lundi, 26 septembre 2016 02:57

Pr. Ambouta Karimou Jean-Marie, Faculté d'Agronomie, président du Comité scientifique du Colloque : ''Les systèmes oasiens sont extrêmement précieux à la vie humaine malgré les conditions climatiques environnantes très difficiles''.

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Ambouta Karimou Jean MarieL'Université de Niamey organise, les 28 et 29 septembre prochains, le colloque international sur les systèmes oasiens. Qu'est-ce qu'on appelle systèmes oasiens ?
Les systèmes oasiens sont des zones dans un environnement désertique ou semi-désertique où, grâce à la présence de l'eau, se développent de la végétation et des activités de production agricole et/ou d'élevage. Ce sont donc des sites en milieu hostile où on peut trouver de l'eau et de la nourriture, ainsi que la tranquillité et le repos. Pour les voyageurs et les populations qui y habitent, les systèmes oasiens sont extrêmement précieux à la vie humaine malgré les conditions climatiques environnantes très difficiles.

L'homme y joue un rôle déterminant en gérant, de manière précieuse, parfois depuis des siècles, l'accès à l'eau pour différents usagers de l'oasis. Ces zones sont malheureusement l'objet d'un grand nombre de menaces parmi lesquelles l'ensablement, la salinisation des eaux et des sols, la surexploitation des eaux de nappe, les maladies ou de dégénérescence des palmiers dattiers.
Aussi, dans de nombreux pays tant au Nord qu'au Sud du Sahara, on assiste ces dernières années à une accélération de la dégradation des ressources naturelles de ces systèmes oasiens sous l'effet conjugué de la pression de la population et des sécheresses récurrentes, entrainant ainsi l'insécurité alimentaire des ménages et l'exode. Dans certains systèmes oasiens, c'est au contraire le désintérêt pour ces zones qui entraine leur abandon progressif.

Pouvez-vous nous donner une idée de l'importance des systèmes oasiens dans la promotion du monde agricole ?
La présence de nappes relativement peu profondes et de sols provenant de sédiments fluvio-lacustres fertiles confèrent aux systèmes oasiens leur très forte valeur agricole avec possibilité de recourir à une culture irriguée intensive.
Au Niger, les oasis de l'Aïr Ténéré, et quelques autres grandes oasis du Sud-est sont très connues grâce à la qualité de leurs dattes. Le potentiel phoenicicole au Niger est estimé à plus de 720 000 pieds pour une production annuelle d'environ 8 000 tonnes de dattes.
S'agissant de la production des cultures associées ou non aux dattiers (oignon, pomme de terre, canne à sucre, tomate, ail, courge, chou, agrume, pamplemousse, etc.), aucune statistique nationale fiable n'est disponible. Cependant, pour les systèmes oasiens appelés ''cuvettes de Gouré'', une étude récente rapporte que les cinq spéculations agricoles les plus rencontrées dans les systèmes étudiés, à savoir le chou, la tomate, le manioc, la canne à sucre et la patate douce, se révèlent toutes rentables, le chou et l'oignon étant les plus rentables.

Quels sont les objectifs que vous visez à travers l'organisation de ce colloque international sur les systèmes oasiens ?
Ce colloque vise à rassembler les chercheurs et les développeurs intervenant dans les systèmes oasiens au Sud et au Nord du Sahara, pour partager leurs expériences sur les méthodes de préservation et d'utilisation durable de ces systèmes oasiens à très haute valeur agricole. Ce sera aussi l'occasion pour le Projet Interuniversitaire Ciblé (PIC) portant sur la ''Préservation des cuvettes oasiennes et de leur rôle socio-économique dans le sud-est du Niger'', organisateur de ce colloque international, de présenter les résultats des travaux de recherche menés à Gouré, et de dresser le bilan final de ses interventions. Ce colloque international vise enfin à donner, aux chercheurs et développeurs œuvrant dans les systèmes oasiens, l'occasion de se connaitre et ainsi d'asseoir les bases de la constitution de réseaux d'acteurs de recherche-développement sur les thématiques des systèmes oasiens.

Quel est le profil et le nombre des participants tant étrangers que locaux à ce grand forum ?
Pour les deux jours que vont durer les travaux, nous attendons la participation d'environ 100 personnes dont 85 Nigériens et 15 étrangers provenant de Belgique, de France, de Turquie, d'Algérie, du Maroc, de la Tunisie, de Mauritanie et d'Egypte.
Au cours de ce colloque, plusieurs participants présenteront des communications. Il s'agit spécialement de 46 Enseignants-chercheurs et Chercheurs des Universités et Instituts de recherche, et 6 Structures de développement, en l'occurrence des Organisations internationales, des ONG et des Projets.

Quelles sont les thématiques qui seront abordées au cours de ce colloque ?
Plusieurs thèmes seront traités lors de ce colloque international, à savoir les ''Méthodes et techniques de lutte contre les menaces sur les systèmes oasiens''; la ''Préservation du potentiel agro-économique et environnemental des systèmes oasiens''; la ''Valorisation des systèmes oasiens'' ; et enfin les ''Stratégies d'adaptation et de résilience développées par les populations locales''.

Quelles sont vos attentes au sortir de ce colloque international ?
Compte tenu des objectifs visés par ce colloque, nos attentes au sortir du colloque international sont : (1) Les échanges et débats suite aux présentations des communications ont été intenses et de haut niveau ; (2) Les participants ont été intéressés par les thématiques traitées ; (3) Les sessions tant plénières que parallèles ont été suivies avec assiduité ; (4) Un bilan positif du Projet interuniversitaire ciblé (PIC) portant sur la ''Préservation des cuvettes oasiennes et leur rôle socio-économique dans le sud-est du Niger'' a été dressé ; (5) Les bases de la constitution de réseaux d'acteurs de recherche-développement sur les thématiques des systèmes oasiens ont été posées.

Réalisée par Oumarou Moussa(onep)
22 septembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le lundi, 26 septembre 2016 03:44

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