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Interview de Monsieur Albadé Abouba, ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture de de l’Elevage

Albade Abouba 04Monsieur le ministre d’Etat, votre département ministériel sera au centre des assises de la 3ème édition du Salon d’Agriculture, de l’Hydraulique, de l’Environnement et de l’Elevage (SAHEL-Niger), dont les lampions s’illumineront, du 28 février au 04 mars 2017, au Palais du 29 Juillet de Niamey. Quels sont les objectifs principaux visés à travers l’organisation de ce Salon ?

Vous le savez déjà, le Niger est par essence un pays agricole. L’économie est à 80% rurale avec une population en grande partie constituée d’agriculteurs et d’éleveurs. Le SAHEL-Niger a été institué avec comme objectif de mettre en relief toutes les composantes de dynamisation du secteur rural.

Il est donc la véritable plate-forme d’échanges et de partage pour la valorisation et la promotion des produits de subsistance de base, en mettant en synergie les acteurs et professionnels de l’agriculture, de l’hydraulique, de l’environnement et de l’élevage pour qu’ensemble, ils puissent déceler les contraintes liées au développement de ce secteur car « toute action reste incomplète lorsqu’elle traite le mal sans en connaître la cause », ensuite trouver des solutions idoines.

« En plus d’être un cadre idéal de retrouvailles pour les différents acteurs du secteur rural, le SAHEL-Niger constitue une opportunité réelle de promotion et de valorisation des produits agro-pastoraux nigériens »

C’est dire que tous ceux qui interviennent dans le monde rural sont concernés. Je parle précisément des producteurs et leurs organisations, des structures d’appui conseil, des chercheurs, des institutions et professionnels du secteur, des acteurs des filières, des équipementiers, de l’Administration, des Projets et Programmes de Développement, des Partenaires Techniques et Financiers du secteur rural, sans oublier naturellement les différentes Chambres Régionales d’Agriculture.

Le Salon est aussi une occasion pour l’ensemble de ces acteurs de se retrouver pour échanger et développer de fructueuses relations de partenariat. Aussi, en plus d’être un cadre idéal de retrouvailles pour les différents acteurs du secteur rural, le SAHEL-Niger constitue une opportunité réelle de promotion et de valorisation des produits agro-pastoraux nigériens

Aussi, durant les six (6) jours que durera le salon, les producteurs trouveront un cadre adéquat pour faire découvrir leurs produits aux opérateurs économiques, tandis que les professionnels du secteur agricole, eux, auront l’opportunité de conclure des contrats d’affaires.

De même, les Partenaires techniques et financiers ont l’occasion de découvrir les très grandes potentialités agro sylvo pastorales nationales et d’échanger sur les perspectives de leur valorisation, etc.

D’autre part, le salon fournira aux acteurs la facilité d’accès à l’information, notamment aux différentes innovations disponibles dans le secteur agricole comme par exemple les Intrants-paquets technologiques. Il offrira également au public l’occasion de découvrir les produits agro-sylvo-pastoraux issus de toutes les régions.

Par exemple, au titre des produits agricoles les plus prisés, il y a l’oignon violet de Galmi, le gros et petit souchet, le sésame blanc et divers autres produits. Pour les produits de l’élevage, on peut citer la race bovine Azawak, la race bovine Kouri, la chèvre rousse de Maradi. Pour ce qui est des produits sylvicoles, on notera la gomme arabique, le poisson frais et séché. Vous avez également des produits de transformation et même les machines et outils agricoles qui sont exposés.

Bref, le salon est une sorte d’outil clé de la mise en œuvre de l’Initiative 3N. Il offre aussi un gros avantage, celui de capitaliser les acquis et le savoir-faire du secteur rural nigérien.

Mais aussi, le Salon est également une invitation faite aux acteurs du secteur rural nigérien en vue de prendre la mesure des changements qui se profilent dans leurs domaines et de mieux articuler les ajustements indispensables. C’est aussi un sentiment de solidarité qui est probablement l’un des instincts les plus profonds de l’Homme dont il assure la survie en face des dangers qu’il ne saurait affronter seul.

