vendredi, 12 février 2016 10:47

Entretien avec M. Cheiffou Amadou, candidat du RSD Gaskiya, à l’élection présidentielle 1er tour du 21 février 2016

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Amadou Cheiffou Election Presidentielle entretien 1Monsieur Cheiffou Amadou, vous êtes candidat à l’élection présidentielle 1er tour du 21 février 2016. Sur quel programme entendez-vous convaincre   les électeurs nigériens pour qu’ils vous accordent leurs suffrages ?

Mon programme officiel que j’ai déjà annoncé lors du dernier congrès de mon parti, s’appelle ‘’Rassembler pour Bâtir’’. C’est un programme intégrateur, un programme cohérent qui tient compte de toutes les préoccupations des Nigériens. Des Nigériens de la ville et des Nigériens de la campagne. Ce programme est conçu pour englober huit (8) axes stratégiques avec un accent particulier sur la jeunesse, les femmes et le monde rural.

 

Il comporte également une soixantaine de pôles de changements majeurs. Ce que j’appelle pôles de changements majeurs, ce sont les axes plus précis des gouvernements et d’actions concrètes. Exemple, dans le premier axe que j’appelle Démocratie, sécurité et bonne gouvernance, il y a une question qui me semble majeure. C’est la séparation des pouvoirs.

C’est fondamental. Par exemple, dans notre pays, la justice qui doit être indépendante et séparée des autres institutions, ne l’est pas encore totalement. A titre d’exemple, c’est encore le Président de la République qui est le Président du Conseil Supérieur de la Magistrature. A ce niveau-là, il y a une action majeure, une orientation majeure qui doit être prise sur laquelle je compte travailler. Autre exemple, le domaine de la santé, un des axes de mon programme et que je considère comme un droit fondamental. Je vais créer, incha Alla, de façon originale au Niger la couverture médicale universelle. C’est-à-dire que tous les Nigériens et toutes les Nigériennes seront soignés gratuitement. Qu’il soit au Niger, citoyen ou non citoyen, l’essentiel, ce qu’il soit au Niger à l’aide d’un système d’assurance de cotisation. Cela se pratique déjà dans beaucoup de pays, y compris les pays pauvres. Une des références à laquelle on se rapporte c’est Cuba qui est l’un des pays le plus pauvre au monde, mais qui se distingue sur le plan mondial par cela. La caractéristique aujourd’hui de notre système sanitaire, tout le monde le sait, c’est vraiment la médiocrité pour ne pas dire l’absence totale de soin.

«Mon programme officiel (…) s’appelle ‘’Rassembler pour Bâtir’’ (…) et englobe huit (8) axes stratégiques avec un accent particulier sur la jeunesse, les femmes et le monde rural»

Vous, quand vous arrivez on vous donne des ordonnances. Tout le monde sait que les services d’Urgence existent mais travaillent dans des conditions extrêmement difficiles. Tout le monde sait que les conditions de soin de la femme et des enfants qui doivent être gratuites ne le sont pas effectivement. Moi je vais proposer au pays un système de couverture médicale universelle où tout le monde en ville ou en campagne sera soigné gratuitement dans les dispensaires et les hôpitaux. C’est tout à fait possible !

Un autre exemple comme preuve d’action majeure, je m’appuierai sur la question de l’impunité. Impunité Zéro ! En quelque sorte j’ai la prétention et l’ambition de supprimer au Niger, l’esprit de corruption. Cet esprit où tout est argent ! Tout reflexe, dans l’administration, dans le public, dans le privé, tout est devenu argent. Un pays qui a atteint ce seuil, a atteint un seuil véritablement dangereux. Parce qu’en ce moment, progressivement, il n’y a aucune valeur qui tienne. Il n’y aura que la valeur de l’argent. Il n’y aura plus de valeur pour créer l’argent. Par conséquent, je voudrais être une référence dans ce domaine, de manière à ce qu’on dise que « voilà, c’est au temps du Président Cheiffou qu’on a commencé à supprimer l’esprit de la corruption au Niger ».

