vendredi, 11 novembre 2016 08:11

Interview : Ministre Rhissa Ag Boula, président du Comité d’organisation d’Agadez Sokni

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Rgissa Ag Boula InterviewMonsieur le ministre, nous sommes à un mois de la fête tournante du 18 Décembre. Est-ce que d’ici là, la Région d’Agadez ou plus particulièrement la ville d’Agadez, sera prête à accueillir et organiser les festivités?

A cette question, le président du Comité d’organisation d’Agadez Sokni que je suis, vous réponds par un ‘’oui’’ absolu. Toutes les infrastructures entrant dans le cadre de l’accueil et de l’hébergement des personnalités et de toutes les catégories d’invités à cette fête du 18 décembre seront prêtes d’ici le jour J. Quand je vous parle d’infrastructures, il faut comprendre des réalisations comme la Maison de la Culture, le Stade régional, les voiries à travers la ville d’Agadez, l’Aérogare et le Salon présidentiel, etc. Oui également au niveau des populations d’Agadez qui attendent l’événement avec impatience pour manifester l’enthousiasme et l’hospitalité qui les caractérisent. Du côté des autorités administratives et coutumières également, la mobilisation est grande pour rendre la fête et le séjour de tout le monde agréables.

‘’L’objectif que nous avons assigné à Agadez Sokni est celui d’une fête de la solidarité, de la consolidation de l’unité nationale et de la découverte ou la redécouverte de la culture de l’Aïr‘’.

Des obstacles ont dû se dresser dans l’organisation, notamment suite à l’opération déguerpissement des kiosques. Quelle était l’ampleur de ces difficultés et comment avez-vous réussi à les surmonter ?

Le Comité Agadez Sokni n’a pas eu de difficulté à déguerpir des commerces illégalement installés sur des domaines publics. Agadez, ce n’est pas Niamey. Quand tu occupes illégalement une place et qu’on te dit de déguerpir, tu déguerpis! Et cela sans chercher à savoir qui t’a donné l’ordre de déguerpir. Tout celui a été déguerpi, qui n’est pas content et qui conteste, a à sa disposition des voies de recours qu’il peut exercer. Cette affaire de déguerpissement, nous à Agadez, nous l’avons proprement réglée. De concert avec toutes les parties prenantes, y compris le Sultan de l’Aïr, le Comité Agadez Sokni a procédé au dégagement de toutes les boutiques, les kiosques, et les ‘’tabliers’’ qui ont établi leurs commerces ou ont construit sur la voie publique et son emprise.

Dans beaucoup de régions qui ont organisé les éditions tournantes du 18 Décembre,, on a assisté à tout un programme de mobilisation des populations à s’approprier cette fête avec tout ce que cela suppose comme accueil chaleureux et enthousiasme pour que la fête soit belle. Qu’est-ce qui est entrepris pour qu’il en soit ainsi à Agadez ?

Sokni veut dire, en langue tamasheq, la ‘’démonstration de la beauté’’. Rassurez-vous, Agadez, à cette occasion, va faire la démonstration de ce qu’elle possède de mieux sur ce plan. Pour ce faire, il y a une commission chargée de la mobilisation sociale qui travaille d’arrache-pied au sein du Comité afin d’amener tous les milieux sociaux d’Agadez à s’approprier cette fête. Il y a également une commission culturelle qui travaille dur pour que, tout le temps que va durer la fête, ceux qui se seront déplacés pour découvrir l’art, la culture et la beauté qui caractérisent Agadez ne soient pas déçus.

L’objectif que nous avons assigné à Agadez Sokni est celui d’une fête de la solidarité, la consolidation de l’unité nationale et la découverte ou la redécouverte de la culture de l’Aïr. Cependant, Agadez Sokni ne sera pas une fête pour découvrir singulièrement la culture de l’Aïr, mais un grand moment d’expression et de partage des autres éléments de la culture nigérienne. Par exemple, le spectacle de fantasia que nous projetons d’organiser comportera tous les aspects qu’on connait à ce spectacle selon les zones géographiques. Il y aura des chameliers et des âniers sur leurs montures richement harnachées, représentatives de la Région d’Agadez, mais aussi 200 chevaux issus des autres régions du Niger. C’est une fantasia qui aura une dimension nationale. Mieux, l’édition du Festival International de la Mode Africaine (FIMA) va se délocaliser à Agadez où d’ailleurs elle a vu le jour il y a 20 ans. Je rappelle que le styliste créateur de mode Alphadi a tenu la 1ère édition du FIMA sur les dunes de Tiguidit.   Je vous rassure donc que les populations d’Agadez seront à la hauteur de l’évènement ; tout le monde aura le cœur à la fête, à la solidarité avec nos invités.

Organiser un tel grand rassemblement à Agadez amène forcément à s’interroger sur la dimension sécuritaire. Que-ce-que vous pouvez dire pour rassurer les uns et les autres à ce sujet ?

