dimanche, 08 novembre 2015 21:20

Interview du Commissaire à l’Organisation du Hadj et de la Oumra M. Garba Bello

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Cheik-Bello-Garba-hadj-2015.jpgMonsieur, le Commissaire, quelles sont les dispositions prises en amont sur les grands aspects de l’organisation du Hadj 2015 ?
Cette année, le hadj a été malheureusement marqué par des événements douloureux, et je profite pour présenter mes condoléances à toutes les familles des pèlerins décédés, souhaiter un prompt rétablissement aux blessés et formuler l’espoir de retrouver les disparus dans des bonnes conditions. En résumé, on peut dire que c’est un hadj réussi.

Nous pouvons le qualifier de réussite dans la mesure où nous avons pu transporter 14.023 personnes, c’est pas  mal déjà car nous avons  ramené toutes les personnes en état d’être ramené. Réussi aussi, parce qu’on a pu faire tout le voyage aller retour en trente cinq jours. En matière de transport, les frais sont repartis  entre les sociétés  nigériennes et les sociétés saoudiennes. Nous avons utilisé en 2013 trois transporteurs et ça s’est relativement bien passé, on a reconduit les mêmes transporteurs en 2014, ils n’ont pas pu assurer. En 2014, nous avions pris nos responsabilités, nous avons pris la résolution d’avoir une ligne directrice, notre rôle à nous c’est de transporter dans des bonnes conditions les pèlerins. C’est pourquoi nous avons expérimenté une autre formule en confiant le transport à notre société nationale Niger Airways, c’est notre compétence nationale en matière de transport.

«Le prix du hadj doit être étudié, il faut trouver un prix acceptable qui permette au pèlerin de bénéficier de toutes les prestations de qualité»


Du point de vue du schéma théorique, le schéma était très bon avec des programmes de vols très cohérents, à l’aller comme au retour. Chaque agence  savait le jour où ses pèlerins prennent le vol pour se préparer conséquemment. Il se trouve que dans le transport aérien comme dans d’autres activités, il y’a toujours des ratés et les ratés nous les avons eu au retour. L’important pour nous c’est tirer les  conséquences de tous les manquements du transporteur. A l’aller également, il y’a eu des jours  où les pèlerins ont passé des nuits à l’aéroport. Nous avons rapidement alerté les transporteurs, car ils ont la responsabilité de mettre les pèlerins dans des bonnes conditions. Pour ce qui est du retour, nous avons eu quatre jours de glissement, au lieu de commencer le 8  on a commencé  le 12 à ramener les pèlerins pour des raisons internes en Arabie Saoudite. Qu’à cela ne tienne, nous avons saisi notre transporteur d’une demande chiffrée de dédommagement, c’est cela notre travail, tirer les conséquences juridiques, dès qu’il y’a un problème.

 Pouvez nous parler spécifiquement des volets hébergement et santé ?
Nous avons visité  les bâtiments pour voir les présentations générales en matière de condition d’habitabilité. Dans l’ensemble, les logements étaient corrects, quand on se situe dans un contexte comme le hadj car il y’a la saturation un peu partout. Notre travail, c’est de nous assurer  que des conditions de vie  et de salubrité  sont correctes.

Pour ce qui est de la santé, ce volet est pris en charge à 100% par l’Etat nigérien. Cette année, il est assuré par cinq médecins et 23 autres agents du corps médical. C’est l’occasion de les remercier et de les féliciter pour le travail abattu avec toutes les pressions au cours de la bousculade de Mina. Les médicaments sont achetés ici  et transportés en Arabie Saoudite pour ce qui est de la dotation. Au cas où ils ne sont pas utilisés les médicaments sont ramenés et mis à la disposition des centres de santé par le Ministère de tutelle. Je tiens à les remercier vivement, car il y’a eu des moments où les agents de santé se  sont surpassés à cause de la forte pression des événements de Mina.

