mercredi, 24 août 2016 21:18

Interview de M. Sani Abdourahamane, ministre des Enseignements Secondaires : « L’acquisition des fournitures concerne 609.517 collégiens et 84.593 lycéens »

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Sani Abdourahamane MinM. Sani Abdourahamane, ministre des Enseignements SecondairesMonsieur le ministre, vous avez lancé le 15 août 2016 l’opération de mise en place des fournitures scolaires devant servir durant l’année académique 2016-2017. Comment se déroule-t-elle au regard de la saison des pluies qui rend beaucoup de routes impraticables et de l’insécurité dans la région de Diffa ?

Effectivement, comme vous l’aviez souligné, nous avons lancé depuis le 15 août 2016 l’opération de mise en place de fournitures scolaires et matérielles pédagogiques au niveau des huit (8) régions de notre pays dans le cadre des préparatifs de la rentrée scolaire 2016/2017. Cette opération concerne, dans un premier temps, 84.593 lycéens qui effectueront leur rentrée le 15 septembre 2016. Elle concerne également les élèves des collèges des régions d’Agadez et de Diffa. Bien que l’opération se déroule pendant la période hivernale, la mise en place de ces fournitures se passe dans de bonnes conditions. A titre d’exemple, les fournitures des régions de Tahoua, Zinder, Maradi, Diffa, Dosso et Agadez ont été réceptionnées le 18 août 2016 au soir. Quant à celles de Tillabéri et Niamey, toutes les dispositions sont prises pour qu’elles soient acheminées au plus tard le mardi 23 août 2016.

Par rapport à l’état des routes dont vous faites allusion, il faut souligner que l’opération se déroule en deux (2) phases. La première phase va de Niamey aux chefs-lieux des régions et, est exécutée avec des camions, gros porteurs de 30 tonnes. Quant à la seconde phase, elle ira des chefs-lieux des régions aux établissements et sera exécutée avec des moyens de transport adaptés aux terrains. Pour cette phase, des délégations de crédits sont faites au profit des régions pour les appuyer. Des dispositions sont déjà prises afin que ces fournitures leur parviennent au plus tard le 31 août 2016.

 

Plus de trois milliards de francs CFA ont donc été investis par l’Etat pour l’achat de ces fournitures scolaires. Quels sont les effectifs de lycéens et de collégiens auxquels elles sont destinées ?

Dans le cadre de la rentrée scolaire 2016/2017, l’Etat a injecté, sur ressources propres, plus de trois milliards de francs CFA. Cette acquisition concerne 609.517 collégiens et 84.593 lycéens. Ces effectifs sont tirés des projections faites par les structures déconcentrées de mon département ministériel.

Quand interviendra la mise en place des fournitures destinées aux CEG des six (6) autres régions ?

Il y a lieu de rappeler que, depuis quelques années, la rentrée scolaire au niveau du cycle moyen (niveau des lycées) a lieu le 15 septembre de chaque année et celle du 1er cycle (collèges) le 1er octobre.

L’opération de mise en place des fournitures scolaires du cycle moyen est prévue prendre fin le mercredi 24 août 2016. Aussitôt après, démarrera la mise en place de fournitures scolaires et matérielles pédagogiques au niveau des collèges des six (6) autres régions. Compte tenu du nombre d’établissements scolaires à desservir, une période de trente (30) jours est prévue à cet effet.

 

Quel est l’Etat des classes et établissements secondaires du Pays ?

Il faut se réjouir de voir que, sur instructions de S.E.M. le Président de la République, les infrastructures au niveau des établissements d’enseignement secondaire se sont nettement améliorées tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Désormais, les salles de classe sont construites de façon à permettre de continuer en hauteur. Elles sont aussilivrées avec l’équipement requis. Les plans de construction dont dispose le Ministère incluent les salles de classes, les sanitaires, le bloc administratif, les logements, le mur de clôture, la bibliothèque et le laboratoire.C’est l’occasion pour moi de remercier nos partenaires intervenant dans ce domaine pour leur prédisposition à nous accompagner dans le respect des normes établies.

