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vendredi, 16 décembre 2016 01:14

Interview de M. Sadou Soloké, Gouverneur de la région d’Agadez : « Toute la population et l’ensemble des leaders sont impliqués dans la démarche et la dynamique de réussir Agadez Sokni, parce que c’est un projet pour la région »

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M. le gouverneur, Agadez, la région que vous dirigez depuis quelques mois, accueille cette année les festivités de la fête tournante du 18 décembre. Dans quel état d’esprit les autorités et les populations préparent cet évènement ?

Effectivement Agadez accueille cette année la fête tournante du 18 décembre. Notre tour arrive après Dosso Sogha en 2014 et Maradi Koliya en 2015. Comme vous pouvez l’imaginer aisément et le voir aussi, les populations de toute la région attendaient impatiemment l’avènement d’Agadez Sokni 2016. Le Président de la République, SE Issoufou Mahamadou, a en effet fait l’honneur aux populations d’Agadez en désignant la région pour accueillir ce grand événement national et elles en sont très ravies. Si vous vous rappelez encore, lors du lancement d’Agadez Sokni par le Premier ministre Brigi Rafini le 28 avril 2016, ces populations sont sorties massivement pour exprimer toute leur reconnaissance et leur gratitude envers SE Issoufou Mahamadou, Président de la République.

Ce choix est fait, comme pour les régions qui l’on précédée, pour donner à Agadez la chance de se voir dotée d’infrastructures socioéconomiques, administratives et culturelles, et pour améliorer le cadre de vie et de travail des populations. Ce sont des milliards qui sont investis pour réaliser ces infrastructures. A ce jour, je puis vous affirmer que les ressources affectées à la réalisation des infrastructures entrant dans le cadre d’Agadez Sokni sont effectivement en train d’être investies, et les travaux sont activement en cours pour la construction de diverses infrastructures. En plus de ces infrastructures c’est également un immense plaisir pour nous de devenir en cette circonstance la ‘’capitale du Niger’’ car nous allons accueillir toutes les personnalités nationales et sûrement certaines d’autres pays amis. Vous voyez bien que c’est un honneur pour nous AGADEZ SOKNI !

L’accueil d’un tel événement requiert la participation de tous les fils de la région. Est-ce que vous avez l’adhésion des leaders?

Vous savez, dès mon arrivée à la tête de la région d’Agadez, cela a été une de mes premières préoccupations. J’ai ainsi convoqué une grande réunion avec toutes les couches sociales de la population pour les entretenir du Programme de la Renaissance du Président de la République, SE Issoufou Mahamadou en général, et du programme SOKNI en particulier. Et je puis vous assurer qu’elles adhèrent totalement à ce programme : leaders religieux, leaders d’opinions, chefs traditionnels, acteurs de la société civile, tous sont engagés dans la réussite de cet événement. Je voudrais à ce sujet faire une mention spéciale à l’honorable sultan de l’Aïr Oumarou Ibrahim Oumarou qui, en plus de son engagement personnel et permanent pour la bonne organisation des festivités, a initié des tournées quotidiennes à pied dans les différents quartiers afin d’encourager les populations pour la salubrité et l’assainissement de la ville. C’est la première fois que je vois un sultan sillonner toute la ville, quartier par quartier, à pieds, pour mobiliser la population afin qu’elle s’implique davantage. Il s’agit là d’une action inédite et je l’en félicite beaucoup ! Je répète que l’ensemble de la population, des leaders coutumiers, religieux, d’opinions et même politiques, sont à nos côtés. Nous, autorités administratives, bénéficions donc d’une adhésion totale de toutes les filles et fils de la région. Spécialement, tous les leaders que je rencontre sont tous dans la démarche et la dynamique de réussir Agadez Sokni, parce que c’est un projet pour la région. Ils en font leur fête, et donc en ce sens, ils en font un défi. Les leaders et la population ont un apport important. Nous sommes satisfaits du degré de la mobilisation volontaire, mais aussi et surtout de l’organisation de toilettage de la ville. En effet, les habitants s’organisent par quartier pour apporter leur contribution à l’assainissement de la ville. Ils ont redoublé les initiatives de salubrité ces derniers temps pour offrir aux hôtes un cadre d’accueil et d’hébergement à la hauteur des personnalités qui assisteront à la fête.

Justement, comme vous l’aviez dit, il est prévu la réalisation d’infrastructures diverses pour moderniser la ville. A ce jour, quelle appréciation faites-vous des différents chantiers lancés ?

Il faut souligner qu’il y a de nombreux chantiers qui sont lancés. La voirie urbaine, les logements, les bâtiments administratifs, les monuments, bref tous les secteurs de la vie sont concernés. Je puis vous dire que les chantiers avancent normalement depuis le lancement du projet Agadez Sokni en fin avril 2016. Mais compte tenu du léger retard accusé dans le démarrage des travaux, nous les avons classés par ordre de priorité afin que la fête se déroule dans de bonnes conditions. Si vous prenez les travaux d’extension et de réhabilitation de l’aéroport international Mano Dayak, ils sont quasiment terminés. Idem pour la tribune du grand défilé militaire, la case de passage présidentielle, les duplex dont huit (8) sur dix sont quasi terminés, la double voie qui traverse la ville et certaines villas au niveau du village du 18 décembre avancent bien. Le stade et la MJC sont également très avancés et on espère bien les réceptionner avant les cérémonies.

Comment les populations apprécient-elles les actions prévues dans la cadre d’Agadez Sokni ?

