vendredi, 11 décembre 2015 01:24

M. Maidagi Allambèye, ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture : ‘’Les principaux engagements pris par les Etats sont en parfaite harmonie avec ceux pris par les autres acteurs de la mise en œuvre de l’ECOWAP’’

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Maidadji AlambeyMonsieur le ministre d’Etat, du 17 au 19 novembre dernier, vous avez pris part, à Dakar, à la Conférence internationale sur l’Agriculture ouest-africaine. Cette rencontre a notamment adopté le Pacte régional  de partenariat pour la mise en œuvre de l’ECOWAP/PPDAA 2025. Quel est le contexte global qui se présente actuellement dans le secteur de l’Agriculture en Afrique de l’Ouest ?

La CEDEAO a adopté, en 2005, la politique agricole régionale (ECOWAP) qui a fixé des objectifs à atteindre par la Communauté. En 2009, le pacte régional ayant pour but de fédérer l’ensemble des acteurs autour de l’engagement régional commun a été signé. En 2010, le Programme Régional d’Investissement Agricole (PRIA) a été adopté pour préciser la politique agricole commune. Enfin, en 2011, un dispositif institutionnel chargé du pilotage, de l’exécution et du financement du PRIA a été mis en place.


Au niveau de chaque pays membre, un programme d’investissement agricole national (PNIA) a été élaboré. Au Niger, il s’agit de l’initiative 3N, conçue sous l’impulsion de son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat, et depuis, mise en œuvre par les ministères techniques du secteur rural.


Dix ans après l’adoption de l’ECOWAP, la CEDEAO a jugé nécessaire de faire le bilan des performances agricoles et alimentaires atteintes par les 15 pays membres. Globalement, nous pouvons retenir qu’en ce qui concerne les spéculations végétales, les volumes de production se sont accrus, en ce qui concerne surtout le riz et le mais; l’accroissement est dû à l’extension des superficies et l’utilisation des semences et d’intrants chimiques tels que l’engrais. Les tubercules et les cultures d’exportation, principalement le cacao, le caoutchouc, le coton et la noix de café, ont également vu leurs taux de croissance améliorés.
En ce qui concerne l’élevage, la production régionale des ruminants a connu un accroissement important.

Face à ce contexte général, un Pacte régional  de partenariat pour la mise en œuvre de l’ECOWAP/PPDAA 2025 a donc été adopté. Pouvez-vous nous édifier sur l’importance de l’adoption de ce Pacte ?
Le Pacte Régional a pour finalité de clarifier et de fédérer les engagements, les interventions et les responsabilités des différents acteurs concernés par la mise en œuvre de l’ECOWAP, qui sont les Etats, les Partenaires Techniques et Financiers, la société civile, les ONG, le secteur privé...

 

Au regard de ce Pacte régional, quelles sont les principales orientations et priorités retenues pour l’agriculture ouest-africaine à l’horizon 2025 ?
Tirant les leçons de 10 ans de mise en œuvre de l’ECOWAP, les différents acteurs réunis à Dakar du 14 au 19 novembre 2015 ont opté pour mettre l’accent sur une agriculture moderne et durable, fondée sur l’efficacité et l’efficience des exploitations familiales et la promotion des entreprises agricoles avec l’implication du secteur privé. Dans cette perspective, la nouvelle politique prend davantage en compte les nouvelles thématiques telles que le changement climatique, la nutrition, la protection sociale.


Par ailleurs, d’autres réajustements ont paru nécessaires et c’est fait. La question de la transformation des produits agricoles et la commercialisation y prendront une place plus importante.


Dans l’ECOWAO revue, l’approche genre sera davantage promue pour que soit reconnue et respectée la place de la femme dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles.

 

La mise en œuvre efficace du Pacte régional de partenariat de l’ECOWAP/PPDAA 2025 nécessite des engagements fermes de la part des Etats de la sous-région ouest-africaine. Y a-t-il des engagements pris par les Etats dans ce sens ? Si oui, lesquels ?
Outre les engagements communs aux parties prenantes, les principaux engagements pris par les Etats sont en parfaite harmonie avec ceux pris par les autres acteurs de la mise en œuvre de l’ECOWAP. Ce sont essentiellement les engagements visant à traduire en stratégie et programmes opérationnels les orientations de l’ECOWAP pour 2025, en cohérence avec la déclaration de Malabo de 2014 sur la croissance et la transformation accélérées de l’agriculture africaine pour une prospérité partagée, et l’amélioration des moyens d’existence d’une part, et avec l’objectif de développement durable d’autre part.

 

Il y a aussi l’engagement portant sur l’accélération des réformes foncières inclusives qui sécuriseront l’accès équitable des exploitations familiales aux ressources naturelles.


Il s’agit aussi  de mobiliser les financements pour réaliser les investissements publics permettant de rendre attractives les activités agro-sylvo-pastorales et halieutiques des exploitations familiales. Un autre engagement porte sur la prise des mesures fortes et appropriées pour rendre effectives la libre circulation des personnes et des biens.

 

Il importe de rappeler qu’en marge de la conférence régionale de l’ECOWAP, 10 ans et les perspectives 2015, se sont aussi tenus un forum sectoriel sur le financement de l’offensive agricole et un forum sectoriel sur le Programme de Productivité Agricole (PPAAO/WAPPP).


Enfin, il y a lieu de signaler que la délégation du Niger a exposé un produit relatif à la transformation du lait qui a été primé.
Assane Soumana(onep)
11 décembre 2015
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 11 décembre 2015 01:54

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