Quelle est l’importance du thème de cette troisième édition ?

Cette troisième édition du SAHEL-Niger, nous l’avons placée sous le thème « Promotion de l’Investissement pour un Développement Durable à travers l’Initiative 3N ». En toute évidence, le choix de ce thème n’est pas fortuit. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que notre pays, le Niger, regorge d’importantes potentialités agro-sylvo-pastorales et halieutiques dont la mise à l’échelle reste encore problématique. Aussi, il s’agit, à travers ce thème, de faire découvrir aux acteurs les sacrifices consentis par l’Etat et ses Partenaires à travers les investissements de très grande ampleur réalisés dans le cadre de la mise en œuvre de l’Initiative 3N, particulièrement au cours de la période 2011-2015 et qui se poursuivent dans le cadre du Programme de la Renaissance 2 d’une part et de susciter les financements d’autres partenaires et acteurs afin d’atteindre les objectifs assignés dans la Déclaration de Politique Générale de S.E. Monsieur Brigi Rafini, Premier Ministre, Chef du Gouvernement . Le montant investi s’élève à plus de 1.194,36 milliards de FCFA avec plus de 800.000 emplois créés.

Ce thème fait également ressortir l’impact de ces investissements sur le taux de croissance notamment pour les sous-secteurs agricole, de l’Elevage, forestier et celui de la pêche. Ceci montre clairement combien ces investissements ont contribué à la satisfaction des besoins essentiels des populations nigériennes et démontre l’effet de durabilité des résultats atteints.

Pour la période 2016-2021, l’objectif poursuivi est « la faim zéro », il est encore prévu d’injecter 1.200 milliards de FCA dans le secteur rural. Ce qui permettra de réduire la proportion des pauvres de 45 % en 2015 à 31 % en 2021.

Les investissements du Programme de la Renaissance Acte 1 et Acte 2 vont ainsi concourir à consolider les conditions du développement durable du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique nigérien.

Quelles sont les principales innovations qui marqueront cette édition 2017 du SAHEL-Niger ?

Par rapport aux éditions antérieures, plusieurs innovations sont introduites, je peux vous citer, entre autres, l’introduction des journées des régions pour permettre à chacune de nos régions de valoriser ses atouts et potentialités afin de mieux profiter des opportunités qu’offre le salon. Il y aura aussi l’organisation de visites guidées pour environ 100 écoles pendant le déroulement du salon a été préparée. Il s’agit ici d’amorcer un processus d’imprégnation des scolaires de la région de Niamey sur la réalité du monde rural, notamment améliorer leurs connaissances de ce secteur, de ses potentialités et ce qu’il représente pour le Niger. Nous espérons, ce faisant, contribuer à la création des vocations dans le domaine de l’entreprenariat des jeunes dans ce secteur.

Il y a également une plus grande ouverture du Salon à l’international avec la participation confirmée des pays comme le Maroc, l’Italie et la Tunisie. En effet, au cours des deux (2) premières éditions, seuls les pays de notre sous-région y avaient pris part. Il s’agit des pays suivants : le Mali, le Burkina Faso, le Sénégal, le Bénin, la Côte d’ivoire et le Togo.

La dimension scientifique du Salon est aussi beaucoup plus présente et reconnue et c’est ainsi que la demande pour présenter des communications est très forte et les thèmes de conférence sont aussi très diversifiés. S’ajoutent aussi l’organisation des concours des animaux, qui s’inscrit également au chapitre des innovations.

Enfin on peut aussi relever cette plus grande ouverture du salon à tous les producteurs, leurs organisations et les opérateurs économiques. Il n’est plus nécessaire d’être parrainé pour devenir participant. Ceci revient à faire du Salon l’affaire de ceux pour lesquels il est conçu.

On se rappelle, Monsieur le Ministre d’Etat, que lors du Conseil des Ministres du 25 janvier dernier, vous avez présenté, au cours d’une communication devant le Conseil, les résultats de la campagne agro-sylvo-pastorale et hydraulique 2016. Quels en sont les points saillants ?