Justement à propos des événements de Mina, pouvez-vous nous dire le rôle joué par le COHO dans la gestion des conséquences de cette tragédie ?
Les conséquences de cette tragédie sont à deux niveaux : premièrement s’assurer comment se portent ceux qui sont concernés par cette tragédie. Deuxièmement évaluer réellement qui et qui sont morts, disparus ou blésés ?  Comment s’opérait la recherche ? Pour cela le COHO a effectué des visites dans le cadre du comité de crise en Arabie Saoudite. Et, ici au Niger, le COHO l’a fait dans le même cadre. Nous avons la fonction d’assurer l’identification des pèlerins, nous avons des listes des personnes. Nous avons avec nous présentement la liste des personnes décédées avec les photos, des disparus. Et surtout les effets, les bagages de gens décédés, des disparus. Nous avons toute une mallette, un fourre-tout composé de divers objets appartenant à ces gens là. Nous avons également les certificats de décès. Notre rôle ici au COHO, c’est l’assistance aux pèlerins vivants. Un rôle important de recherche  d’information pour contribuer  à l’alimentation des statistiques du comité national de crise.

Pour revenir à l’organisation principale, quels sont les motifs de satisfaction et les insuffisances constatées et qui restent à corriger ?
Les motifs de satisfaction c’est le fait de savoir qu’on est parti et qu’on est revenu avec les pèlerins et leurs bagages. Nous avions entendu beaucoup de choses, nous avions lu pleins de choses dans les journaux sur l’organisation du hadj. Peut être que les gens ne prennent pas le temps de s’asseoir  et d’analyser ce qui est en train de se faire. Ce que je veux dire c’est qu’on est dans une phase de construction progressive et peu à peu les choses vont s’améliorer. Et, dans ce cadre là le problème ce sont les inscriptions, maintenant nous avons pu maitriser les inscriptions dans des délais acceptables. Lorsqu’il y’a une période d’inscription, si c’est terminé, il n’ya plus d’inscription. Et ce qui est important de savoir c’est que les inscriptions sont informatisées et sécurisées. Les pèlerins sont sécurisés. Je peux parler de satisfaction  parce que l’informatisation est en train de gagner l’ensemble du système de hadj. Nos relations avec l’Arabie Saoudite est bonne parce que nous maitrisons bien les procédures d’organisation du hadj au niveau mondial. Nous avons des raisons de satisfaction, car tous ce qui dépend de nous en termes d‘organisation et de conception, nous l’avons fait et nous voulons qu’on nous suive dans les moindres détails. Ce sont des acquis qui sont là sur lesquels nous allons poser d’autres acquis. Ce sont là les résultats globaux qui nous paraissent satisfaisants.     

Et quels sont les points à améliorer ?
Actuellement  nous avons atteint la phase que nous faisons nous même. Tout ce que nous devons faire on l’a fait, la seule chose qui reste à faire on doit la faire avec l’appui de tout le monde.  Je parle du changement de comportement des pèlerins, je parle des mentalités, là il se pose un problème sérieux. Nous avions constaté également un problème d’encadrement sur le terrain et ce volet est une prestation fondamentale pour le pèlerin. Il attend de nous beaucoup d’appuis quand il est sur les lieux de pèlerinage. Cet appui on ne le sent pas sur le terrain. L’encadrement pour nous doit être autre que ce qu’il l’est actuellement. Ce sont des points sur lesquels nous allons travailler en collaboration avec nos partenaires. Et le prix du hadj doit être étudié, il faut trouver un prix acceptable  qui permette au pèlerin de bénéficier de toutes les prestations de qualité. Ce sont des aspects que nous devons corriger rapidement. Le souhait c’est de faire en sorte  que de plus en plus l’organisation du Hadj au Niger s’améliore.

Propos recueillis par Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)
09 novembre 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le dimanche, 08 novembre 2015 22:53

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