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jeudi, 15 décembre 2016 01:07

Entretien avec Dr Adama Kemou, directrice de la Santé de la mère et de l’Enfant au Ministère de la santé publique, point focal du Partenariat de Ouagadougou au Niger : « Nous avons constaté dans nos annuaires statistiques que le taux d’utilisation de

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Daoura Hadizatou KafougouMme la directrice, qu’est ce que le Partenariat de Ouagadougou a apporté de plus dans la promotion de la PF au Niger ?

Ce que le partenariat de Ouagadougou à apporter de plus au Niger, c’est d’abord cette coordination autour du plan PF 2013-2020. Il faut dire que c’est à la suite de cette conférence d’où est né le Partenariat de Ouagadougou que le Niger a élaboré son plan d’action PF 2013-2020. Ce plan d’action a été lancé par le Premier ministre en février 2013. En plus de la coordination de tous les intervenants autour de ce plan, le partenariat de Ouagadougou a ensuite apporté un mouvement autour du repositionnement de la planification familiale, mais aussi le financement des différents partenaires, des bailleurs du plan d’action national budgétisé pour la PF.

« Nous avons constaté dans nos annuaires statistiques que le taux d’utilisation des contraceptifs augmente d’une année à une autre »

Concrètement est-ce que ce partenariat a permis d’augmenter le taux de prévalence contraceptive au Niger?

Absolument. Cela a permis d’augmenter le taux de prévalence contraceptive mais aussi nous avons aujourd’hui beaucoup d’interventions et beaucoup d’intervenants qui sont dans plusieurs zones au niveau des différents districts du Niger. Aussi nous avons constaté dans les données de routine de nos annuaires statistiques, que le taux d’utilisation des contraceptifs augmente d’une année à une autre. L’annuaire statistique du Niger a en effet montré en fin 2015, un taux d’utilisation de 24% alors qu’on était parti au début de ce mouvement en 2013 à 12 % du taux d’utilisation de la planification familiale.

Vraiment il y a des résultats. Aujourd’hui même l’environnement au Niger a changé. On parle de planification familiale au Niger alors que dans le temps, chacun a peur de parler de PF, aujourd’hui on en parle comme dans tous les pays, il y a des gens qui sont pour et il y a des gens qui sont contre, mais on en parle jusqu'à la plus haute autorité du Niger qui est le président de la République qui appelle à la parenté responsable. On a aussi des associations des chefs traditionnels qui œuvrent pour la planification familiale, des leaders religieux qui appuient la PF. Donc il y a beaucoup de changements au Niger. Même si les résultats ne sont pas encore ce qu’on veut, il y a des changements même dans l’environnement.

Comment les femmes nigériennes perçoivent-elles aujourd’hui la contraception ?

En tant que technicienne, je pense que pour la femme, la PF est toujours la bienvenue surtout quand elle connait les avantages de cette planification, quand elle a, à portée de main, les services de PF. Qui a plus besoin de planification familiale que la femme nigérienne qui vient d’accoucher ? Qui a plus besoin de planification familiale que ce jeune là qui est marié et qui voudrait continuer ses études ? Qui a plus besoin de planification familiale que cette femme qui a fait beaucoup d’enfants et qui veut vraiment arrêter ? Je pense que les femmes nigériennes sont plus que jamais déterminées à planifier leurs naissances. Cela parce que c’est de leur vie qu’il s’agit.

Mais comment aborder la question de la contraception des jeunes dans un pays comme le Niger?

C’est là ou c’est un peu plus délicat et malheureusement les faits sont là. Les jeunes sont confrontés aux problèmes de grossesses précoces, parfois non désirées, aux avortements… qui ont des conséquences irréparables sur leur avenir. On ne fait pas la promotion de la contraception chez les jeunes juste pour le faire. C’est du fait d’un certain nombre de constats et la santé a pour mission de prévenir certains problèmes de santé grave. Mais aussi, il ne faut pas se voiler la face, il y a ces questions de croissance démographique et de développement. Aujourd’hui on en parle parce que notre développement est en inadéquation avec la croissance démographique. Et ce sont les jeunes qui font le potentiel pour la croissance démographique, mais aussi pour la mortalité maternelle. Plus de la moitié des femmes qui meurent de la grossesse ont moins de 24 ans. Donc il faut promouvoir la PF pour les jeunes. Il est difficile dans un contexte comme le Niger, mais des efforts sont en train d’être faits et on y arrivera.

Par Idé Fatouma, Envoyée spéciale(onep)

15 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/

Dernière modification le samedi, 17 décembre 2016 04:08

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