Ceci dit, malgré le récurrent problème de gestion des flux venant de l’Enseignement primaire, nous sommes en train de juguler l’équation que posent les paillotes dans nos villes et en milieu rural. Un travail remarquable est réalisé avec nos partenaires de la coopération luxembourgeoise surtout dans la région de Dosso pour une gestion durable des infrastructures qui implique aussi bien les élèves, les enseignants que les parents d’élèves.

Pour être honnête avec vous, les paillotes ne vont pas disparaitre d’un seul coup de nos établissements car, chaque année, les populations expriment de nouveaux besoins. Pour satisfaire cette demande justifiée et se conformer à l’option de rapprocher les élèves des lieux de résidence de leurs parents, beaucoup d’établissements ouvrent leurs portes avec des matériaux précaires.

Il faut tout de même noter que le Partenariat Public Privé (PPP) qui est une forme de collaboration entre le pouvoir public d’une part, et les entreprises privées, d’autre part, nous offre également une autre opportunité dans le domaine des infrastructures scolaires.

 

A Niamey, un établissement retient l’attention, le CES Banizoumbou qui comprend le lycée Kassaï et le CEG 15. Sera-t-il affecté par les travaux du troisième échangeur Diori Hamani?

Sur ce plan, les techniciens des différents ministères engagés dans la mise en œuvre du programme Niamey Nyala sont à pied d’œuvre pour la parfaite exécution des travaux. La Direction Régionale des Enseignements Secondaires de Niamey prendra toutes les dispositions idoines pour une bonne rentrée scolaire, pour que les élèves de ces établissements ne soient pas affectés par les travaux en question.

Dans tous les cas, ces travaux sont d’un intérêt hautement public auquel tous les Nigériens doivent apporter leur soutien et leur concours pour leur réalisation.

 

Enfin, y a-t-il une chance d’accord durable entre le Gouvernement et les syndicats du secteur qui sont en ébullition?

Lorsque vous parlez d’ébullition, je trouve le terme un peu démesuré quand on sait que le grand rassemblement des syndicats d’enseignants dénommé «CAUSE-NIGER» a levé son dernier mot d’ordre de grève quelques jours avant les examens du BEPC. Ceci dénote d’un processus de bonne dynamique partenariale entre les syndicats du Secteur et le Gouvernement.

Cependant, en tant que dynamique, nous voyons d’un bon œil que les syndicats nous posent continuellement des revendications et partant, nous multiplions les concertations et tout naturellement nous débouchons sur des accords. Si en 2014, notre ministère a créé et mis en place un cadre de concertation pour l’enseignement secondaire, c’est bien sûr pour se placer dans la pro action. Nous restons optimistes et sereins quant à la poursuite de cette dynamique qui nous a permis d’atteindre de très bons résultats dans le sous secteur des enseignements secondaires. Même du point de vue des revendications de ces partenaires syndicaux, beaucoup de points ont été satisfaits et nous estimons qu’une plate forme revendicative des syndicats ne se satisfait pas en un jour. Selon leur caractère, les questions se règlent à court, moyen et long terme. Comprenez que les syndicats viennent d’obtenir l’adoption du statut particulier qui consacre la carrière des enseignants. Cette revendication était posée depuis 1997 et a été reconduite par les différents mandats des syndicats jusqu’à cette date où notre gouvernement a fini par la faire aboutir.

Plus encourageant encore, nous constatons, chaque jour, une meilleure compréhension des réformes que nous mettons en œuvre dans le sous secteur de l’enseignement secondaire par les syndicats, les élèves et les parents d’élèves.

Pour conclure, je dirai qu’avec le cadre de concertation, nous avons l’ambition de trouver et mettre en application toutes les voies nous permettant d’asseoir une sérénité dans les établissements d’enseignement secondaire. Le Président de la République, Son Excellence Issoufou Mahamadou, nous a donné un cahier de charge. Nous sommes convaincu que c’est avec le concours de tous les partenaires que nous pourrons remplir ce cahier de charge, celui d’offrir aux élèves des CEG, CES et Lycées un enseignement général de qualité. Nous sommes aussi de ceux qui pensent que cela n’est possible que lorsque nous disposerons d’enseignants suffisamment qualifiés et motivés œuvrant dans des établissements où règne un climat de paix.

Réalisée par Sani Soulé Manzo(onep)

25 août 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le jeudi, 25 août 2016 05:19

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