Tout naturellement, les populations ne peuvent qu’en être fortement ravies. Les voies bitumées vont leur permettre de circuler désormais en toute quiétude et l’aménagement des ronds-points et des places publiques est en train de leur offrir un cadre de vie plus agréable. C’est pourquoi elles contribuent fortement à leur réalisation. Faites un tour sur les différents chantiers et vous verrez qu’elles apportent déjà leur contribution en matière de main-d’œuvre, de conducteurs d’engins, de chef de chantiers, etc. Et c’est là également un des aspects importants d’Agadez Sokni : la création de milliers et de milliers d’emplois en faveur de la jeunesse.

Agadez est une ville ayant une architecture traditionnelle spécifique à laquelle tiennent beaucoup ses habitants. Ne pensez-vous pas qu’Agadez Sokni risque de dénaturer cette tradition ?

Non, nous n’y toucherons pas. Je vous rappelle que la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, ne sera pas touchée par Agadez SOKNI. Lorsque, pour une raison d’entretien, nous serons amenés à toucher quelques bâtiments, nous garderons bien évidemment la texture et la forme de l’habitat telle que nous l’avons trouvé pour laisser à Agadez toute son originalité. Elle demeurera comme telle, et même s’il y a des réhabilitations, nous les ferons avec la même matière à savoir l’argile pour conserver son authenticité.

La région a connu jadis des problèmes d’insécurité liés aux activités des groupes rebelles. Aujourd’hui, cela n’est qu’un lointain souvenir. Mais il y a encore des cas d’insécurité résiduelle. Comment se présente la situation générale de la région en ce moment ?

Dieu merci, aujourd’hui, la région se porte bien. C’est vrai que la région a été, à un moment, quelque peu troublée ; et il est aussi vrai que de temps en temps, il y a quelques actes d’insécurité dans la périphérie, liés au banditisme résiduel. Mais depuis quelques mois, nous avons pris des dispositions avec les FDS et il n’y a plus ce genre d’actes. Vous l’avez bien dit, c’est un lointain souvenir pour les populations qui sont aujourd’hui déterminées à ce que cela reste un simple souvenir. Maintenant, la situation sécuritaire de la région est bonne. En témoignent beaucoup de délégations, y compris européennes, que nous recevons régulièrement ici. Donc, nous n’avons pas de souci majeur en ce qui concerne la sécurité. L’insécurité résiduelle qu’on constate par-ci, par-là, est le lot de toutes les villes. Je dis que la région est dans une situation de sécurité acceptable. Néanmoins, les grands évènements, comme c’est le cas, où nous recevons des invités, sont bien encadrés de sorte que tout se passe bien. Dans l’organisation d’Agadez Sokni, nous avons un volet spécifiquement dédié à la sécurité. Les FDS font déjà leur travail. Mais nous recevrons des effectifs supplémentaires pour sécuriser tous les sites.

Une des activités florissantes de la région, le tourisme est, hélas, en léthargie depuis quelques années. Pensez-vous qu’avec Agadez Sokni et les infrastructures construites, le tourisme pourra être relancé ?

C’est vrai qu’Agadez est une zone de tourisme par excellence et nous sommes dans l’optique de voir cette activité se relancer de plus bel à l’issue de cet évènement. C’est notre espoir et nous sommes très optimistes car, depuis une vingtaine d’années, Agadez n’a pas connu de vols charters. Cette fois-ci, avec le FIMA et le Grand Marathon du Ténéré qui font partie intégrante d’Agadez SOKNI, ce sont de centaines de touristes qui vont faire le déplacement. La sécurité est revenue. Et puisque c’est l’insécurité qui a été le prétexte pour abandonner la destination Agadez, il n’y a pas de raison pour que les touristes ne reviennent pas. Je pense qu’ils constateront d’eux-mêmes que notre région a rompu avec l’insécurité et qu’ils pourront revenir à loisir pour découvrir l’Aïr et le Ténéré qui regorgent d’innombrables merveilles touristiques. Nous comptons effectivement beaucoup sur cet évènement pour relancer le tourisme dans la région d’Agadez.

La région a été touchée par des inondations qui ont provoqué la perte des centaines d’animaux. Est-ce qu’un programme d’aide et de soutien aux éleveurs a été mis en place ? Où en êtes-vous à présent ?

C’est vrai qu’au mois de juillet dernier, de fortes pluies accompagnées de débordement de koris ont occasionné des inondations surtout dans les départements de Tchirozérine et Ingall. Ces inondations ont malheureusement causé la mort de trois personnes, la perte de plus de 27.000 têtes d’animaux toutes espèces confondues, et la destruction du système de production maraichère. Au plan de l’urgence, l’Etat n’a pas attendu car, aussitôt après, nous nous sommes rendus sur les lieux afin de faire la situation. Grâce à Dieu, avec la prompte réaction de l’Etat et des partenaires qui se sont rapidement organisés, un mécanisme efficace a été mis en place pour apporter l’aide d’urgence nécessaire. Tous les foyers victimes ont été secourus financièrement et matériellement et leurs conditions de vie sont aujourd’hui normales.

A présent, nous sommes en phase de reconstitution et de réhabilitation pour le long terme. Nous avons bon espoir dans la mesure où nous attendons le démarrage d’un ou de plusieurs projets annoncés. Une fois mis en œuvre, cela permettra d’une part de relever les éleveurs et les producteurs, mais aussi de prendre des mesures pour davantage sécuriser les systèmes de productions dans les vallées et les sites dont nous disposons.

Réalisée par Zabeirou Moussa(onep)
16 décembre 2016
Source : http://lesahel.org/

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