En matière de jeunesse. La jeunesse est très importante dans un pays. Si on arrive à bien traiter la jeunesse, on aura un atout majeur pour le développement. Par contre si la jeunesse n’est pas bien considérée, on risque d’obtenir des effets contraires et même d’aboutir à des crises. C’est ce que nous constatons actuellement : la jeunesse désœuvrée, la jeunesse dans un système éducatif inadapté ; cela ne peut que nous conduire dans la situation que vous connaissez. Dans ce domaine, qui, je l’avoue, est un domaine difficile, j’ai plusieurs projets dans mon programme. Je propose un système d’occupation valorisante des jeunes. C’est-à-dire qu’on ne laisse tomber personne. Il ne s’agit pas de dire que je vais créer tant de nombre d’emplois, il faut s’occuper de tous les jeunes d’une manière générale. Il y a ceux qui auront des emplois, Il y aura ceux qui seront aidés pour être des entrepreneurs, il y aura qui seront en formation et stage, etc… Certains seront orientés vers le monde rural, vers l’agriculture, vers l’élevage. Il faut diversifier et valoriser. C’est ainsi que nous pourrons réserver véritablement un avenir décent. Nous avons également prévu des initiatives de développement accéléré en faveur des jeunes et des femmes. Il y a déjà plusieurs sortes d’initiatives qui ont été initiées par les gouvernements précédents : les distributions des animaux sont des initiatives nouvelles. A cela, je voudrais créer un fond spécial qui va assurer des bonus dans des banques pour les projets des femmes et des jeunes. Ce sont des initiatives sur lesquelles nous allons réfléchir davantage. Nous allons également, surtout en ce qui concerne le monde rural, qui constitue l’essentiel de notre pays, faire une réflexion intégrée et mettre en place une nouvelle stratégie intégrée de développement rural qui intègre l’agriculture l’élevage, l’eau et la formation. Aujourd’hui malheureusement, ce secteur est éclaté : vous avez le ministère de l’Agriculture à part, le ministère de l’Elevage à part, celui de l’Hydraulique à part. Le résultat, lorsque l’un des secteurs est convenablement réglé, tel que par exemple l’alimentation, de l’autre côté il y a l’alimentation du bétail, il y a la sécheresse, il y a l’eau qui manquent. Or le monde rural doit être considéré comme un tout. Dans ce domaine, nous allons faire une véritable révolution.

Monsieur Cheiffou Amadou, comment comptez-vous mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ce programme ?

Bien sûr ! Ce n’est pas tout d’avoir un programme. Il faut également prévoir les financements. Les moyens de financement de ce programme sont en bonne place dans mon programme qui s’appelle ‘’Rassembler pour bâtir le Niger’’. Parmi les ressources auxquelles nous faisons appel, il y a d’abord les ressources classiques. Dans ce domaine, nous allons commencer à faire une meilleure gestion de notre budget. Aujourd’hui nous pensons qu’il n’y a pas un équilibre en ce qui concerne l’affectation des ressources internes et même externes reçues dans notre pays. Je donne comme exemple la quantité des crédits alloués aux activités politiques, les fonds politiques, les chargés de missions politiques, les conseillers techniques politiques et d’autres dépenses, je considère que nous allons fixer un taux maximal pour que ce soit des dépenses par rapport aux recettes réelles de notre budget.

Première mesure en ce qui concerne les ressources internes, une meilleure qualification, un meilleur assainissement des ressources internes existantes.

