lundi, 08 février 2016 09:46

Entretien avec Monsieur Abdou Labo, candidat à l'élection présidentielle 1er tour du 21 février 2016 : «Le programme sur lequel je compte m'appuyer pour gouverner ou gérer ce pays (...) est intitulé ''Mon ambition pour le Niger''»

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Abdou Labo Niger Monsieur Abdou Labo, bonjour. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, premier tour du 21 février 2016. M. Labo, avec quel programme entendez-vous convaincre les électrices et les électeurs nigériens pour qu'ils vous accordent leurs suffrages ?
Merci, je voudrai profiter de cette opportunité que m'offre le CSC, et l'ORTN, de m'adresser aux nigériennes et nigériens pour leur présenter le programme sur lequel je compte m'appuyer pour gouverner ou gérer ce pays, si jamais ils m'assuraient leur confiance. Ce programme est tout simplement intitulé « Mon ambition pour le Niger ». Et il se décline en dix objectifs majeurs.

L'objectif N°1 assurer et garantir la paix, la sécurité nationale, la défense de l'intégrité nationale et le renforcement de l'unité nationale. L'objectif N° 2 l'instauration de la justice sociale et de l'Etat de droit. Trois, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Quatre, l'atteinte de la souveraineté alimentaire, et la promotion de l'agriculture familiale. Cinq, la santé et l'eau pour tous à l'horizon 2026. Six, faire fréquenter l'école à tous les enfants, filles comme garçons à partir de l'âge de 6 ans, et réhabiliter l'alphabétisation des adultes. Sept, la réhabilitation et la sauvegarde de l'environnement. Huit, la lutte contre la pauvreté, et le chômage des jeunes. Neuf, faire de la femme nigérienne une véritable actrice de développement économique et social du pays. Et enfin dix, le désenclavement du pays. Voilà le programme sur lequel je compte m'appuyer, comme je le disais, tantôt pour gérer ce pays-là, si jamais les nigériennes et nigériens m'accordaient leurs suffrages et leur confiance.


Bien, après la présentation de ce programme, j'aurai voulu développer tous les dix objectifs, mais je sais que le temps va nous manquer, alors je prendrai deux ou trois objectifs, que je vais développer. Prenons par exemple, l'objectif N°4, atteindre la souveraineté alimentaire et la promotion de l'agriculture familiale. Comme vous le savez le Niger est un pays à vocation agricole, et souvent le PIB de notre pays est toujours soumis à la bonne ou à la mauvaise campagne d'hivernage. Et pour ce faire donc, nous allons vraiment mettre l'accent sur l'agriculture. L'engrais est un aspect qui me tient beaucoup à cœur. L'engrais coûte extrêmement cher dans notre pays, autour de 13500 francs le sac, alors même qu'il est subventionné à 100%. Alors, moi j'ai l'intention, de ramener le sac d'engrais à 6000, 6500 francs le sac. Il va falloir justement amener l'engrais à portée du paysan, afin que la productivité s'améliore.


Pendant la saison des pluies, nous avons constaté que beaucoup d'eaux ne sont pas maitrisées, ne sont pas canalisées, et, nous avons entrepris effectivement la construction des seuils d'épandage, mais ils sont nettement inférieurs à ce qui, peut nous permettre justement de faire travailler les paysans au moins dix mois l'année. Donc, du côté de la retenue des eaux nous allons également mettre un accent particulier, afin que les eaux de pluies soient retenues, et utilisées rationnellement.


Je voudrai aussi profiter pour parler de l'objectif N° 3, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Il y a deux ou trois jours j'entendais dire que nous sommes passés de 103ème au 98ème rang sur l'indice de corruption, et le journaliste qui a présenté cela, le présentait comme une victoire, alors que si on est au 98ème rang, ça veut dire que c'est même inquiétant, parce qu'il n'y a que 161 ou 162 pays qui ont été concernés par cette histoire de corruption. Alors, la corruption fait perdre énormément d'argent, je le disais tantôt, je ne sais pas si je l'ai dit, vous savez les impôts, la douane, c'est deux secteurs sur lesquels nous comptons pour financer notre programme. Mais ceux qui rentrent dans les caisses de l'Etat, sont nettement en deçà de ceux nous sommes en mesure d'espérer. Alors il va falloir mettre vraiment un accent particulier sur cette corruption.


Le 98ème rang ne me satisfait pas du tout. Il faut descendre, il faut moraliser aussi bien les fonctionnaires que les opérateurs économiques pour que nous fassions de la lutte contre la corruption, une lutte que tous les nigériens doivent l'assumer. Donc, vraiment la bonne gouvernance, c'est la lutte contre la corruption, et c'est pour cela que nous l'avons placée en troisième position, et maintenant l'instauration de la justice, et de l'Etat de droit, vous savez, malheureusement la justice dans notre pays, on l'a toujours décriée. Les paysans, la grande majorité de nos concitoyens ont besoin de justice sociale, ont besoin d'égalité, d'équité, et surtout que nous allons prôner l'Etat de droit dans lequel la justice est quelque chose de capital.
Avec justement l'établissement de l'Etat de droit, nous sommes persuadés que la justice sociale qui implique comme quelqu'un l'a dit la justice tout court, fera évoluer notre pays, surtout que vous savez avec les partenaires extérieurs c'est un élément capital dans l'octroi des crédits et même de certaines subventions. Et l'objectif N°8 qui est la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes, tout le monde est persuadé aujourd'hui dans le monde entier qu'est un problème d'étendue mondiale, et surtout le chômage des jeunes. Il va falloir s'y pencher.


