jeudi, 11 février 2016 09:04

Entretien avec Monsieur Mahaman Jean-Philippe Padonou, candidat du CDP-Marhaba Bikhum, à l’élection présidentielle premier tour du 21 février 2016 : « Notre programme est clair ; il est essentiellement basé sur le monde rural, la jeunesse et la femme

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Mahaman Jean Philippe Padonou 01Monsieur Jean Padonou, vous êtes candidat à l’élection présidentielle du 21 février 2016. Sur quel programme entendez-vous convaincre les électeurs et électrices nigériens pour qu’ils vous accordent leurs suffrages ?

Notre programme est clair. Il est essentiellement basé sur le monde rural, la jeunesse et la femme. Nous disons le monde rural parce que jadis, le Niger avait une économie essentiellement basée sur l’agriculture et l’élevage. L’agriculture en cela que le Niger est l’un des premiers pays producteurs d’arachide. Nous avons eu la chance de connaitre cette époque. Et à l’époque, le Niger exportait plus qu’il n’en importait. Aujourd’hui c’est tout à fait le contraire. Nous avions sillonné le pays et nous avions échangé. Nous avons compris que la problématique du pays c’est le monde rural. Donc notre action sera essentiellement basée sur elle. Identifier les produits en mesures d’être exploités, exportés pour créer la richesse. Nous avons par exemple le riz. Il est temps de développer la filière.

Le fleuve Niger traverse notre pays sur à peu près 500 km, soit à peu près 1000 km de berge. Notre programme c’est de relancer la filière riz sur toutes les berges du fleuve Niger pour atteindre au bout de cinq (5) ans l’autosuffisance alimentaire en matière de riz. Et que dis-je, au bout de cinq ans, exporter dans la sous-région. Cela est faisable en se basant sur notre jeunesse. Nous avons l’Ecole d’agronomie qui forme ; mais ils vont où ces jeunes après leur formation ? Et bien, ce programme leur est destiné. Nous avons la filière oignon qu’il va falloir reprendre et restructurer. Nous avons la filière ail, la filière pomme de terre, la filière sésame et la filière souchet. Tous ces produits sont des produits de rente destinés à l’exportation pour créer des richesses. Et également ce sont les jeunes que nous allons initier à ce programme.

Le point fort de notre programme également réside dans l’élevage. L’élevage c’est l’une des mamelles de notre économie. Le Niger est le premier producteur de bétail dans la sous-région. Mais qu’est-ce que nous faisons ? Nous exportons ce bétail vers les pays tiers ! Nous, nous allons  arrêter l’exportation de bétail qui ne nous crée aucune plus value, aucune richesse. Nous nous engageons une fois élus, à créer dans les six (6) mois, les industries à ressources animales. C’est-à-dire des abattoirs qui répondent aux normes internationales pour exporter la viande du Niger en lieu et place du bovin, des ovins et des caprins. Et là également ce sont les jeunes. Donc il faut réhabiliter cet élevage qui est jusqu’ici contemplatif pour en faire un élevage productif. Créer au besoin des zones essentiellement pastorales.

 

Le problème qui se pose à notre élevage c’est que vous avez des zones de pâturage où il manque d’eau. A ces zones il faut donc créer des points d’eau. Vous avez également des zones où il y a l’eau mais pas de pâturage. Et là également, il faut cultiver le pâturage. Le pâturage ne doit plus être que naturel. Donc allons vers cet élevage contemplatif pour le transformer en un élevage productif. Développons les industries animalières. La viande du Niger c’est la meilleure viande. Une viande de qualité qu’il va falloir exporter dans les pays voisins ; mais plus loin une viande non pas brute, mais une viande traitée. Je serais très heureux de voir dans les étalages et super marchés en Europe la viande du Niger. Et de facto nous allons vers des industries de traitement de peau parce qu’il faut transformer ces peaux en cuir pour les exporter.

 

Donc vous avez une création de richesses et d’emplois. Ce programme nous ne pouvons pas le faire seul. Nous sommes obligés de traiter avec la sous-région, en ce sens que nous retournions au système de troc. Les pays du nord nous fournissent à manger et nous, nous leur fournissons de la viande. Ce n’est pas un programme utopique, parce que nous l’avions édifié depuis 15 ans quand nous étions conseiller spécial du Président Tandja. Si nous sommes élus, nous allons appliquer ce programme et s’il nous est permis de travailler avec le prochain gouvernement, nous allons l’imposer.

 

Nous avons parlé des jeunes. Les jeunes sont laissés pour compte au Niger. Pour nous, le jeune égale formation, égale emploi. Il nous faut pour ces jeunes, créer des centres de formation dans toutes les régions et même dans les départements. Il va falloir former les jeunes dans la maçonnerie, la plomberie, la chaudronnerie, dans l’électricité bâtiment, dans la menuiserie métallique...tous ces emplois aujourd’hui sont opérés par des jeunes qui nous viennent d’ailleurs. Pour les contrats, nous disons oui, mais ça ne doit pas   excéder trois ans.

