevage, qui sont intensivement mises en valeur dans le cadre de l’Initiative 3 N.

Balleyara n’a pas d’adduction d’eau potable. Comment est-ce possible et comment font les populations pour s’approvisionner en eau potable ?
Aussi curieux que cela puisse être, Balleyara ne dispose effectivement pas de l’eau potable du fait qu’elle ne dispose pas d’installations de la SPEN. Nous ne disposons même pas d’une mini adduction d’eau potable. Ce dont nous disposons, c’est une pompe hertzienne, réalisée au cours de la construction de la route  bitumée en 1982. Cette eau est de mauvaise qualité et n’arrive pas à satisfaire la population aujourd’hui, compte tenu du nombre d’habitants qui est 16 000.

Les impôts rentrent-ils dans vos caisses d’autant que c’est Filingué qui récolterait certains impôts et taxes ?
Il faut distinguer deux types de taxes et impôts: les taxes propres à la commune qui sont directement recouvrées par les services de la commune, et les taxes rétrocédées à la commune qui sont recouvrées par les services de la DGI. C’est ce genre de taxes que les services des impôts de Filingué doivent recouvrer au profit de la commune. Il faut dire que nous souffrons beaucoup du manque de service des impôts à Balleyara, bien que celui-ci soit érigé en département. Il se déplace rarement  à Balleyara, de telle sorte que la part de taxes rétrocédées par l’Etat est quasiment nulle dans notre budget. Avec la loi de finance en cours, les collectivités ne peuvent pas recouvrer  elles-mêmes certaines catégories d’impôts. En l’absence de service  des impôts à Balleyara, c’est à la fois l’Etat et la commune qui perdent beaucoup d’argent.

Ce problème impacte-t-il le développement de votre commune ?
Affirmatif ! Imaginez que l’ensemble des boutiques, des moulins, des garages, des intermédiaires de vente de bétail, des maisons en location, soit imposé et que les 40% reviennent à la commune ! Nous pourrions réaliser beaucoup de choses dans le cadre du développement de notre commune.

Du point de vue salubrité, la ville de Balleyara ne semble pas être bien nantie. Qu’est-ce qui est envisagé pour y remédier  à cette situation ?
Effectivement, la ville de Balleyara n’est pas très propre, et cela s’explique par plusieurs raisons: d’abord, par le fait que la ville se trouve dans le lit du dallol, ce qui fait que l’eau ne coule pas et reste stagnante; ensuite, il y a le marché de Balleyara qui fait que des milliers de tonnes de déchets plastiques sont déversés dans la ville chaque semaine ; et enfin, nous n’avons pas hérité de matériels d’assainissement des gestions qui nous ont précédés. Mais, il faut reconnaitre que nous avons fait beaucoup d’efforts dans ce sens, plus que n’importe quelle commune rurale du Niger. Par exemple, nous avons payé un véhicule benne, un véhicule vidangeur, créé un service d’hygiène et d’assainissement dont nous avons le chef et sept (7) autres agents uniquement pour s’occuper de l’assainissement de la ville.  En outre, parallèlement, des partenaires nous appuient avec des petits matériels aratoires et des tombereaux. Vous comprenez donc pourquoi je dis de relativiser la saleté de la ville de Balleyara?
Quid  des voiries ?
Il nous manque véritablement de la voirie ici. Les seuls caniveaux qui existent sont ceux qui longent les goudrons et ils sont presque bouchés du fait  du comportement des commerçants. Mais, lors du dernier passage du Président de la République ici, lors du lancement des travaux de réhabilitation de la route Balleyara- Filingué, les populations m’ont  chargé de solliciter auprès de Son Excellence la construction de quelques kilomètres de voirie dans la ville de Balleyara. Nous avons grand espoir que cette doléance aboutira.

Quel est votre mot de la fin ?
Nous remercions le Gouvernement pour ce qu’il apporte aux communes afin de mieux asseoir le développement local. Pour notre cas, beaucoup d’efforts ont été faits dans le cadre de l’irrigation, des appuis en vivres, des kits bétail, des semences, etc.

Sani Soulé Manzo(onep)
06 novembre 2015
Source : http://lesahel.org/

 

Dernière modification le dimanche, 08 novembre 2015 20:01

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