mardi, 01 décembre 2015 06:32

Entretien avec Docteur Seyni Moumouni Directeur de l’IRSH : ‘’Les pionniers de la recherche en SHS nous ont laissé un patrimoine inestimable qu’il faudra préserver et valoriser pour les générations futures’’

Évaluer cet élément
(1 Vote)

Seyni MoumouniDr Seyni Moumouni, l’Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) que vous dirigez organise un colloque international du 1er au 3 décembre 2015, et qui sera l’occasion de rendre hommage à trois chercheurs nigériens disparus récemment. Quelle est la contribution de ces illustres disparus dans le domaine sciences humaines et sociales ?

En effet, ce Colloque qui a pour thème « Les Sciences Humaines et Sociales et le défi du développement en Afrique » est dédié à nos devanciers, il s’agit du Dr Diouldé Laya sociologue, du Pr Arouna Hamidou Sidikou géographe et du Dr Boubé Gado archéologue. Pour nous, cette rencontre constitue le cadre approprié pour rendre un hommage mérité à ces pionniers de la recherche en Sciences Humaines et Sociales. Au cours de leur longue carrière, ils ont marqué la recherche en Sciences Humaines et Sociales au Niger et en Afrique.

A la fois chercheurs, collectionneurs et administrateurs, c’est grâce à leurs travaux que la recherche en Sciences Humaines et Sociales (SHS) au Niger a eu ses lettres de noblesse. Chacun dans son domaine de spécialisation a fait avancer les sciences sociales au Niger et en Afrique en général. Ils ont beaucoup contribué à la formation des cadres nigériens et à la mise en place des institutions et des secteurs administratifs de notre pays. Ils nous ont laissé par exemple deux prestigieuses institutions de recherche et de promotion des SHS. Il s’agit de l’IRSH et du Centre d’Etudes Linguistiques et Historiques par Traditions Orales (CELHTO) qui ont toujours entretenu des bonnes relations de collaboration.

 

Est-ce que la relève est assurée au Niger, dans le domaine des sciences humaines et sociales après le travail effectué par les pionniers auxquels vous rendez hommage aujourd’hui ?

Ces pionniers de la recherche en SHS nous ont laissé un patrimoine inestimable qu’il faudra préserver et valoriser pour les générations futures. Les Sciences Humaines et Sociales attirent davantage des jeunes aujourd’hui. Toutes les filières enregistrent des avancées significatives. La professionnalisation de certaines filières dans le cadre du programme (LMD) ouvrira avec intérêt les SHS au monde de l’entreprise donc à la société.

 

Quels sont les thèmes qui seront abordés au cours de ce colloque, où sont annoncés des chercheurs en sciences humaines et sociales venus de différents horizons ?

En plus des témoignages, le colloque s’organise au tour de trois sessions thématiques et des tables rondes. Ainsi, la Session Thématique 1 traitera des thèmes suivants : Etats des lieux des recherches en sciences humaines et sociales en Afrique ; Impact des Sciences Humaines et Sociales sur le renouvellement des connaissances; Recherche en Sciences humaines et sociales et développement, Financement et orientation de la recherche dans le domaine des SHS. Quant à la Session Thématique 2, elle portera sur les Défis et adaptations ; Défis de la gouvernance ; Adaptations et résiliences multiples. Enfin la Session thématique 3 intitulée Perspectives abordera les thèmes ci-après : Recherche et Professionnalisation des filières en SHS ; Interdisciplinarité dans le domaine des SHS ; Place de la recherche à l’heure de l’émergence des laboratoires à UAM ; Stratégie de financement et développement du partenariat (scientifique, institutionnel, etc).

En plus de ces conférences scientifiques, des tables rondes seront organisées sur les travaux de Dr Djouldé Laya et sur ceux du Pr Sidikou A. Hamidou et de Dr Boubé Gado.

 

Et, quelle est la portée de ces thèmes dans le contexte nigérien et africain actuel ?

Ce colloque offre l’occasion, à travers les thèmes qu’il aborde, de faire le point de la situation de la recherche scientifique dans le domaine des sciences humaines et sociales dans le sens d’une plus grande efficacité afin de mieux répondre aux défis multiples et aux attentes de la population. Il donne ainsi l’occasion aux divers spécialistes des sciences humaines et sociales de s’exprimer, d’évaluer et d’échanger les expériences.

 

Monsieur le Directeur, quelles sont les perspectives pour les sciences humaines et sociales dans ce contexte de mondialisation, avec tout ce qui la sous tend et ce qu’elle implique ?

Dans ce contexte de mondialisation les SHS peuvent jouer un rôle de premier plan face aux grands défis du XXIe siècle que sont le changement climatique, les contraintes énergétiques et environnementales, l’avènement de la société numérique, l’uniformisation culturelle, la croissance démographique, l’urbanisation, la recomposition des territoires, le développement des sous développés. Nous pensons que le contexte africain et nigérien en particulier avec ses problèmes essentiels de développements offre une potentialité dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales. Mais pour relever ces défis l’Etat doit faire de la recherche une question de souveraineté en mettant les moyens nécessaires.

Moutari Souley(onep)

1er décembre 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le samedi, 05 décembre 2015 00:54

Interview