L’évaluation des résultats de la campagne agro-sylvo-pastorale et hydraulique 2016, a été réalisée dans le cadre des missions Ministérielles du 11 au 24 novembre 2016. Les résultats ont fait l’objet d’une communication en Conseil des Ministres. Globalement, ces résultats sont satisfaisants.

Les précisions suivantes méritent cependant d’être portées à l’attention des citoyens. Ainsi, concernant la pluviométrie, au cours du mois de juillet 2016, des périodes sèches ont été enregistrées dans l’extrême Ouest, le Nord et le Nord-Est de la région de Tillabéry, notamment dans les départements de Banibangou, Gothèye, Téra, Bankilaré, Ouallam et Ayorou. A Diffa, il a été noté qu’à la même période, le département de N’Gourti n’avait toujours pas enregistré de pluie. Les pluies se sont poursuivies jusqu’à la fin de la deuxième décade du mois d’octobre, ce qui a permis aux cultures d’atteindre la maturité physiologique dans toutes les régions du pays.

Pour ce qui est de la situation phytosanitaire, elle a été marquée par des infestations de sautériaux, d’insectes floricoles, de chenille mineuse de l’épi de mil et d’oiseaux granivores. Elles ont été maîtrisées grâce aux interventions terrestres et aériennes ainsi qu’aux opérations de lutte biologique.

Mais en dépit de cela, la situation agro-sylvo-pastorale et hydraulique a été relativement satisfaisante sur l’ensemble du pays. La campagne agricole d’hivernage 2016 s’est déroulée globalement dans des conditions satisfaisantes.

Pouvez-vous nous donner plus de détails sur ces résultats ?

Les résultats globaux se présentent ainsi qu’il suit : sur les 12.266 villages agricoles, 3.837 villages (soit 31,26%), avec une population de 4.869.402 habitants, sont déclarés déficitaires avec un degré de déficit compris entre 50 et 100% comparativement à l’année 2015 où ce sont 4.725 villages avec une population de 5.181.161 habitants qui étaient déficitaires.

Les résultats provisoires du bilan céréalier font ressortir une production céréalière nette de : 4.964.721 tonnes ; unbesoin de consommation évalué à 4.740.136 tonnes pour une population de 20.520.070 habitants ; un excédent céréalier brut de: 224.585 tonnes. Egalement, plusieurs éléments de la Maison du Paysan sont fonctionnels.

En ce qui concerne les productions fourragères en zone pastorale, il ressort que, du fait de la variabilité des quantités des pluies enregistrées et de leur répartition spatio-temporelle, ces productions varient de bonnes à moyennes, voire médiocres, au niveau de certaines régions avec un déficit fourrager global de l’ordre de 12.235.881 tonnes de matières sèches.

Dans le domaine de l’hydraulique, des efforts considérables ont été consentis. On peut citer notamment, la mise en service de 2.087 nouveaux équivalents Points d’Eau Modernes (éq.PEM) et la réhabilitation de 762 éq.PEM ; la réalisation de plus de 11.000 latrines familiales et publiques et la certification de 669 villages en Fin de Défécation à l’Air Libre (FDAL) ;

Malgré ces résultats satisfaisants l’on retiendra que la situation alimentaire a été caractérisée par une hausse de prix du mil, du sorgho, du maïs, comparativement à la même période de 2015. Cependant, les principaux marchés ont été régulièrement approvisionnés en conséquence.

D’autre part, il faut souligner que la situation sanitaire du cheptel a été relativement calme dans l’ensemble. Il a été noté des cas suspects de pasteurelloses signalés dans certaines localités de Zinder et Tillabéri, des suspicions de clabvelée à Nguelbeyli (Diffa) et de cowdriose à Dakoro et Dan Goulbi.

