mercredi, 30 mars 2016 07:22

Interview du Vice-président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), Maitre Kadri Oumarou Sanda

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Kadri Oumarou SandaMonsieur le Vice-président, nous sommes au terme du premier tour de la présidentielle couplé aux législatives, et du 2ème tour de la présidentielle. Quel est votre sentiment après la proclamation des résultats globaux provisoires du second tour ?

C’est d’abord un sentiment de devoir accompli. Ensuite, un sentiment de satisfaction dans la mesure où la CENI, au regard de sa mission constitutionnelle et légale d’organisation et de supervision des opérations de vote, a gagné le pari et relevé le défi de l’organisation des élections présidentielles et législatives et ceci conformément aux délais constitutionnels requis et à son chronogramme.

Seul bémol, si l’on peut dire, à tout cela : il est regrettable qu’une partie des acteurs n’aient pas été au rendez-vous du 2ème tour des élections.

«L’organisation de ces élections aura surtout mis en exergue la capacité de la CENI ainsi que celle de l’ensemble des acteurs et partenaires électoraux de donner le meilleur d’eux-mêmes »

 

A propos de ces élections, il a été beaucoup question du déroulement des opérations de vote au niveau national. Qu’en est-il du vote des Nigériens de la diaspora, vu qu’il s’agit à cet égard de la première expérience de la CENI ?

Comme je l’ai déjà dit dans les colonnes de l’édition spéciale consacré à la publication des résultats détaillés des législatives, depuis les premières élections démocratiques de 1993 dans un contexte multipartisan, le Niger n’a plus organisé le vote des Nigériens de la diaspora.

 

Cette année 2016, la CENI a organisé les élections dans trente six (36) pays où nos compatriotes sont présents, et, aujourd’hui, les Nigériens de la diaspora sont représentés par cinq (5) députés à l’Assemblée Nationale. Vous imaginez l’ampleur du travail que notre institution a dû abattre en un temps record. Il a fallu d’abord procéder à la distribution des cartes d’électeurs, constituer, ensuite, les commissions décentralisées de la diaspora dans tous les 36 pays, et, enfin, acheminer le matériel électoral et superviser les trois scrutins. Dieu merci, tout s’est globalement bien déroulé, aussi bien pour le premier tour de la présidentielle couplé aux législatives que pour le second tour du scrutin présidentiel. Je pense, sincèrement, que cet effort de la CENI méritait d’être souligné.

 

Les seuls incidents enregistrés au cours des opérations de vote pour le second tour de la présidentielle ont été signalés à Lomé et à Cotonou. Quel commentaire vous inspirent ces incidents ?

Il y a eu effectivement quelques incidents à Lomé où quelques individus ont posé des actes violents pour tenter de perturber ou d’empêcher le bon déroulement du 2ème tour des élections présidentielles. Fort heureusement, les autorités togolaises ont rapidement pris en charge la situation, ce qui a permis un déroulement normal des opérations de vote.

Les autorités togolaises examinent sans doute la suite à réserver à ces actes regrettables.

En outre, à Cotonou, il a été relevé des tentatives d’agression physique, suite auxquelles la Présidente de la Commission, Magistrat, a porté plainte devant les autorités compétentes béninoises.

 

Un autre défi que la CENI a su relever à travers ces élections, c’est, on l’a dit plus haut, le bon déroulement du scrutin. Et ce, en dépit de certaines difficultés de départ et de parcours et d’un climat assez tendu entre les acteurs politiques. S’y ajoute un climat sécuritaire peu favorable. Nonobstant cet environnement pour le moins défavorable, le processus électoral a abouti. M. le président, comment expliquez-vous cela ?

C’est vrai que les élections de 2016 se sont déroulées dans un climat politique particulier caractérisé par un déficit de dialogue entre les acteurs politiques qui a beaucoup impacté le processus électoral. A cela s’ajoute évidemment la question sécuritaire qui a été prise en charge avec efficacité partout dans le pays par les FDS, y compris au niveau des bureaux de vote, ce qui a permis aux électeurs d’exercer leurs droits civiques en toute sérénité. Permettez-moi, au demeurant, de rendre, une fois de plus, hommage à nos FDS pour leur sens élevé du devoir et pour leur professionnalisme exemplaire.

 

Pour conclure, je peux dire que, l’un dans l’autre, l’organisation de ces élections aura surtout mis en exergue la capacité de la CENI ainsi que celle de l’ensemble des acteurs et partenaires électoraux, l’Etat en tête, de donner le meilleur d’eux-mêmes, afin non seulement de remplir convenablement cette haute mission au service du peuple nigérien mais également d’œuvrer, ce faisant, pour le renforcement du processus démocratique nigérien. /.

Réalisée par Assane Soumana(onep)

30 mars 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le mercredi, 30 mars 2016 08:17

Interview