Sur le plan sécurité, toutes les dispositions sont prises par les autorités administratives et militaires nationales régionales et même au niveau des autorités coutumières tout est mis en œuvre pour que tout se déroule dans les meilleures conditions. Et si jamais vous avez des inquiétudes quelque part, je vous rassure que nous allons faire de notre mieux pour que personne ne touche à un seul cheveu d’un festivalier durant Agadez Sokni.

Monsieur le ministre, est-ce qu’on peut considérer que la question du budget d’Agadez Sokni est réglée et qu’il n’y a aucune difficulté de financement ?

Là aussi, je vous rassure que le financement d’Agadez Sokni relève de la volonté personnelle du Président de la République. Cela fait partie d’un programme dans lequel il s’est engagé depuis qu’il est à la tête de l’Etat, un programme qui vise, à travers les fêtes tournantes du 18 Décembre, à consentir des investissements pour moderniser les capitales régionales et les autres grandes villes du Niger. Dieu merci, toutes les éditions précédentes comme Dosso Sogha, Niamey Nyala, Maradi Kolliya, ont été une réussite. Il n’y a donc   pas de raison qu’Agadez Sokni ne le soit pas. La question du financement de tous ces programmes qui relèvent du Budget national a toute l’attention du Président de la République et du Chef du Gouvernement. Et puis il faut que les uns et les autres comprennent que la réalisation et le financement des infrastructures d’Agadez Sokni, dont le coût prévisionnel est de 40 milliards de FCFA, ne restent pas circonstanciels de la tenue de la fête du 18 Décembre; c’est un processus qui va s’étaler au-delà de la fête. Cependant, l’accent est mis sur la réalisation des infrastructures courantes qui doivent servir, dans l’immédiat, à l’accueil et l’organisation des festivités. Les autres grandes infrastructures de modernisation de la ville, elles, vont continuer leur chemin jusqu’à 2017, et peut-être jusqu’à 2018. La fête tournante du 18 Décembre n’est que le meilleur prétexte pour démarrer le programme de modernisation d’Agadez, qui va concerner beaucoup de domaines d’investissements comme l’aménagement des boulevards avec double voies bitumées, l’aménagement des ronds points et la construction de plusieurs infrastructures pour accueillir des services régionaux comme la Santé, l’Education, l’Hydraulique et plusieurs autres services techniques dont certains louent, depuis des années, les bâtiments qui les abritent.   40 milliards d’investissements, c’est un coût prévisionnel; il y aura le coût réel du programme qui va s’étaler sur plusieurs années. Mais nous, notre responsabilité sera de veiller à la bonne gestion budgétaire et technique du programme. Notre satisfaction aujourd’hui est que tous les chantiers, même ceux qui ne finiront pas dans l’immédiat, ont démarré. Il y a des chantiers qui sont à 60% de leur taux d’exécution et d’autres qui sont même terminés.

Il y a donc un budget courant pour l’organisation des festivités d’Agadez Sokni et un autre d’investissements qui relève du long terme. Est-ce que pour l’organisation courante, vous aurez à faire appel à des contributions des citoyens de la Région ?

Bien sûr, dans l’organisation de ces genres de manifestation, ne serait-ce que pour le budget courant, les régions hôtes mettent à contribution leurs ressortissants ou des entreprises et sociétés localement implantées. Et sur ce plan, je remercie la mobilisation, notamment celle des sociétés implantées dans la Région d’Agadez qui se sont engagées à contribuer dans la prise en charge de certains aspects comme l’hébergement, la restauration, l’encadrement et même la réalisation de certains ouvrages. Nous remercions également certains operateurs économiques pour leurs contributions à l’organisation d’Agadez Sokni.

Pensez-vous que le Programme Agadez Sokni contribuera à relancer le tourisme qui est source d’une grande entrée de devises pour la Région d’Agadez, mais qui est, malheureusement depuis des années, en perte de vitesse ?

Quand nous avons pris en charge le Programme Agadez Sokni, nous nous sommes dit que ce n’est pas seulement une initiative pour moderniser la ville d’Agadez, mais nous avons en tête la réhabilitation de tout ce qu’elle recèle et représente en termes historiques, culturels, touristiques. Donc, créer les conditions de remettre en valeur tout ce patrimoine et attirer ainsi plus de visiteurs. Et la première des choses à laquelle nous avons pensé, a été d’inscrire dans le cahier de charges de la Commission Tourisme et Artisanat de penser, par exemple, à l’organisation de vols charters Paris-Agadez durant la période des manifestations. Ils sont à pied d’œuvre et notre souhait est que cette initiative se réalise.

Comme je vous le disais, le FIMA est prévu pour se tenir également à cette période à Agadez. Il y a aussi au programme des festivités l’organisation d’un spectacle que nous avons appelé ‘’les chants des dunes’’ qui sera une grande soirée où se produiront les plus célèbres groupes musicaux. Nous avons prévu aussi la cérémonie traditionnelle d’intronisation du Sultan d’Agadez avec tout ce que cela comporte comme spectacles. Je formule une fois encore l’espoir que tout cela contribuera à recréer la confiance et le retour d’un tourisme durable et profitable à l’économie de la Région.

Réalisée par Mahaman Bako(onep)
11 novembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le vendredi, 11 novembre 2016 09:12

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