Il convient aussi de noter l’apparition de plusieurs foyers morbides et mortels de fièvre hémorragique communément appelée « fièvre de la vallée du rift » sur les petits ruminants et bovins dans le Nord de la région de Tahoua (Tchintabaraden, Abalak et Tassara). Cette maladie transmissible à l’homme a occasionné des morts d’humains. Elle est sous contrôle actuellement.

Dans le domaine de l’environnement, il faut noter que 29.159 emplois temporaires ont été créés à travers les travaux de récupération de terres dégradées, la fixation de dunes, l’ouverture de bandes pare feux pour la protection des pâturages, la lutte contre les plantes envahissantes, etc.

De même, on peut se réjouir du fait que l’opération « bouture de manioc », qui vise une amélioration sensible de la sécurité alimentaire tout en apportant un complément alimentaire à travers la diversification des cultures, ait été effective dans toutes les régions.

Les missions d’évaluation des résultats de la campagne agro-sylvo-pastorale et hydraulique 2016 ont également constaté une forte mobilisation des populations autour des actions de développement engagées dans le cadre du Programme de la Renaissance Acte II.

Ces missions ont eu à sensibiliser les populations à travers les thèmes tels que: sécurité des personnes et des biens, cohabitation pacifique entre agriculteurs et éleveurs, les migrations transfrontalières, les feux de brousse, les changements de comportement.

Quels sont les efforts consentis par le Gouvernement en termes d’appui aux agriculteurs et aux éleveurs au cours de cette campagne agro-sylvo-pastorale et hydraulique ?

Tout d’abord, je tiens à relever que dans toutes les régions, les populations ont exprimé aux missions ministérielles de pré-évaluation de la campagne, leur satisfaction pour la bonne préparation de la campagne en termes d’appui en intrants divers. Il s’agit des intrants de qualité (semences, engrais, pesticides, fongicide etc.). S’ajoutent les appuis en vivres et en aliments pour bétail, à travers la vente à prix modéré et la distribution gratuite ciblée.

Il faut rappeler que la campagne agro-sylvo-pastorale et hydraulique 2016 a été précoce dans la zone agricole nonobstant des re-semis et des retards de semis occasionnés par des poches de sécheresse. Les semis ont démarré à partir de la 2ème décade du mois d’avril dans les régions de Dosso, Maradi et Tillabéry et se sont poursuivis jusqu’en fin juillet dans certaines localités du pays.

Au titre des quantités d’intrants agricoles mis en place, on notera que 4.960 tonnes de semences sélectionnées mobilisées au profit des populations des zones déficitaires de la campagne précédente; 18.388 tonnes d’engrais à travers plusieurs points de vente ou centrales communales d’approvisionnement en engrais disséminés dans le pays; 74.415 litres de pesticides ; 14.627 sachets de Fongicide ; 513 unités de tracteurs ; 8.404 unités de Motopompes

Dans le volet appui aux producteurs, on notera que 394 Champs écoles paysans ont été réalisés avec 11.982 apprenants (5.992 hommes et 6.118 femmes) ; 1.094 Parcelles de démonstration ; 347.500 fagots de manioc ont été achetés et mis à la disposition de 18.422 ménages.

Au regard de ces résultats de la campagne agro-sylvo-pastorale et hydraulique 2016, le Gouvernement a décidé de soutenir, avec l’appui de ses partenaires, les producteurs à travers des séries de mesures. Quelles sont les principales mesures d’accompagnement envisagées par le Gouvernement en direction des producteurs ruraux, aussi bien dans le domaine de l’agriculture que celui de l’élevage ?

En réponse à cette situation, SEM Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat, dans le cadre de mise en œuvre de l’Initiative 3N, a décidé de promouvoir les cultures irriguées sur toute l’étendue du Niger quelle que soit l’issue de la campagne. Ainsi au titre du programme des cultures irriguées 2016/2017, nous ambitionnons d’emblaver 156.000 hectares pour des productions brutes cumulées attendues de 3.272.000 tonnes de légumes divers, des céréales et légumineuses, ce qui correspondrait à 700.000 tonnes en équivalent céréalier.

