vendredi, 11 mars 2016 06:46

Interview : M. Mahaman Ousmane, président de la Commission Nationale des Elections Professionnelles (CONEP) : ‘’Le processus électoral est aujourd’hui à un stade d’exécution plutôt satisfaisant’’

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Mahaman Ousmane ConepMonsieur le président de la Commission Nationale des Elections Professionnelles, la CONEP a été créée par les autorités de la 7ème République dans l’optique d’organiser, superviser et suivre le processus électoral de détermination de la représentativité des organisations syndicales des travailleurs. Quelles les attributions et la composition d’une telle structure, et peut-on savoir exactement ce qui a été fait par la commission de son installation à aujourd’hui ?

Comme vous le savez, l’organisation des élections professionnelles au Niger a été essentiellement rendue possible grâce à une approche consensuelle voulue par l’ensemble des partenaires autour du code électoral professionnel qui est un socle juridique et institutionnel participatif. Ce processus, qui concerne les agents du secteur public et ceux du secteur privé, a été impulsé par le Ministère en charge du Travail avec, à l’origine, l’étroite implication des centrales syndicales et des organisations patronales, et a abouti à la création de la Commission Nationale des Elections Professionnelles (CONEP), une structure tripartite composée de l’Administration, des organisations professionnelles des travailleurs et du patronat.

 

La première activité de la CONEP, aussitôt après son installation, a été la conception d’un chronogramme de ses activités tenant compte de l’observance des délais légaux prescrits par le code électoral professionnel et l’évaluation des dépenses nécessaires à l’organisation du scrutin.

 

La planification des activités de la Commission Nationale des Elections Professionnelles a été conçue dans une logique ‘’de chaine’’ dont le déroulé global est synchronisé, c’est-à-dire que la réalisation d’une action en aval reste liée à une autre action en amont.

Pour rendre opérationnel le processus électoral professionnel et lui donner de la visibilité, il a été procédé, en relation étroite avec les autorités locales, à l’installation des commissions administratives ad hoc. Ces structures de base installées sur l’ensemble du territoire ont à charge, entre autres, le recensement des électeurs.

 

Composées de l’ensemble des organisations professionnelles engagées dans le processus électoral et des services de l’Etat représentés au niveau local, les commissions administratives ont identifié, de façon consensuelle et sur la base d’un cahier des charges, toutes les structures professionnelles implantées dans leurs localités, et recruté des agents recenseurs devant procéder à l’enrôlement de tous les travailleurs de la localité.

Parallèlement, le plan de communication de la CONEP prévoit que les travailleurs soient sensibilisés et mobilisés, à travers divers supports de communication, afin d’accélérer et de faciliter le processus de leur identification.

 

En outre, le ministre en charge du Travail a personnellement instruit les inspecteurs régionaux du Travail afin que, toute activité cessante, ils fassent le suivi opérationnel du présent processus auprès des autorités locales.

 

Parallèlement, les centrales syndicales ont été invitées à faire le point avec leurs structures régionales sur l’opération de recensement pour un suivi de proximité devant favoriser le consensus autour du fichier électoral.

 

Outre ces structures de base, la CONEP a été organisée en structures de relais aux niveaux régional et départemental, afin de parfaire la couverture nationale.

 

Le processus électoral est aujourd’hui à un stade plutôt satisfaisant d’exécution, car il est à une phase d’exigence, qui requiert une implication sans faille de tous les responsables des administrations, particulièrement les gouverneurs, les préfets, les maires et tous les acteurs syndicaux. Pour l’instant, toute l’attention est focalisée sur les élections politiques, mais aussitôt qu’elles auront été achevées, rien n’empêchera de lancer le processus électoral professionnel.

 

La Commission Nationale des Elections Professionnelles avait procédé à un recensement des travailleurs. Comment ce travail a-t-il été réalisé sur le terrain, et est-ce que tous les travailleurs ont été recensés ?

Les opérations de recensement, suivies de la phase de ratissage, viennent de s’achever, de même que le processus de saisie des données pour la production du fichier électoral provisoire.

 

A l’issue de cette étape, un listing par commune a été rendu disponible et porté à la connaissance des intéressés par le biais d’affichage en vue de susciter les corrections à intégrer dans la perspective de l’édition de la liste électorale définitive.

 

Pour faciliter cette opération de corrections, des missions de terrain ont été conduites auprès de toutes les commissions administratives sur l’ensemble du territoire afin d’aider à mieux organiser et finaliser le listing électoral.

 

Présentement, les corrections de toutes les régions sont intégrées, et nous attendons seulement celles de Niamey, qui sont en train d’être finalisées et validées au sein des différentes commissions administratives, pour disposer d’un fichier électoral à faire valider par la plénière de la CONEP et le rendre ainsi définitif et prêt pour le scrutin.

 

Quels peuvent être les avantages de ces élections professionnelles pour la Fonction Publique nigérienne et pour les structures syndicales du Niger ?

Comme je l’ai déjà dit, le Gouvernement a commis la Commission

Nationale des Elections Professionnelles (CONEP) dans un processus électoral de détermination de la représentativité des organisations syndicales des travailleurs pour déterminer, à travers les élections, laquelle des centrales mobilise le plus de travailleurs en son sein.

 

Ce processus est très utile pour les centrales elles-mêmes, car il leur donne l’occasion de jauger leur véritable force sur le terrain, et certainement d’identifier leurs éventuelles faiblesses en vue de les corriger.

 

Pour les pouvoirs publics, les élections professionnelles auront pour avantage premier l’amélioration du processus de dialogue social, car ils aideront ainsi à déterminer le poids électoral de chacune des centrales syndicales et donc sa légitimité. En ce qui concerne, de façon spécifique, les services de la Fonction Publique, les données issues de cette opération d’enrôlement, une fois désagrégées de celles des agents du privé, contribueront à l’amélioration des statistiques des ressources humaines publiques.

 

Est-ce que la Commission Nationale des Elections Professionnelles a réellement eu les moyens nécessaires pour accomplir la mission qui lui a été assignée ?

Un processus de commande de biens et services devant rendre disponibles tous les supports et les moyens nécessaires à un bon déroulé du scrutin a été déployé, et on espère la mobilisation desdits moyens bien avant la date qui sera ultérieurement déterminée entre le Gouvernement et les centrales syndicales. De même, pour rendre moins laborieux le processus de production du listing électoral, une application informatique a été développée pour l’informatisation du fichier électoral.

Hassane Daouda(onep)

11 mars 2016
Source : http://lesahel.org/

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