vendredi, 06 novembre 2015 07:26

M. Yacouba Kadri, préfet du département de Balleyara : ‘’Le département dispose d’un des plus grands marchés à bétail du pays, et même de la sous-région’’

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Yacouba KadriMonsieur le préfet, veuillez nous présenter le tout jeune département de Balleyara dont vous avez la plus haute responsabilité…
Notre département est jeune en effet puisqu’il a été créé, en même temps que les 26 autres, en 2011 par la loi n°2011-22 du 8 août 2011 qui avait érigé les anciens postes administratifs en départements. Le département de Balleyara couvre une superficie de 1134 km2 avec une population de 107. 114 habitants selon le dernier recensement. 

Du point de vue géographique, il se situe à environ 100 km de Niamey sur la Route Nationale n°25, avant Filingué, un des départements limitrophes. Les autres départements qui l’entourent sont Loga, Ouallam, Boboye et Kollo. Comme vous le voyez, le département de Balleyara occupe le même territoire que la commune et le canton de Tagazar.


Du point de vue économique, il faut dire que notre département tire l’essentiel de ses ressources de l’agriculture, surtout les cultures irriguées, du fait que nous sommes installés sur le Dallol Bosso; de l’élevage, du commerce, mais aussi de l’artisanat. En ce qui concerne le commerce, il important de souligner que le département dispose d’un des plus grands marchés à bétail du pays, et même de la sous-région.


En ce qui concerne le volet sanitaire, le département dispose de 8 Centres de Santé Intégrés et de plusieurs Cases de Santé qui, dans la mesure de leurs possibilités, essaient de prendre en charge les préoccupations sanitaires des populations.


Il faut aussi ajouter que le département dispose d’un important nombre de ressortissants basés à Niamey et dans les autres villes du Niger qui apportent constamment leurs  appuis à la construction de la nouvelle entité.

 

Plusieurs années après la création de votre entité administrative, vous partagez encore certains services déconcentrés de l’Etat avec le département de Filingué. Quelles sont les conséquences de cet état de fait, notamment sur le plan fiscal ?
C’est vrai que, jusqu’à présent, nous partageons avec le département de Filingué un certain nombre de services départementaux. Il s’agit entre autres des services de santé, de l’état civil, de l’urbanisme et de l’équipement, de la culture et des sports, des impôts et des finances. Mais c’est surtout au niveau de ces deux derniers services que le problème se pose, car ils doivent être des services de proximité. Les services qui doivent asseoir l’assiette fiscale et recouvrer l’impôt doivent être sur place pour mieux cerner les personnes imposables. Tant qu’ils ne sont pas sur place, il y aura toujours des incompréhensions avec les commerçants, surtout que ces derniers trouveront beaucoup de difficultés à aller jusqu’à Filingué pour s’acquitter de leurs droits. L’autre difficulté, c’est le fait que le comptable de l’Etat est à Filingué. On trouve anormal que, pour des autorisations de dépense de 40 000 francs, l’on soit obligé d’aller jusqu’à Filingué.

 

Les villages de la zone de Balleyara, située pourtant à moins de 100 km de Niamey, ne reçoivent actuellement pas les programmes de la radio et de la télévision nationales. Depuis quand dure cette situation et qu’est-ce qui est envisagé pour pallier ce problème?
Le fait que les villages ne reçoivent pas les programmes de la télévision et de la radio a duré, et le problème a été posé à plusieurs reprises par les populations aux missions ministérielles d’évaluation de la campagne agro-sylvo-pastorale.


Il y a quelque temps, une mission de  l’ORTN  est venue ici pour en parler, et le terrain où l’antenne devait être implantée a même été octroyé par la mairie. Depuis lors, rien n’a été fait. Mais aux dernières nouvelles, nous avons appris que le marché a été attribué, donc nous gardons l’espoir.

 

Cela a-t-il un impact sur les politiques publiques au plan local ?
Bien sûr que cela a un impact négatif,  puisque les populations ne peuvent  écouter que les émissions des radios locales et communautaires qui, elles,  mettent peu ou pas du tout l’accent sur les politiques publiques.

 

Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas d’adduction d’eau potable dans la capitale départementale et que les habitants de la ville ne disposent que d’une  eau réputée polluée, donc impure ?
Il n’y a pas d’adduction d’eau potable, c’est vrai. Mais il est exagéré de dire que les populations de la ville boivent de l’eau polluée et impure parce qu’en dehors du forage artésien qui donne l’eau qui n’est pas bonne à la consommation et que personne n’achète d’ailleurs, il y a un peu partout dans la ville des forages qui procurent de l’eau de bonne qualité. C’est même au niveau de ces forages que la plupart des gens s’approvisionne.
Pour ce qui est de la mini-adduction d’eau potable, Balleyara ville est laissée à la SPEN qui a d’ailleurs envoyé une équipe d’experts chinois faire une étude là-dessus. Mais depuis ce jour, ils ne sont pas revenus. Aux dernières nouvelles, on nous a appris que le dossier est fin prêt, mais qu’il se pose un problème de financement.

 

De quoi votre département a-t-il bénéficié dans le cadre du Programme de Renaissance du Niger initié par le Chef de l’Etat ?
Dans le cadre du Programme de Renaissance initié par le Président de la République, Chef de l’Etat, SE Issoufou Mahamadou, le département de Balleyara a bénéficié de plusieurs réalisations dont et les plus récentes sont les deux routes qui vont être bitumées, des routes très importantes pour notre économie.


En dehors de ces routes, l’Etat et ses Partenaires Techniques et Financiers nous ont apporté beaucoup d’autres appuis, notamment dans le domaine de la santé et de l’agriculture, surtout l’agriculture de décrue, autrement dit les cultures maraichères qui sont une des spécificités de la région de Balleyara. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nos superficies cultivables ont été multipliées.  

 

Monsieur le préfet, quel est votre mot de la fin ?
Je voudrais tout simplement remercier les autorités de ce pays, au premier rang desquelles  S. E Monsieur le Président de la République, pour tout ce qu’elles ont fait pour nos populations.

Réalisée par Sani Soulé Manzo

06 novembre 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le dimanche, 08 novembre 2015 20:04

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