Pour atteindre cet objectif, les efforts d’aménagement et de mise en place de semences, intrants, réseaux d’irrigation et autres kits forages/motopompes, vont se poursuivre et s’intensifier sur l’ensemble des sites de cultures. En ce qui concerne spécifiquement les semences et pesticides, les quantités considérables sont mobilisées. Il s’agit précisément de 200 tonnes de pomme de terre ; 45 tonnes de riz Gambiaca ; 50 tonnes de maïs ; 3 tonnes de semences potagères, et 50.000 litres de pesticides.

Monsieur le Ministre d’Etat, depuis votre nomination à la tête du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, vous avez pris l’option d’accorder une importance toute particulière aux initiatives privées dans le domaine de la sécurité alimentaire. Ainsi, vous a-t-on vu effectuer toute une série de visites de terrain au niveau des fermes avicoles et des périmètres d’exploitation agricole. Qu’est ce qui justifie cet intérêt particulier que vous nourrissez pour ces initiatives privées ?

Pour atteindre l’objectif « Faim zéro d’ici à 2021 » du Programme de Renaissance 2, il est important de valoriser, d’encourager, et de soutenir les initiatives privées tendant à moderniser notre agriculture, à accroitre la production et la productivité. C’est ainsi que mon Département Ministériel s’attèle résolument à faire la promotion des fermes modernes agro-pastorales et des périmètres d’exploitation agricoles.

Il s’agit également d’inciter les jeunes à s’investir dans ce secteur d’avenir tout en identifiant les appuis nécessaires afin de leur permettre d’être des opérateurs ruraux modernes.

Quels sont les constats qui se sont dégagés de ces visites de terrain et quels accompagnements le Gouvernement peut apporter à ces promoteurs privés exerçant dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage ?

Ces visites permettent de constater ce qui se fait et les conditions dans lesquelles les promoteurs travaillent. C’est ainsi également que l’on apprécie véritablement les accompagnements requis afin de permettre au Gouvernement de déterminer les appuis à apporter aux différents promoteurs privés ; ce qui se fait sous plusieurs formes dont l’encadrement technique de qualité ; l’allègement de mesures fiscales éventuellement, afin de permettre des investissements privés importants dans l’agriculture et l’élevage ; la promotion du partenariat public-privé ; le soutien financier et en matériel dans la mesure du possible. Cependant, nous préparons également les mentalités afin que cet appui de l’Etat soit véritablement ciblé.

Monsieur le Ministre d’Etat, quelles sont actuellement les principales entraves au développement du secteur rural, et quelles sont les solutions envisagées à court et long terme ?

Les principales entraves au développement du secteur rural, sont bien connues de tous. Ce sont entre autres, l’insuffisance du financement et de la vulgarisation agricole pour un appui-conseil aux producteurs, car il ne peut y avoir progrès sans innovation ; l’insuffisance, en quantité et en qualité, des agents d’encadrement de base. En effet, pour assurer un encadrement des producteurs (appui conseil technique et organisationnel) suivant la norme FAO, il faudrait un (1) agent pour dix (10) villages, soit un besoin de 1.266 agents. Le Disponible est de 300 agents d’où un besoin de 966 agents.

Pour faire face à ces difficultés, il conviendrait alors d’allouer des financements additionnels aux programmes de vulgarisation agricoles ; de procéder au recrutement d’agents d’encadrement : un recours aux étudiants des centres de formation du secteur dans le cadre de leur service civique est une mesure transitoire en attendant la possibilité du recrutement ; de promouvoir la recherche agricole, notamment à travers les centres dédiés à cette fin et les grandes Ecoles de formation en les mettant en phase avec les préoccupations du Ministère ; de promouvoir également les initiatives privées en accordant des appuis ciblés au cas par cas.

Dans le secteur de l’élevage, l’orientation essentielle porte sur la promotion de l’exploitation de la viande nigérienne. Pour ce faire, il a été envisagé la construction d’un abattoir frigorifique ultra-moderne. Où en est-on avec ce Projet ?