Nous avons notre petite idée pour faire travailler les jeunes. Vous avez le travail ce n'est pas seulement la fonction publique, ce n'est pas seulement le bureau, le travail, c'est l'occupation contre une certaine rémunération, contre un certain bien être. Donc, les jeunes et moi si jamais je suis élu nous nous retrouverons ensemble pour que je leur propose, et que eux également s'ils ont des idées, puisque nul ne détient la vérité absolu, parce qu'on va organiser une conférence sur cet aspect du chômage des jeunes. Ce chômage, l'oisiveté, est aussi source, c'est même ça la source principale de l'insécurité, de l'intégrisme. Et si nous arrivons en amont à occuper nos jeunes, nous aurons résolu en partie le problème du djihadisme.

 

Monsieur Labo, comment comptez-vous mobiliser les ressources nécessaires, à la mise en œuvre de ce programme ?
Bien merci. Comme vous le constatez effectivement ce programme va coûter beaucoup d'argent. Mais, vous savez quand justement on élabore un programme, on pense aussi à son financement. Dieu merci, nous y avons pensé. Alors, le financement, on ne va pas réinventer la roue. C'est d'abord les ressources internes, et ensuite les ressources externes. Par les ressources internes, il faut entendre les impôts, les taxes, la douane. Et pour ce faire nous avons l'intention d'accroitre l'assiette fiscale, parce que fort malheureusement notre pays n'est pas assez fiscalisé, si nous le comparons avec les pays de la même taille que nous. Nous avons l'intention, d'amener l'assiette fiscale aux alentours de 25%, pendant tout le mandat pour atteindre les objectifs que nous nous sommes assignés.


Nous avons aussi l'intention, ça je parle des impôts, c'est-à-dire la douane, tout le monde sait dans ce pays que très peu d'argent rentre dans les caisses de l'Etat, même si la douane fait beaucoup d'argent. Alors nous comptons restructurer la direction générale des douanes, moraliser les agents de douanes et même les opérateurs économiques afin que des moyens conséquents tels que nous les aurons adoptés à chaque budget annuels soient atteints voire dépassés. Mais effectivement il ne suffit pas de le dire, il faut aussi mettre ces deux institutions dans les conditions optimales pouvant leur permettre d'atteindre les objectifs que nous leur auront assignés. C'est ainsi que nous équiperons ces deux institutions de moyens aussi bien humains que matériels, de moyens conséquents afin de leur permettre d'atteindre ces objectifs-là. Je disais aussi tout à l'heure qu'il y a les ressources.


Ce n'est pas sorcier, il faut, dans un premier temps travailler avec la coopération bilatérale et multilatérale. Il faut s'endetter, mais de manière mesurée. Le monde entier s'endette. Il ne faudrait pas que les nigériens pensent qu'on est les seuls à nous endetter, et du reste nous sommes même très loin du ratio de l'UEMOA, qui nous autorise un endettement autour de 70% de notre PIB, donc l'endettement ne doit pas nous faire peur. Mais le tout n'est pas de s'endetter, mais de consommer ce que nous prenons et surtout de les utiliser rationnellement et en bon père de famille. Donc, voilà, je reprends encore une fois, il n'y a pas de secret à cela, il faut regarder du côté des amis et des institutions internationales.

 

Monsieur Labo, si vous êtes élu Président de la République, quelle serait la priorité de vos priorités sur l'ensemble de programme que vous venez de décliner ?
Oui merci, si j'étais élu, c'est vrai que tous les dix objectifs sont prioritaires, c'est dommage. Dans un pays pauvre tout est prioritaire, surtout dans notre pays. Mais ainsi que vous l'avez dit, il faut bien commencer par quelque chose, et dans ces priorités il faut prioriser, quelque chose. Et c'est ainsi que nous avons privilégié, et d'ailleurs c'est cela que j'avais mis dans mes objectifs, mon objectif premier, la paix, assurer et garantir la paix, et la sécurité sociale, parce que vous avez, il y a un adage qui dit, il n'y a pas de développement sans sécurité. Certains vous diront oui mais, il ne peut pas y avoir de sécurité sans développement.


Mais dans le cas du Niger, nous sommes à l'aise pour dire qu'il n'y a pas de développement sans sécurité, dans la mesure où nous vivons dans notre chair les effets de l'insécurité, indépendant de notre volonté comme vous le savez, provoqués à l'ouest par les événements de Aqmi, de l'intégrisme. D'ailleurs toutes les insécurités ont pour sources l'intégrisme. Alors si jamais on n'arrivait pas à tranquilliser les nigériens, à sécuriser les nigériens, on ne comprendrait pas comment les nigériens pourraient s'assoir et travailler et développer ce pays.


Donc les neuf autres objectifs que nous sommes assignés sont tous tributaire de la paix et la sécurité nationale. Donc, c'est pour ce faire que nous allons continuer à assurer la sécurité et à garantir la paix à nos concitoyens et nous sommes persuadés que si nous arrivons à atteindre cet objectif le reste, je ne dirai pas que ce n'est facile, mais en tout cas, c'est d'abord cela qu'il faille faire afin de penser aux autres donc en conclusion, c'est l'objectif N°1 de mon programme, c'est cela qui sera la priorité de mes priorités.

(Interview réalisée par Télé Sahel)

08 février 2016

Source : http://lesahel.org/

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Dernière modification le lundi, 08 février 2016 11:16

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