Deuxième catégorie de ressources : les ressources innovantes. Qu’est-ce que j’appelle les ressources innovantes ? Ce sont d’abord les ressources provenant des différents partenaires. Le Niger a un taux démographique très élevé. Le taux démographique est tel que la croissance ne suit pas ce taux démographique. Nos recettes budgétaires se trouvent donc en deçà de nos besoins. Alors qu’est-ce qu’il faut pour combler ce gap ? Pour combler ce gap, il faut faire appel à des investissements privés. Ces investissements qui rentrent dans le cadre du partenariat public-privé peuvent servir au Niger à rattraper le gap. Ceci d’autant plus que nous avons des voisins, de proches voisins comme le Nigéria qui ont la capacité de nous apporter l’aide dans ce domaine. Je le dis en connaissance de cause. Ayant pris des initiatives personnelles, j’ai pris des contacts avec des privés du Nigéria et j’ai pu mobiliser pour le Niger, des actions d’intervention de plus d’un (1) milliard de dollars. C’est simplement un exemple. C’est ce genre de ressources innovantes auxquelles il faut faire appel. D’autres instruments qui sont plus techniques, tel que le rachat des dettes, le recours à des dettes moins lourdes, moins chères, etc.

Troisième volet, c’est la valorisation de nos ressources existantes. Nos ressources minières en particulier l’uranium, le pétrole, l’or, etc… Cette revalorisation passe par une diversification des partenaires. En faisant diversifier les partenaires, nous serons en ce moment, en mesure d’obtenir plus avec nos ressources actuelles.

Enfin, quatrième possibilité, ce n’est pas seulement la fin, mais ce que j’ai en tête et qui est dans mon programme, c’est l’exploitation de nos gisements dormants. J’ai même entendu dire que le Niger est un accident géologique. Nous avons de l’Or, tout le monde le sait, dans le Nord aujourd’hui, il y a une ruée vers le Nord. Alors qu’est-ce que nous attendons pour exploiter pour les ressources de notre budget cet Or dont on parle en qualité massive. On parle aussi du marbre. Nous disposons semble-t-il de véritables montagnes de marbre, y compris du marbre cher. Nous disposons d’autres minerais dormants dont l’exploitation aujourd’hui, compte tenu des besoins du marché mondial, nécessite qu’on y pense très rapidement.

Voilà un peut les catégories de ressources auxquelles nous allons faire appel pour financer notre programme.

Monsieur Cheiffou, si vous êtes élu Président de la République quelle sera la priorité des priorités du programme que vous venez de décliner ?

Vous savez bien, dans notre pays tout est prioritaire. En réalité, on va s’atteler à la priorité qu’on trouve. Toutefois, aujourd’hui au Niger, une continuité. Nous avons une épine dans le pied qui concerne l’insécurité. C’est d’abord ça qu’il faut régler. Je m’attacherais avec la dernière énergie à régler le problème et à rendre le Niger sûr. Encore plus sûr.

Ceci dit, après ça, ma priorité c’est la jeunesse. Après la jeunesse, le monde rural. Bref, nous sommes dans un pays où tout est prioritaire, personne ne sera laissé sur le bord du trottoir. La priorité, en réalité, c’est l’action. La priorité concerne la remise au travail de l’administration. Car, quelque soient les ressources que nous avons, s’il n’y a pas une administration efficace, une administration qui travaille, nous ne pourrons même pas utiliser les ressources qui seront mises à notre disposition. Je crois que c’est le cas actuellement. Très peu de ressources ont été décaissées, parce que tout simplement, nous avons une administration qui n’est pas suffisamment performante. Dans les priorités, il y a la remise au travail de l’administration de manière à ce que nous puissions consommer avec la vitesse voulue. Car au Niger, les besoins sont tels qu’il faudrait vraiment faire plus et mieux que par le passé. Nos besoins sont tel qu’il faudra travailler pour rattraper le retard. Nous sommes le dernier pays au monde. Tout le monde le sait et nous le sommes depuis longtemps. Ce n’est pas la faute de X ou Y mais, c’est bien un problème conjoncturel qui est là. Il est posé et personne ne s’arrête. Nous aussi nous ne devons pas nous arrêter. Nous devons faire plus. Il faut absolument des investissements lourds et massifs. Il faut travailler vite et fort. Remettre les gens au travail, mais surtout supprimer définitivement cet esprit de corruption qui nous rabaisse tous les jours.

Incha Allah, avec l’aide et la compréhension de nos concitoyens et concitoyennes, on arrivera à bout.

Je vous remercie.

12 février 2016

Source : http://lesahel.org/

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