A ce niveau il convient de rappeler que c’est une ferme décision de SEM le Président de la République, Chef de l’Etat de créer cet abattoir. Le site est identifié, nous l’avions d’ailleurs visité le mardi 07 février 2017 et les téléspectateurs de Télé Sahel l’ont certainement constaté. L’atelier de restitution de l’étude de faisabilité a eu lieu le 22 février dernier. Le financement ne posera probablement pas de difficulté avec un partenaire étatique très intéressé pour l’achat des carcasses qui seront produites.

Nous suivons donc avec beaucoup d’attention les travaux afin de créer cet abattoir qui va garantir la qualité et la traçabilité de sa production. Car en effet, autant les nigériens que les ressortissants des pays qui attendent cet abattoir disposeront des produits qui répondent aux normes de qualité les plus élevés.

Pour le secteur de l’agriculture, l’on note une mobilisation de plus en plus accrue des producteurs sur les périmètres de culture de contre-saison. Cependant, les insuffisances constatées dans le circuit de commercialisation des produits maraichers, ainsi que dans leur conservation, ne permettent pas aux producteurs de tirer le meilleur profit du produit de leur labeur.

Comment le Gouvernement compte-t-il résorber ces handicaps qui pèsent sur la pratique des cultures irriguées ?

Pour résorber les insuffisances constatées dans l’écoulement des produits horticoles, il faut dire que le Gouvernement attache une importance particulière au passage de l’agriculture de subsistance à une agriculture commerciale, l’enjeu d’une agriculture orientée vers le marché occupe une place centrale dans nos stratégies politiques.

Mon Département ministériel, en collaboration avec l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), envisage de promouvoir une approche qui propose une gestion de l’horticulture axée sur le marché avec le concept “produire en tenant compte des clients potentiels” (ou “produire pour vendre”) à la place du style conventionnel “ à la recherche de clients après la récolte” (ou “produire et vendre”). Cette approche favorise l’autonomisation des petits exploitants maraîchers. Il est aussi important de soutenir le privé pour la transformation des produits horticoles.

Par ailleurs, des préoccupations ont été relevées relatives, entre autres, à l’enclavement de certains villages (accessibilités aux villages, évacuation sanitaires, écoulement des produits maraichers…) et du mauvais état des routes et des pistes existantes ; la réduction des terres de         cultures, des aires de pâturage et des réserves foncières, liées au développement des lotissements privés et autres occupations illégales ; l’insuffisance de l’approvisionnement en eau potable et des conditions d’hygiène et d’assainissement ; l’insuffisance d’aliments pour bétail et de céréales dans les Banques Aliments pour Bétail et les Banques Céréalières.

S’ajoutent également la mévente des productions agro-sylvo-pastoraux après les récoltes (oignon, niébé, arachide, sésame, riz, etc) ; l’insuffisance des points d’eau pastoraux dans toutes les régions en général et leur insuffisance le long des couloirs de transhumance et des aires de repos des animaux ; l’insuffisance du personnel d’encadrement de proximité pour le secteur rural. A titre d’exemple, le taux d’occupation des districts agricoles est de 36% avec un ratio de un (1) agent pour encadrer 141 villages agricoles ; l’insuffisance de la délimitation et matérialisation des couloirs de passage des animaux et aires pastorales, leur envahissement par des espèces non appétées comme le Sida cordifolia et Cassia occidentalis.

Autre de ces préoccupations, il y a aussi l’avancée du front agricole vers les aires pastorales et couloirs de passage des animaux, ainsi que le retard dans la libération des crédits délégués et leur mobilisation souvent difficile. Pour apporter des réponses adéquates à toutes ces préoccupations essentielles soulevées, le gouvernement, de concert avec les partenaires techniques et financiers, ne baissera pas le bras. Car, nous le soulignons, il s’agit désormais d’évoluer de l’agriculture de subsistance vers une agriculture commerciale et plus rentable.

Réalisée par Assane Soumana
28 mars 2017
Source : http://lesahel.org/

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