Ensuite quand vous regardez les cabinets du président de la république, du Premier ministre et du Président de l’Assemblée nationale, il y a une pléthore de conseillers et de chargés de mission. Il faut légiférer là-dessus. A notre avis il faut faire de la place, il faut recruter. Que le cabinet du Président de la république n’excède pas 100 conseillers et chargés de mission, que celui du Président de l’Assemblée et du Premier ministre n’excède pas 50. Que les départements ministériels n’excèdent pas 10. Et vous allez voir l’économie que nous allons faire pour pouvoir donner du travail aux jeunes. Il y a aussi un secteur privé qu’il faut redynamiser. Beaucoup de jeunes y travaillent mais qui ne sont pas employés. Ce sont des stagiaires. Il va falloir légiférer là-dessus.

 

Nous allons revoir nos richesses à savoir l’uranium et le pétrole. Vous conviendrez ave moi que le pétrole n’a rien rapporté aux Nigériens et cela est vraiment dommage. Et avec le recul, on comprend pourquoi le président Tandja était inquiet à la fin de son mandat. Voilà donc en gros ce que je peux vous dire sur notre programme, qui est repris sur notre site et dans un livret que tout le monde peut consulter.

 

Monsieur Padonou, comment comptez-vous mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ce programme ?

Avant de mobiliser, il faut faire le point sur l’état de surendettement de notre pays. Parce que ces cinq dernières années, notre pays a été surendetté et nous ne voyons pas les produits de ces investissements-là. Comment mobiliser les ressources ? Nous avons nos partenaires traditionnels, mais au-delà d’eux, allons vers le secteur privé, national, régional et international. Je connais des investisseurs privés qui sont prêts pour venir au Niger. Mais le Niger fait peur aux investisseurs.

 

Donc créons les conditions pour permettre à ces investisseurs de venir au Niger. Nous avons assisté la semaine dernière aux lancements des travaux de deux routes financées par des opérateurs privés, l’un nigérien et l’autre d’un pays voisin. Et si vous avez un opérateur économique nigérien qui est capable de financer 70 milliards de route et d’être payé à la fin des travaux, ça veut dire que dans notre secteur privé nous avons des capacités, des potentialités. Si également un opérateur économique voisin peut venir investir 70 milliards avant d’être payé, c’est que nous avons la preuve que le secteur privé est vecteur d’un développement économique. Nous avions tantôt parlé des abattoirs et de la filière qui seront là également financés par des privés. Donc la mobilisation des ressources comme je le disais tantot se fera à travers nos partenaires traditionnels qui sont le FMI, la BANQUE MONDIALE, la BOAD, la BAD, la BID, la Coopération bilatérale… mais également comme je le disais, le secteur privé national, régional et international.

 

Monsieur PADONOU si vous êtes élus Président de la République quelle sera la priorité des priorités du programme que vous venez de décliner ?

Tout est priorité au Niger. La santé c’est une priorité. Vous avez des pathologies qui se développent aujourd’hui au Niger comme le diabète, la tension… quel est le Nigérien capable de prendre en charge ces traitements ? Aujourd’hui si vous faites un AVC et qu’on vous amène aux urgences, la première ordonnance qu’on vous rédige c’est 80 000FCFA. La priorité des priorités c’est la santé pour tous. Et en cela vous avez des organismes qu’il faut complètement restructurer. Je pense à la Caisse nationale de sécurité sociale. Aujourd’hui il est inadmissible que dans nos établissements hospitaliers qu’on ne puisse pas disposer d’un plateau technique adéquat. Pas de centre de radiologie, pas de scanner… on les trouve dans une clinique privée.

 

Alors notre priorité c’est d’abord la santé puis l’éducation, la formation mais également la sécurité. Mais la sécurité ce n’est pas l’affaire du Niger tout seul, c’est l’affaire de toute la région. Donc nous n’avons pas une priorité ; nous avons des priorités et en cela il faut responsabiliser les ministres. Ils ont une mission ; ils doivent rendre compte. Les filières agricole et élevage sont également des priorités, il faut que le programme soit lancé dans les six premiers mois. Une des priorités c’est également l’intégration sous-régionale. Je crois que nous avons longtemps tergiversé et je crois qu’aujourd’hui, il faut que l’intégration se fasse. Nous devons avoir les mêmes programmes en matière d’énergie. Aujourd’hui le Niger ne peut tout seul régler ses problèmes énergétiques. Nous devons avoir en commun le problème de notre production agricole, production animalière…

 

Nous devons avoir en commun toutes ces politiques. Il faut que nous acceptions de perdre un peu de nos souverainetés respectives pour aller vers la création de ces grands ensembles qui sont la réponse à nos problèmes de sécurité et de développement. Moi je peine beaucoup pour notre jeunesse car elle n’a pas eu, ce que nous avons eu. A l’époque, vous allez à l’école, vous finissez, vous êtes orientés. Aujourd’hui l’Etat est défaillant. Nous avons un programme de construction de classes, nous avons des partenaires déjà disposés à financer ce volet. Ces mêmes partenaires sont également disposés à financer les établissements sanitaires à investir dans les filières de l’agriculture et de l’élevage ce qui va nous permettre de créer des plus-values dans tous les domaines. En matière de route, le problème fondamental c’est la construction et l’entretien des routes. Il faut donc revoir la CAFER. Elle doit être à mesure de construire et d’entretenir les routes.

Onep

11 février 2016

Source : http://lesahel.org/

Groupe Hiza 01

Dernière modification le jeudi, 11 février 2016 10:09

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