lundi, 14 novembre 2016 06:05

Interview du ministre de l’Environnement, chef de la Délégation du Niger à la COP22 à Marrakech

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Almoustapha GarbaLa délégation du Niger à la COP22 qui se tient, depuis le 7 novembre à Marrakech, est conduite par le ministre de l’Environnement, M. Almoustapha Garba. Elle est forte d’une cinquantaine de membres issus, à la fois, des institutions gouvernementales mais aussi d’organisations non gouvernementales, des organisations de la société civile ainsi que de certains projets et programmes qui interviennent au Niger. Dans l’entretien qui va suivre, le ministre fait le point de la participation du Niger à Cette COP22.

 

 

« Pour cette rencontre de Marrakech, nous voulons aller de l’avant, en passant des intentions à l’action et, pour nous, l’action doit se matérialiser par des projets et programmes sur le terrain », déclrare M. Almoustapha Garba



Dans quel état d’esprit la délégation du Niger aborde la COP22 ?

Je vous remercie de cette occasion que vous offrez de faire le point sur la participation de la délégation du Niger à cette COP22. Notre délégation est forte d’une cinquantaine de membres issus à la fois des institutions gouvernementales mais aussi d’organisations non gouvernementales, des organisations de la société civile ainsi que de certains projets et programmes qui interviennent au Niger.

Depuis le démarrage des négociations, nous sommes organisés en plusieurs sous- groupes de travail qui suivent les différentes thématiques. On a particulièrement le groupe qui suit les négociations sur les organes de la convention, notamment sur l’Accord de Paris, sur le protocole de Kyoto. Aussi, tous les jours, les différents groupes font un compte rendu à l’équipe sur les avancées et les points de blocage afin que nous discutions ensemble pour voir les orientations à donner sur les positions nouvelles au fur et à mesure.

A ce niveau, je dirais qu’à part quelques petits soucis au niveau du groupe agriculture ou est apparue une certaine divergence entre le Groupe africain et le groupe européen, on peut dire que tout se passe très bien.

Quelle est la position du Niger par rapport à toutes ces négociations et par rapport à l’Accord de Paris?

Ecoutez, vous savez que le Niger fait partie du groupe de 77 plus la Chine. Pour l’Afrique, nous avons de négociateurs africains qui fédèrent un peu les positions de tous les pays africains et qui les défendent au niveau du groupe de 77 plus la Chine. Notre position, en règle générale, est une position de solidarité avec les autres pays africains. Il se passe une ambiance très solidaire et de cordialité très forte et nous avons une position qui est celle des pays de l’Union Africaine de façon assez large. Cette position est fondée sur le fait que nous devons mettre l’accent sur les questions de phénomène de changement climatique en plus de question d’atténuation. C’est vers ce progrès que nous voulons conduire l’opérationnalisation de l’Accord de Paris.

Vous savez que l’accord de Paris annonce seulement les grands principes. Ce sont des déclarations d’intention, il faut maintenant que nous passons à une phase concrète de mise en œuvre de cet accord à travers des actions réalistes sur le terrain et par rapport à cela, les pays africains, de façon générale, et le Niger, plaident pour les actions d’adaptation de nos populations qui sont malheureusement les plus vulnérables, qui sont les victimes du changement climatique.

Nous ne sommes pas des acteurs, nous ne sommes pas de responsables, mais nous sommes d’accord pour mener des actions d’atténuation, mais aussi et surtout des actions d’adaptation au phénomène du changement climatique. En cela, nous voulons que les partenaires des pays en développement s’engagent fermement à soutenir les efforts de nos états vulnérables, pour la mise en œuvre de ces actions d’atténuation et d’adaptation, mais aussi acceptent qu’il ait la mise en place des mécanismes de contrôle et de suivi de la réalité de ces engagements.

Qu’est-ce que le Niger attend concrètement de la COP22 ?

Nous attendons, comme tous les autres pays africains, qu’on passe des intentions à l’action. Cette COP22 est appelée la COP de l’action. Comme je le disais tantôt, la COP21 a été un moment solennel d’engagements très forts de toutes les parties. Pour cette rencontre de Marrakech, nous voulons aller de l’avant, en passant des intentions à l’action et, pour nous, l’action doit se matérialiser par des projets et programmes sur le terrain pour permettre à nos populations de lutter contre la pauvreté, de s’adapter au phénomène de changement climatique et également de mener des actions permettant d’atténuer les effets qui concourent à la dégradation de l’environnement, de façon générale, en l’occurrence la diminution du gaz à effet de serre. Donc, pour nous, l’essentiel c’est qu’il ait, à parti de cette cop, des engagements fermes à aller vers la mise en œuvre concrète de nos contributions et de nos attentes.

Propos recueillis par Dalatou Malam Mamane, envoyé spécial de l’ANP

14 novembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le lundi, 14 novembre 2016 06:35

Interview