mardi, 16 août 2016 07:32

Interview du directeur régional des Transports de Diffa, M. Chekaraou Bagoudou : « Dans le cadre de la vulgarisation de la règlementation des transports nous avons mené des missions de sensibilisation à Mainé Soroa, N’Guigmi, Goudoumaria et Boutti »

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Monsieur le directeur, veuillez nous présenter la Direction des Transports de Diffa dont vous avez la charge.

Le service des transports a été créé en 1984 à Diffa. Il a été érigé en Direction Régionale des Transports Terrestres par arrêté N°82/ME/I/T/DGT du 22 juillet 1999. Un Centre Technique des Transports a été créé à N’Guigmi en 2007. Mais celui-ci n’est pas opérationnel depuis 2009 par manque d’activités. La Direction Régionale des Transports comprend les services suivants: un secrétariat ; un service des transports routiers ; un service des transports ferroviaires, maritimes et fluviaux ; et un service de la circulation et de la sécurité routières. La direction a un effectif de huit (08) agents.

Quelles sont les missions assignées à votre Direction ?

Le transport est un secteur d’appui aux activités économiques. Il contribue à la promotion d’une économie compétitive, assure l’approvisionnement du pays en produits divers, permet l’accès aux services sociaux de base (écoles, centres de santé) et facilite le brassage entre les populations. La Direction Régionale des Transports de Diffa est chargée de la mise en œuvre des politiques et stratégies dans les domaines des transports. Elle assure la promotion, l’organisation et le développement des transports dans la région. Ses principales attributions consistent à veiller à l’application et au respect des textes législatifs et règlementaires ; à participer aux études d’impact des programmes et projets mis en œuvre ; à participer au contrôle des infrastructures des transports ; à assurer l’exploitation des infrastructures des transports et du matériel de franchissement des obstacles naturels se trouvant sur le tracé des routes et du chemin de fer ; à assurer les visites périodiques d’homologation des embarcations affectées aux transports public et privé des personnes et des marchandises ; à assurer l’immatriculation des embarcations ; à assurer la collecte des informations relatives aux accidents de la circulation routière ; à participer aux audits de la signalisation routière ; à organiser et procéder à l’évaluation des candidats aux permis de conduire ; à veiller au respect des programmes de formation et d’évaluation des candidats au permis de conduire ; à suivre et contrôler les activités des établissements d’enseignement de la conduite automobile ; à suivre et contrôler les activités des garages et centres des formations en mécanique automobile ; à assurer le contrôle technique (visites de réception et visites périodiques) des véhicules terrestres automobiles à moteur, des remorques et des semi-remorques ; à délivrer, par délégation, les autorisations locales de transports terrestres de marchandises et de voyageurs ; à effectuer, avec l’assistance des forces de police et de gendarmerie, des contrôles inopinés des véhicules automobiles ; à apporter un appui/conseil aux partenaires et aux collectivités territoriales dans le secteur des transports ; et à assurer la tutelle des Centres Techniques des Transports et des structures sous tutelle (aviation civile, météorologie et Conseil Nigérien des Utilisateurs des Transports Publics ou CNUT).

Avez-vous les moyens nécessaires pour remplir convenablement vos missions ?

Les efforts sont déployés pour la modernisation de l’administration régionale des transports. Ainsi, nous venons d’être dotés de mobiliers de bureaux et de matériels informatiques neufs. Le personnel a aussi bénéficié de plusieurs formations pour le renforcement de ses capacités. Toutefois, des contraintes peuvent être signalées. Il s’agit notamment de la vétusté du véhicule acquis depuis 2007,un handicap pour les activités foraines; de la dégradation avancée des bureaux, logements et murs de clôture; de l’abandon des travaux de construction des nouveaux locaux de la Direction Régionale des Transports depuis 1997 ; de la clôture partielle de l’Aéroport de Diffa, ce qui génère une insécurité aérienne; de la rupture fréquente d’imprimés de permis de conduire et de titres de transport régionaux entrainant des retards dans la délivrance de ces documents ; de l’insuffisance du personnel (informaticien, documentaliste et secrétaire), ayant entrainé notamment, le non fonctionnement de la base des données et de l’insuffisance des moyens financiers pour le fonctionnement.

Comment se présente la situation du parc automobile dans la région de Diffa ?

Le parc automobile a connu une progression significative entre 2014 et 2015 à cause des mesures sécuritaires prises dans le cadre de l’état d’urgence. En effet, en 2015, il a été demandé aux autochtones et aux résidents de se conformer aux dispositions du code de la route en immatriculant leurs véhicules au Niger. En plus, il a été interdit la circulation des vélomoteurs et des motocyclettes dans la région. Ces mesures ont eu pour conséquences l’augmentation sensible du parc auto, l’amélioration de la qualité des transports, ainsi que la sécurité routière. En ce qui concerne l’accroissement du parc automobile, on retiendra qu’il est passé de 4070 à 5464 véhicules entre 2014 et 2015, soit un taux de progression de plus 34% en un an. Quant au nombre de véhicules immatriculés, il est passé de 597 en 2014 à 1354 en 2015, soit une augmentation de 128%. En 2014, les motos représentaient 45% des immatriculations contre 2% en 2015. Relativement à la qualité des transports et de la sécurité routière, les véhicules de place ou taxi ont remplacé les taxis-motos à la satisfaction générale de la population. On estime aujourd’hui à 150, le nombre de taxis en circulation dans la ville de Diffa. Ainsi, il y a plus de confort dans les transports, moins d’encombrement sur les routes et peu d’accidents de la circulation routière.

Quel est votre mot de la fin M. le directeur ?

On retiendra que la population de Diffa a une méconnaissance de la règlementation en matière des transports. Toutefois, elle est disposée à s’y conformer comme en témoigne le respect des mesures visant l’immatriculation des véhicules et la circulation des motos prises dans le cadre de l’état d’urgence. Ainsi, il a été abandonné l’usage des plaques d’immatriculation étrangères et les taxis-motos ont fait place aux voitures taxis. Ainsi, dans le cadre de la vulgarisation de la règlementation des transports, nous avons mené des missions de sensibilisation à Mainé Soroa, N’Guigmi, Goudoumaria et Boutti. Toutefois, nos actions ont été limitées par le manque de moyens logistiques adaptés au terrain difficile comme celui de N’Gourti.

Réalisée par Mato Adamou ONEP Diffa

16 août 2016
Source : http://lesahel.org/

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