mardi, 19 juillet 2016 08:03

Interview : Mme Mamane Zeinabou Habou Barmo, Secrétaire Générale du Syndicat National de Travailleurs et Travailleuses Autonome de l’Economie Informelle (SYNATRA)

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Mamane Zeinabou Habou BarmoMme la Secrétaire générale vous venez d’être élue 2ème secrétaire générale adjointe de l’Union de Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN) au titre de votre structure le Syndicat National de Travailleurs et Travailleuses Autonome de l’Economie Informelle (SYNATRA) ; Que doit-on entendre par ‘’Economie informelle’’ ?

L’Economie informelle est un grand groupe qui est constitué de plusieurs acteurs, de plusieurs corps de métiers, des femmes, des hommes et souvent des enfants. Un secteur où les acteurs sont très mobiles et n’ont pas une certaine connaissance en ce qui concerne l’organisation associative ou syndicale. Ils œuvrent dans leur travail avec un certain nombre des difficultés telles que l’insuffisance de moyens financiers pour exécuter leur projet et n’ont pas accès aux crédits pour augmenter leur capital. C’est parfois des entreprises familiales où le personnel n’a ni un lieu fixe, ni une comptabilité à tenir, ne paye pas les impôts et n’a pas accès à la protection sociale.

«Nous avons eu à mettre en place plusieurs syndicats dans différents corps de métiers qui prennent aujourd’hui conscience de l’importance d’une structure»



Quel est alors l’objectif poursuivi par votre syndicat ?

Notre objectif, c’est d’organiser tous ces différents groupes dans la mesure du possible, leur apporter notre appui, les former afin de les amener à revendiquer certains droits auxquels ils aspirent.

Quelles sont les activités que vous avez menées depuis la création de votre syndicat ?

Le bilan est trop vaste. Il y a eu des hauts et des bas, mais il y a eu plus de hauts que de bas par exemple quand nous avons créé ce syndicat en 2005 les gens pensaient que c’est juste pour pouvoir s’insérer au niveau de l’USTN mais avec le temps ils ont compris qu’on est là pour aider ceux qui sont dans ce groupe et nous avons organisé plusieurs activités avec l’appui de notre grande centrale USTN et des autres partenaires tant au niveau national, régional qu’international. Nous avons eu à mettre en place beaucoup de Syndicats dans différents corps de métiers qui prennent aujourd’hui conscience de l’importance d’une structure et qui sont eux même en train de sensibiliser d’autres qui n’ont pas rejoint le groupe. Nous avons organisé des formations des formateurs etc. Notre structure est présente dans toutes les huit régions du Niger. Aujourd’hui le Syndicat National des Travailleurs et Travailleuses Autonome de l’Economie Informelle a fait un parcours excellent car nous sommes affilés à l’Internationale des Ouvriers du Transport, nous sommes également membre de Street Net International basé à Durban (Afrique du Sud) qui s’occupe de vendeurs et vendeuses de riz. A travers ces deux internationales nous avons eu une autre affiliation au niveau de Wiego une autre internationale qui s’occupe des travailleuses et fait la promotion des femmes travailleuses. Notre structure a aussi reçu le financement de l’ITE à travers le projet pour travailleurs informels du transport qui a pour but de faire la visibilité des femmes travailleuses du transport, les organiser et les former afin de nouer des relations avec d’autres associations et aboutir à de nouvelles conventions de travail. A cet effet, nous avons eu à organiser des ateliers de formation à Zinder, à Niamey et à Maradi. Nous avons également effectué une  

visite d’échange d’expérience à Lomé (Togo). Le SYNATRA est en train d’avoir le financement pour pouvoir appuyer les structures membres en renforcement de capacité et des acteurs dans leurs métiers.

Des problèmes se posent certainement par rapport à la situation de vos militants peut-on connaitre leur nature ?

Nous avons un nombre assez important des militants qui n’ont pas un lieu de travail fixe. Ils exercent principalement leurs activités aux alentours des marchés mettant ainsi leur vie en danger quand on sait qu’à Niamey les marchés sont trop concentrés et que même la Mairie a des difficultés pour les gérer en particulier le grand marché. Mais le problème le plus crucial auquel nos militants font face c’est celui du déguerpissement, un problème très sérieux car il n’y a pas de procédure à suivre. Quand la Mairie a besoin de sa place elle vient vous déguerpir. A cela s’ajoute le manque d’accès comme les autres commerçants qui peuvent déposer une garantie auprès de la Banque pour contracter un prêt mais aussi et surtout le manque de la protection sociale quand on sait que la santé coute excessivement cher au Niger. Nos militants n’ont aucun mécanisme qui leur permet l’accès à cette possibilité.

Qu’est- ce que vous avez entrepris pour résoudre ces problèmes ?

Nous sommes en train de sensibiliser nos militants pour les amener à mettre leur activité en valeur en cherchant des lieux fixes où les clients viendront eux-mêmes les chercher. Pour le déguerpissement, nous sommes en train de voir avec les autorités communales comment procéder à cette opération à l’amiable. En ce qui concerne la protection sociale, la structure a fait des plaidoyers pour qu’il y ait une certaine couverture au niveau de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour répondre aux normes internationales recommandées par les institutions internationales telles que l’Organisation Internationale de Travailleurs (OIT) et pour améliorer les conditions de travail de nos membres. Par rapport au socle de protection sociale, il y a eu la recommandation qui a tracé un certain nombre de processus de protection sociale pour le secteur de l’économie informelle et nous allons tout mettre en œuvre pour défendre les intérêts matériels et moraux de nos militants.

Propos recueillis par Aïchatou Hamma Wakasso(onep)

19 juillet 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le mardi, 19 juillet 2016 08:39

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